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Le projet consistant à développer une politique européenne de sécurité et de défense (PESD) indépendante fut lancé par le Conseil européen de Cologne les 3 et 4 juin 1999, en tant que composante distincte de la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) de l'UE. L'objectif central de la PESD est de renforcer la capacité de l'UE à agir sur le plan externe à travers le développement de ses capacités civiles et militaires en matière de prévention des conflits internationaux et de gestion des crises.
Si elle devait être adoptée, la constitution européenne doterait l'Union d'un véritable ministre des affaires étrangères, ainsi que de capacités renforcées en matière de défense. La ratification du texte est notamment soumise au résultat des référendums organisés dans plusieurs Etats membres au cours de l'année 2005 (l'Espagne ouvrant le bal le 20 février prochain).
Le déroulement de la mission de l'Eufor en Bosnie-Herzégovine (inaugurée le 2 décembre 2004) constituera un test important, permettant d'évaluer la solidité des ambitions de l'UE en matière de défense.
En novembre 2004, les ministres européens de la défense donnaient leur feu vert à la création de 13 "groupes de combat" pouvant être déployés rapidement, en cas de crise, en n'importe quel point du globe - et ce en dehors du cadre opérationnel de l'OTAN. Ces groupes, constitués chacun de 1500 hommes, seront totalement opérationnels en 2007 (un premier groupe devrait entrer en services dès 2005).
L'UE entend par ailleurs s'engager de façon résolue dans la mise en oeuvre du Plan d'action européen en matière de défense, lequel prévoit - entre autres objectifs - l'instauration de mécanismes devant permettre le développement des capacités opérationnelles de l'Union, ainsi que l'amélioration de ses procédures de gestion de crise. L'élargissement de l'Union a mis en évidence le besoin de renforcer la solidarité et le dialogue entre partenaires, dans la mesure où la participation à toutes les opérations menées dans le cadre de la PESD doit s'effectuer sur une base volontaire.
Le Traité de Maastricht de 1992 fut le premier traité européen contenant des dispositions portant sur la responsabilité de l'UE pour toutes les questions relatives à sa sécurité, y compris la possible création d'une politique de défense commune. Le traité définissait ces tâches comme faisant partie de la politique étrangère et de sécurité commune (PESC). Il prévoyait que l'UE, n'ayant pas de capacités militaires propres, puisse demander à l'Union de l'Europe occidentale (UEO) d'élaborer et de mettre en oeuvre des mesures militaires prévues en son nom.
Le Traité d'Amsterdam de 1997 incorporait les missions de Petersberg de l'UEO (missions humanitaires et de sauvetage, maintien de la paix et gestion des crises, y compris le rétablissement de la paix) dans le Traité sur l'Union européenne. C'est sur cette base juridique que s'est développée la PESD (politique européenne de sécurité et de défense).
En décembre 1998, lors du sommet franco-britannique de Saint Malo, le président français Jacques Chirac et le premier ministre britannique Tony Blair décidaient qu'il fallait que l'UE puisse disposer d'une "capacité d'action autonome, soutenue par des forces armées crédibles". Les conflits en Bosnie et au Kosovo avaient auparavant relancé les discussions sur la nécessité de mettre sur pied une force de défense européenne.
Au sommet de Cologne du 3 juin 1999, les dirigeants européens se sont mis d'accord sur la définition d'une stratégie de défense commune. Leur désir exprimé d'incorporer l'UEO "dormante" dans l'UE dès la fin de l'année 2000 a été réalisé par la déclaration de Marseille de novembre 2000.
Le Traité de Nice (2000) est entré en vigueur le 1er février 2003. Il contient des amendements reflétant le développement effectif de la PESD en tant que projet autonome de l'UE.
Les 15 Etats membres de l'UE ont formellement décidé de créer une force de réaction rapide (FRR) de 60 000 hommes lors du Conseil européen de Nice (7-9 décembre 2000).
Dans son rapport final du 16 décembre 2002, le groupe de travail de la Convention européenne sur la défense proposait la création d'une Agence européenne des armements et de la recherche stratégique, qui engloberait des formes plus étroites de coopération que celles existant déjà entre certains Etats membres dans le domaine de l'armement (OCCAR, LoI).
Lors d'un mini-sommet organisé le 29 avril 2003, les dirigeants de la France, de l'Allemagne, de la Belgique et du Luxembourg ont tenté de préparer le terrain en vue de l'émergence d'une véritable alliance militaire au sein de l'UE. Toutefois, cet événement a été largement perçu comme un facteur de division risquant de favoriser le développement d'une Europe à deux vitesses.
Le but principal de la PESD consiste à fournir des actifs militaires et civils pour la prévention des conflits et la gestion des crises internationales. L'UE cherchant à promouvoir le règlement non violent des conflits, elle insiste sur l'importance, à côté des capacités militaires, du développement de ses capacités civiles dans quatre secteurs prioritaires - la police, l'Etat de droit, l'administration civile et les capacités de protection civile -, adoptés par le Conseil européen de Feira en juin 2000.
La PESD cherche à renforcer et à consolider l'alliance de l'UE avec les Etats-Unis et le Canada dans le cadre de l'OTAN ; elle se conforme par ailleurs aux principes de la Charte des Nations Unies. Le but de la PESD n'est pas de remplacer, mais bien de compléter l'OTAN.
Bien que la PESD fasse partie de la PESC et tombe ainsi sous le deuxième pilier (intergouvernemental) de l'UE, la réussite de la PESD devrait promouvoir l'intégration.
L'objectif n'est pas de créer une armée européenne. Les forces armées nationales restent sous le contrôle des commandants nationaux et ne seront dirigées par un commandant suprême militaire que pour la seule durée d'une mission de l'UE. La première opération militaire historique de l'UE en dehors du continent européen (au Congo) s'est déroulée du 12 juin au 1er septembre 2003. Sous le nom de code d'opération Artemis, l'opération a été lancée à la demande de l'ONU. La force multinationale de l'UE, forte de 1 400 hommes, était sous le commandement de Jean-Paul Thonier, un général français.