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Le programme de La Haye est un programme pluri-annuel de cinq ans (couvrant la période 2005-2010) visant à renforcer la coopération entre Etats européens dans les domaines de la justice et des affaires intérieures, afin de faire de l'Europe "un Espace de liberté, de sécurité et de justice". Le programme de La Haye doit notamment permettre aux 25 Etats membres de l'UE de se doter d'une politique d'immigration et d'asile commune.
L'objectif consistant à construire un "Espace de liberté, de sécurité et de justice" à travers l'Union a été défini et approuvé par les 15 lors du Conseil européen de Tampere, en 1999. Le "programme de Tampere", qui couvrait une période de cinq ans, est arrivé à son terme en 2004.
En juin 2004, la Commission a présenté une Communication
évaluant les progrès effectués dans la mise en oeuvre du programme de Tampere et dressant les grandes lignes d'un nouveau programme d'action dans le domaine de la justice et des affaires intérieures. L'évaluation rendue par la Commission est largement positive, notamment concernant les progrès accomplis dans les domaines de la coopération civile et pénale.
Suite à des réunions du Conseil en juillet et octobre 2004, la présidence néerlandaise a, au cours du second semestre 2004, préparé une nouvelle proposition de programme de travail pour les dossiers JAI - désormais regroupés sous l'appellation de "Liberté, Sécurité et Justice" - pour la période 2005-2010. Ce document élaboré par la présidence néerlandaise est connu sous le nom de "Programme de La Haye".
Le 10 mai 2005, la Commission a présenté ses 10 priorités pour la mise en oeuvre du programme de La Haye sur la période 2005-2010.
Lors du Conseil européen des 4 et 5 novembre 2004, les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE ont adopté le "Programme de La Haye", un nouveau programme pluri-annuel sur cinq ans couvrant le domaine de la liberté, de la sécurité et de la justice. Les questions d'immigration et d'asile figurent en bonne place dans ce programme, ainsi que le thème de la prévention du terrorisme. Les dirigeants de l'UE ont notamment approuvé l'application du système de vote à la majorité qualifiée et de la procédure de codécision aux politiques d'asile, d'immigration et de contrôle des frontières, ces nouvelles procédures devant entrer en vigueur d'ici à avril 2005. Cette évolution ne concerne pas les dossiers d'immigration légale.
En matière d'asile, d'immigration et de contrôle des frontières, le programme de La Haye prévoit les mesures suivantes :
Concernant la sécurité, le programme de La Haye met l'accent sur les priorités suivantes :
Le 10 mai 2005, le Commissaire Frattini a présenté les priorités de la Commission pour la période 2005-2010 :
Lors de sa présentation des priorités de la Commission, le Commissaire Franco Frattini, en charge du portefeuille "Liberté, sécurité et justice", a déclaré que la coopération au niveau européen permettait de répondre plus efficacement aux menaces pesant sur la sécurité et les libertés individuelles des citoyens de l'Union. "Ce plan sur cinq ans définit des mesures concrètes visant à renforcer la sécurité des citoyens, à mieux lutter contre le terrorisme, à consolider les frontières extérieures de l'Union, à combattre le crime organisé ainsi que le trafic de drogue et d'êtres humains", a souligné le Commissaire Frattini.
Lors du Conseil européen d'octobre 2004, le premier ministre britannique Tony Blair s'est vu prier de ne pas faire usage de la clause de retrait dont jouit le Royaume-Uni sur les questions d'asile et d'immigration, cela afin de ne pas saper les progrès de l'UE en matière de coopération inter-étatique. Le président du Conseil européen, le premier ministre néerlandais Jan-Peter Balkenende, a déclaré qu'il devait y avoir "une réalité" en Europe en matière de politique d'asile et d'immigration : "Nous insistons sur l'importance qui s'attache à ce que tout le monde suive la même ligne. Tel est le message que nous adressons au Royaume-Uni".
Ruud Lubbers, le Haut-Commissaire de l'ONU pour les réfugiés, a appelé les Etats membres de l'UE à partager leurs responsabilités avec ceux des pays en voie de développement abritant le plus grand nombre de réfugiés. M. Lubbers a mis en garde l'UE contre toute tentative visant à faire peser tout le fardeau sur les pays en voie de développement, attitude qui serait de nature à fragiliser le "système global de gestion des réfugiés et qui irait à l'encontre des intérêts de tous, y compris de l'ONU".
Dans une lettre ouverte au Conseil européen, Amnesty International se dit préoccupée par le fait que, "malgré les bonnes intentions et les références obligées aux droits fondamentaux, il y ait si peu d'éléments concrets venant indiquer comment les ambitions affichées peuvent être réalisées. Il y a un manque évident de cohérence concernant les structures et les instruments requis pour assurer la défense des droits fondamentaux. Le fait que les questions d'asile ont avant tout à voir avec les droits de l'Homme semble avoir été oublié dans ce document, où domine la rhétorique sur la gestion des migrations. La lutte contre le terrorisme et contre l'immigration illégale semblant s'imposer au rang de préoccupations fondamentales de l'Union, nous craignons que l'accent mis sur la "sécurité" ne relègue dans l'ombre les questions de "justice" et de "liberté".
Jürgen Strube, président de l'UNICE (la fédération européenne des employeurs) a appelé le Conseil à permettre aux immigrants légaux de travailler dans le pays de leur choix. “Il est extrêmement important, pour des questions d'emploi, que le Conseil entame des discussions substantielles et fixe une date-butoir pour l'adoption de la Directive sur l'entrée et le séjour de citoyens de pays-tiers”, a notamment déclaré M. Strube.