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Un tribunal français vient de se prononcer en faveur de l'extradition de Cesare Battisti, ancien activiste italien et membre des Brigades rouges. Un tel jugement indique un net changement de cap des autorités françaises, longtemps enclines à offrir l'asile aux anciens militants d'extrême-gauche italiens.
La Cour d'appel de Paris vient d'autoriser l'extradition vers l'Italie d'un militant d'extrême-gauche italien, adepte des pratiques de guerilla urbaine et condamné à la prison à perpétuité dans son pays pour son implication dans quatre assassinats commis dans les années 1970. Cesare Battisti, ancien membre des Brigades rouges (une organisation qui répandit la terreur dans les milieux dirigeants italiens par une série d'assassinats et d'enlèvements politiques), devrait très probablement faire appel du jugement. Désormais auteur à succès, spécialisé dans la littérature policière, il vit librement en France depuis 1990, ayant totalement renoncé à l'action terroriste. Battisti fait partie des dizaines d'activistes italiens qui se virent offrir l'asile par l'ancien président français François Mitterrand, à condition qu'ils renoncent à leur engagement passé, ne cherchent pas à se cacher et se tiennent à l'écart de toute activité politique.
Le mandat d'arrêt européen, conçu pour accélérer les procédures d'extradition des suspects entre pays membres de l'UE, ne pouvait s'appliquer à Battisti dans la mesure où il ne peut concerner que des délits commis après 1993.
En 1991, l'Italie avait déjà demandé l'extradition de Battisti - sans succès. Mais le climat est désormais bien différent. De nombreux commentateurs estiment que la France veut éviter d'apparaître comme un pays faisant preuve de mollesse dans la lutte contre le terrorisme. En mars 2004, suite aux attentats de Madrid, les dirigeants politiques européens ont renouvelé leur engagement en faveur de la lutte contre le terrorisme. Le ministre de la justice italien Roberto Castelli s'est félicité du jugement, dont il a dit qu'il constituait une "très importante victoire qui envoie un message important à tous les auteurs de délits et à tous les terroristes."
La décision de la Cour a été annoncée deux jours avant la tenue d'un sommet franco-italien. Le président français Jacques Chirac et le premier ministre italien Silvio Berlusconi se rencontreront le 3 juillet pour ce qui sera leur première rencontre bilatérale depuis ces 18 derniers mois. Le cas Basttisti ne devrait pas être évoqué lors du sommet, qui sera essentiellement consacré aux questions européennes et au dossier de l'immigration illégale.