Le président américain George W. Bush, en visite à Kiev quelques jours avant le sommet, a déclaré qu’il agirait en faveur de l’intégration de l’Ukraine et de la Géorgie dans le Plan d’action pour l’adhésion (MAP), ouvrant la perspective d’adhésion à l’OTAN sans pour autant la garantir. Plusieurs poids lourds de l’UE (l’Allemagne, la France, l’Espagne, l’Italie, les Pays-Bas et la Belgique) sont opposés à un tel projet. Dans le même temps, plusieurs représentants des nouveaux membres de l’UE ont exprimé leur soutien pour ouvrir les portes de l’OTAN à Kiev et Tbilissi.
Le président Bush a déclaré aujourd’hui 2 avril, durant son discours à Bucarest, que les Roumains ont su faire face à leurs difficultés et ont transformé leur pays d’une dictature communiste en une nation libre et un membre de l’OTAN. Il a ajouté que les jeunes démocraties en Ukraine et en Géorgie méritent la même chance.
« La position de mon pays est claire: l'OTAN devrait accueillir la Géorgie et l'Ukraine dans le Plan d'action en vue de l'adhésion (MAP) » a-t-il déclaré, ajoutant que l’adhésion à l’OTAN doit rester ouverte à toutes les démocraties d’Europe qui le souhaitent et qui sont prêtes à prendre part aux responsabilités de l’OTAN.
La France et la Roumanie sont divisées
Le Premier ministre français François Fillon a déclaré que le président Nicolas Sarkozy s’opposerait à l’idée lors du sommet à Bucarest. « La France ne va pas donner son feu vert à l'entrée de l'Ukraine et de la Géorgie », a déclaré M. Fillon sur France Inter. Il a ajouté que Paris a une opinion tout à fait différente de celle des Etats-Unis sur le sujet.
Le président roumain Traian Basescu, qui accueille le plus grand sommet des 26 Etats membres de l’OTAN, a déclaré qu’introduire l’Ukraine et la Géorgie dans le MAP est une suite logique du point de vue roumain. Il a rappelé les autres principaux sujets qui seront discutés lors du sommet ; à savoir, la décision d’étendre les invitations à rejoindre l’OTAN aux trois pays candidats (la Croatie, l’Albanie et la Macédoine), la situation en Afghanistan et dans les Balkans occidentaux, ainsi que les menaces qui guettent l’Alliance au 21ème siècle : le terrorisme, la sécurité énergétique, la défense antimissile et la sécurité informatique.
Les inquiétudes de la Russie
La Russie a fait part de son opinion mardi, le ministre des Affaires étrangères Grigory Karasin avertissant que la perspective de l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN entraînerait une crise profonde entre Kiev et Moscou, qui aurait des conséquences négatives sur la sécurité de l’Europe. Mais l’envoyé spécial de la Russie à l’OTAN Dmitry Rogozin a écarté les ambitions américaines d’inclure l’Ukraine et la Géorgie dans le MAP, affirmant qu’elles ne sont pas réalistes.
En s’adressant à Dziennik, M. Rogozin a déclaré que d’aussi loin qu’il connaisse l’OTAN et les personnes qui y travaillent, il ne pense pas qu’ils prendront une telle décision. Il estime que les Etats-Unis y sont totalement favorables, mais que le président Bush partira bientôt et ne prendra pas la responsabilité des conséquences d’une telle initiative, contrairement à ceux qui resteront. Il a conclu en déclarant qu’il ne voit donc pas pourquoi il y aurait un MAP.
L’adhésion de la Macédoine à l’OTAN reste en suspens
Mais l’invitation de la Macédoine à rejoindre l’OTAN n’est pas encore conclue. La Grèce, membre de l’OTAN, a menacé de s’y opposer si l’ancienne République yougoslave ne change pas son nom constitutionnel, qui est le même que celui de la province située tout au nord de la Grèce. La médiation américaine n’est pas parvenue à une solution avant le sommet et les efforts se poursuivent dans les propres couloirs du sommet de Bucarest.
La Macédoine utilise son nom dans les relations bilatérales avec de nombreux Etats, mais est appelée « l’ancienne République yougoslave de Macédoine » aux Nations unies, ainsi que par l’OTAN et l’Union européenne. Elle s’est séparée de la Yougoslavie en 1991.



