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L'UE demande une "cessation immédiate des hostilités" au Liban [FR]

Publié 02 août 2006 - Mis à jour 28 mai 2012
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CFSP Middle East Solana
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Les ministres européens des affaires étrangères ne sont pas allés jusqu'à demander un cessez-le-feu immédiat, mais se sont entendus sur la nécessité d'un règlement politique avant l'envoi d'une force internationale de maintien de la paix. 

Dans sa résolution du 1er août, le Conseil de ministres des affaires étrangères a appelé à "une cessation immédiate des hostilités qui devra être suivie d'un cessez le feu durable". C'est moins que la proposition initiale de la présidence finlandaise, qui demandait un "cessez le feu immédiat". 

Les pressions des gouvernements britannique, allemand, néerlandais, tchec et polonais ont eu raison de cette première version du texte. Les Etats-Unis, pour leur part, ont également rejeté l'idée d'un cessez le feu immédiat et sans conditions. Israël a indiqué qu'il poursuivrait son offensive pour encore au moins deux semaines. 

Il faut cependant souligner que, malgré ses faiblesses, ce texte a permis au Conseil de conserver son unité. Il reprend la demande française en précisant que le règlement final du conflit devra être accepté par toutes les parties dans le cadre des Nations Unies. Ce point est clairement présenté comme un préalable au déploiement d'une force internationale, qui devra disposer d'un mandat clair de l'ONU pour aider à un retour au calme au Liban.

Les Etats-Unis s'opposent au calendrier européen et soutiennent Israël, qui considère qu'il ne peut y avoir de cessez-le-feu durable ou de règlement politique de la crise avant la mise en place d'une force militaire de maintien de la paix dans le sud du Liban.

La résolution du 1er août précise que "les Etats membres de l'UE ont indiqué leur volonté de contribuer à une opération de maintien de la paix", mais seulement après qu'un cadre d'action ait été établi. 

La France, l'Italie, la Finlande, la Pologne, la Suède et l'Espagne étudient tous la possibilité d'envoyer des forces au Liban. La Turquie et l'Indonésie ont également indiqué qu'elles pourraient participer. La France pourrait prendre la tête de la force. 

Réactions : 

Erkki Tuomioja, le ministre finlandais des affaires étrangères, a déclaré que l'UE recommande au Conseil de Sécurité de l'ONU de se réunir rapidement pour adopter une résolution afin de mettre un terme aux affrontements. Il a minimisé le changement de formulation dans la résolution sur la question du cessez-le-feu. Selon lui, l'important, "c'est que pour les gens qui vivent dans la région sous la menace actuelle des armes, cette menace sera levée."

Frank-Walter Steinmeierministre allemand des affaires étrangères, a déclaré que "la cessation des hostilités n'était pas la même chose qu'un cessez-le-feu. Un cessez-le-feu pourra être obtenu ultérieurement. Nous ne pouvons que faire pression sur le Conseil de Sécurité de l'ONU pour ne plus perdre de temps. 

Le ministre français des affaires étrangèresPhilippe Douste-Blazy, s'est déclaré satisfait du message uni de l'UE : "C'est une étape importante. L'UE vient de soutenir la résolution que la France a proposée au Conseil de sécurité des Nations Unies." Il a également précisé que l'Iran, considéré par beaucoup comme le principal fournisseur d'armes du Hezbollah, pouvait jouer un rôle. M. Douste-Blazy a recontré le ministre des affaires étrangères de Téhéran à Beyrouth le 31 juillet 2006.

Le chef de la diplomatie européenneJavier Solana, a déclaré qu'une "cessation immédiate des hostilités doit conduire à un cessez-le-feu permanent." Selon M. Solana, le ministre espagnol des affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, a l'intention de se rendre en Syrie, autre allié important du Hezbollah, pour oeuvrer à un accord de paix. 

Le ministre irlandais des affaires étrangèresDermot Ahern, a souligné que la déclaration de l'UE ne laissait aucun doute sur le fait que tous souhaitaient un arrêt immédiat des affrontements : "Personne ne peut dire qu'il a obtenu un feu vert à la suite de la réunion d'aujourd'hui", faisant référence à la conférence internationale de Rome le 26 juillet, à l'issue de laquelle Israël avait interprété l'absence de demande d'un cessez-le-feu permanent comme un signe pour poursuivre son offensive militaire au Liban. 

La secrétaire britannique aux affaires étrangèresMargaret Beckett, a également insisté sur le fait que la position de l'UE ne revenait pas à donner son feu vert à Israël : "Je serais surprise et consternée si quelqu'un tentait d'interpréter les conclusions d'ajourd'hui dans ce sens."

La France et l'Italie, qui ont des troupes déployées dans le cadre de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban, force qui été créée en 1978, ont indiqué qu'elles étaient prêtes à participer à une force de maintien de la paix si leurs conditions étaient remplies. La Pologne, dont les soldats sont également présents au Liban, a déclaré qu'elle continuerait de prendre part à une nouvelle force. 

Le ministre italien des affaires étrangèresMassimo D'Alema, a déclaré "qu'il serait impossible de déployer une force internationale au cours des affrontements."

Le ministre des affaires étrangères du DanemarkPer Stig Møller, a insisté sur la nécessité de conclure un accord de cessez-le-feu avant de déployer une force de maintien de la paix : "Personne n'imagine envoyer une force que les parties n'acceptent pas. Elle risquerait d'être attaquée des deux côtés."

Prochaines étapes : 
  • Les ministres des affaires étrangères de l'UE se réuniront de nouveau de manière informelle les 1er et 2 septembre à Lappeenranta, en Finlande. 
Contexte : 

De nouveaux affrontements entre Israël et le Hezbollah ont commencé le 12 juillet 2006, lorsque des combattants de la milice armée ont attaqué les forces israéliennes à la frontière libanaise. Sept soldats ont été tués et deux kidnappés.

Le Hezbollah a continué à lancer des roquettes sur Israël qui, en réponse, a lancé une offensive terrestre au Liban et a bombardé de nombreuses installations. Cette offensive a, par ailleurs, reçu le soutien général de l'opinion israélienne. 

Les Etats-Unis ont soutenu la position d'Israël, qui ne veut entendre parler que d'un 'cessez le feu durable'. Ces déclarations ont été interprétées comme un souhait des autorités américaines de laisser Israël "finir le boulot", c'est-à-dire éliminer complètement le Hezbollah ou tout du moins l'affaiblir considérablement. 

Selon les observateurs militaires et les spécialistes du Moyen-Orient, cette ambition semble peu réalisable; ils ont exprimé leur inquiétude quant aux conséquences d'un Liban qui sombrerait dans le chaos.

Lors d'une réunion extraordinaire à Bruxelles le 1er août, les ministres des affaires étrangères de l'UE ont souhaité envoyer un message clair et éviter de donner l'impression d'être divisés sur la question. En 2003, les fortes divergences au sein de l'UE à propos de la guerre en Irak avaient illustré les difficultés de l'UE a adopter une politique étrangère et de sécurité commune. 

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