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30 novembre 2009
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La tension militaire entre la Russie et les Etats-Unis inquiète l'Europe [FR][en][de

Publié: lundi 30 avril 2007    | Mis à jour: mercredi 2 mai 2007   

Les relations entre la Russie et les Etats-Unis n'ayant jamais été aussi tendues depuis la guerre froide, la Commission discutera des moyens d'apaiser les tensions causées par la décision de la Russie de se retirer d'un traité clé sur le contrôle des armes.

Contexte:

Un porte-parole de la Commission, Johannes Laitenberger, a annoncé le 27 avril  2007 qu’un collège de commissaires débattrait des relations de plus en plus tendues avec la Russie le 2 mai 2007 au cours de leur réunion hebdomadaire. 

A l’ordre du jour de la réunion figure notamment un débat d’orientation visant à examiner l’étendue globale des relations entre l’Union européenne et la Russie à l’approche du sommet UE-Russie qui devrait se tenir les 17 et 18 mai 2007. 

Cette décision intervient un jour après une déclaration du président Vladimir Poutine, qui a choqué l’Occident, de suspendre la participation de Moscou à un traité clé de l’après guerre froide sur le contrôle des armes, connu sous le nom de traité sur les forces armées conventionnelles en Europe (FCE)Pdf external .

Vladimir Poutine a pris sa décision en réponse aux projets américains de bouclier anti-missile en Europe de l’Est, consistant en un déploiement de dix missiles intercepteurs en Pologne et une station radar en République tchèque.

A lire aussi:

Autres articles:

  • Retour de la guerre froide ?

Les tensions entre la Russie et les Etats-Unis sont une réminiscence de l’époque de la guerre froide, avec l’Europe prise entre les deux.

Alors que la secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice, maintient que le système de défense anti-missile prévu est destiné à contrer les menaces en provenance de l’Iran, V. Poutine a soutenu qu’il percevait le projet américain comme une tentative de prendre une position de force, son pays constituant à nouveau une puissance économique et politique majeure sur la scène internationale. 

 

  • "Politique du gazoduc"

La vérité dans cette affaire, pourrait se trouver dans le grand arsenal d’armes nucléaires de la Russie. Les ressources dont elle dispose pourraient en effet lui donner davantage d’influence à l’ère de l’après guerre froide. La Russie détient la plus grande réserve mondiale de gaz naturel et (le pays détient un tiers des réserves connues) et représente l’un des plus grands fournisseurs en pétrole (le 8ème du monde). 

Les Etats-Unis n’ont jamais caché leur désir de contrôler les ressources pétrolières du monde, en particulier à l’heure actuelle de l’insécurité énergétique mondiale et de la hausse de la demande. Des pays tels que la Chine et l’Inde se développent en effet rapidement alors que les approvisionnements se font de plus en plus rares. 

La Russie, en revanche, a déjà montré qu’elle pouvait utiliser ses ressources énergétiques pour contraindre ses voisins à l’obéissance politique. 

L’UE, qui dépend à 25% de l’approvisionnement russe en gaz et en pétrole, a déjà subi le poids de la « politique de gazoduc » de Moscou, lorsque la distribution de gaz à destination de l’Ukraine a été coupée l’an dernier, laissant plusieurs pays européens sans ressource (EurActiv 04/01/06). 

Depuis, les dirigeants européens ont discrètement tourné autour de V. Poutine dans l’espoir de conclure un véritable accord bilatéral de coopération dans le domaine énergétique, qui apporterait certaines garanties aux Etats membres. Cependant, les progrès ont été bloqués en raison du veto de la Pologne au début des négociations en réponse à l’embargo russe sur la viande polonaise (EurActiv 22/01/07). 

  • Autres sources de conflit

La décision de V. Poutine de se retirer du traité FCE a rajouté une nouvelle couche à la relation déjà conflictuelle de l’UE et la Russie, récemment sous tension au sujet du plan des Nations Unies visant à accorder le statut d’indépendance au Kosovo, une proposition soutenue par l’UE et les Etats-Unis mais à laquelle s’opposent la Serbie et la Russie (EurActiv 28/03/07), et au sujet des préoccupations européennes sur les violations des droits de l’homme et de la liberté d’expression en Russie.

Le 26 avril 2007, le Parlement européen a adopté une résolutionexternal  condamnant "le climat de la liberté d’expression qui se détériore" et appelant à mener des enquêtes sur les violations des droits de l’homme à la suite de violentes attaques par les forces de sécurité russes sur les opposants politiques de V. Poutine lors des manifestations pacifiques des 14 et 15 avril 2007 et le meurtre de la journaliste et militante des droits de l’homme, Anna Politkovskaya, en octobre 2006. 

Des tensions ont également éclaté entre l’Estonie et la Russie le 29 avril 2007, lorsque le ministre des affaires étrangères estonien, Urmas Paet, a accusé la Russie de répandre des mensonges et d'être à l'origine des trois nuits d’émeutes dans la capitale balte, Tallinn, faisant un mort et 156 blessés et l’incarcération de plus de 1 000 personnes. A l’origine de cette violence se trouvait la décision prise par l’Estonie de déplacer un mémorial de guerre soviétique qui représentait un sanctuaire pour les Russes ethniques mais un symbole de 50 ans d’oppression sous la loi russe pour les Estoniens. 

Positions:

Selon le président russe, Vladimir Poutine, le projet américain de bouclier antimissile ne devrait pas être considéré seulement comme un bouclier de défense, mais comme une partie de l'arsenal nucléaire américain - une partie indispensable du système stratégique nucléaire américain". il craint également que les radars ne soient utilisés à des fins d'espionnage contre la Russie.

Il a ajouté : "Tout le monde n'apprécie pas l'essor constant et progressif de notre pays. Nous ne deviendrons pas hystériques. Nous prendrons juste les mesures appropriées".

Le ministre russe des affaires étrangères, Sergei Lavrov, a expliqué les motifs de la colère russe : "Nous avons l'impression que tout a déjà été décidé à Washington". Il a soutenu que de tels projets devaient supposer la "coopération depuis le départ et, comme première étape, devaient inclure une analyse conjointe de la menace et la coordination des mesures à prendre".

La secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, a déclaré qu'il était ridicule de penser que le bouclier antimissile américain visait la Russie : "Les Russes ont des milliers de têtes nucléaires. L'idée qu'une dizaine d'intercepteurs (...) vont menacer la dissuasion stratégique soviétique est totalement ridicule".

Le porte-parole adjoint du département d'Etat américain, Tom Casey, a minimisé les événements : "Nous comprenons certainement que nous expérimentons des différence sur la qustion de la défense anti-missile. Je pense que cette question finira par se résoudre sans difficulté ni conflit majeur", ajoutant que la Russie et les Etats-Unis entretenaient une coopération fructueuse dans de nombreux domaines et qu'ils poursuivraient les discussions ensemble.

Le président de la Commission, José Manuel Barroso, a déclaré que l'annonce par la Russie de son retrait du traité sur les Forces conventionnelles en Europe "constituait une véritable déception", ajoutant : "Tout Etat souverain de l'Union européenne a le droit de mettre en place des arrangements avec d'autres dans le domaine de la sécurité".

Cependant, les représentants européens restent méfiants à l'égard du projet américain de défense anti-missile et certaines capitales européennes ont convenu que les Etats-Unis n'avaient pas consulté la Russie de la manière adéquate.

Selon le ministre allemand des affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, "il faut tâcher d'empêcher la formation d'une spirale de défiance entre les Etats-Unis et la Russie. C'est dans l'intérêt immédiat des Européens".

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