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Après l'arrestation de terroristes présumés qui planifiaient de faire exploser des avions assurant la liaison entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis, les autorités européenes promettent de prendre des mesures afin d'améliorer la sécurité aérienne dans l'UE.
Suite à l'arrestation de 24 personnes suspectées de vouloir introduire des explosifs dans des avions de ligne, la Grande-Bretagne a relevé son niveau d'alerte terroriste au maximum et a renforcé la sécurité de ses aéroports, provoquant ainsi de nombreuses perturbations pour le trafic aérien.
Plusieurs pays européens ont déjà suivi l'exemple du Royaume-Uni en introduisant des contrôles plus rigoureux. Un mini-sommet des ministres européens de la justice s'est également tenu le 16 août 2006 afin de discuter des mesures à prendre pour augmenter la sécurité dans les aéroports européens.
Une proposition de réforme de la législation existante dans le domaine de la sécurité aérienne a déjà été présentée par la Commission en septembre 2005, avec pour objectifs l'harmonisation des régles régissant la sécurité aérienne et l'adoption de nouvelles mesures sur la sécurité des vols intérieurs. Lors de la première lecture de la proposition, le Parlement européen a voté en faveur du placement d'agents de sécurité armés à bord de certains vols commerciaux comme le souhaite la Commission (voir Euractiv 20 Juin 2006). La proposition doit être examinée par le Conseil transport le 12 octobre 2006.
Après les récentes arrestations au Royaume-Uni, le Secrétaire d’État au ministère de l’intérieur britannique, la Présidence finlandaise et des représentants des présidences à venir (Allemagne, Portugal, France et Slovénie) ont rencontré, le 16 août 2006, le coordinateur anti-terroriste de l’Union européenne, Gijs de Vries, et le vice-président de la Commission, Franco Frattini. Ensemble, ils ont convenu d'intensifier leurs efforts dans la bataille contre le terrorisme.
Les propositions discutées lors de cette réunion comportent notamment le renforcement du contrôle des bagages à main dans les aéroports, un meilleur échange des informations sur les passagers et un contrôle plus stricte de ceux-ci, le financement de recherches afin d'améliorer la détection des détonateurs et des explosifs sous forme liquide, l'interdiction de certains sites Internet jugés dangereux ainsi que la mise en place de cours sur les valeurs européennes pour les précheurs musulmans.
Une réunion portant spécifiquement sur la sécurité dans le transport aérien sera organisée par la Commission les 6 et 7 septembre.
Les attentats de Londres, le 7 juillet 2005, ont déjà placé la question de la lutte contre le terrorisme au coeur de l'agenda européen. Cependant l'adoption de nombreuses mesures, pourtant jugées prioritaires, a été reportée en raison de la nécissité d'unanimité au Conseil. La Commission tente actuellement de persuader les Etats membres d'abandonner leur droit de veto dans le domaine de la justice criminelle afin de soutenir l'effort contre le terrorisme (voir EurActiv 29 Juin 2006).
Le Secrétaire d’État au ministère de l’intérieur britannique a mis en avant la nécessité d'adopter des mesures de sécurité identiques dans toute l'UE en déclarant que "il est très important que les mesures qui sont prises dans un pays soient prises également dans les autres car nous souhaitons un niveau de sécurité équivalent dans tous nos pays".
Le Vice-président de la Commission, Franco Frattini, a déclaré qu'il allait présenter des mesures concrètes aux ministres européens en septembre. Il proposera sans doute des mesures visant à améliorer le système de contrôle des passagers, comme il le suggére en disant que "nous pourrions expérimenter un système profitant aux passagers en leur permettant d'être contrôlés à l'avance afin de rendre les contrôles à bord plus rapides en plus simples". Des indicateurs biométriques pourraient également être utilisés afin d'accélérer l'identification des passagers par leurs empreintes digitales ou l'iris de leurs yeux.
Son porte-parole Roscam Abbing a ajouté que cette idée a été soulevée car elle se fonde uniquement sur une participation volontaire et qu'elle réduit l'utilisation d'autres types d'identification que l'on pourrait qualifier de 'négatifs', c'est-à-dire des contrôles qui se basent sur l'apparence ou sur le comportement des personnes.
La Présidence finlandaise a déclaré que la sécurité aérienne sera une priorité et a demandé le renforcement des mesures concernant la sécurité aérienne dans la proposition qui doit être adoptée dès que possible par le Parlement et le Conseil.
L'Association des compagnies aériennes européennes a insisté sur le fait que les mesures de sécurité soient prises en fonction des risques encourus. Selon elle, "ce que les passagers ne souhaitent pas c'est une agitation politique qui ne ferait rien pour renforcer le haut niveau de sécurité actuel". L'association a également appelé les gouvernements à aider les compagnies aériennes à mettre en place et à financer les mesures de sécurité.
La compagnie à bas coût Ryanair a été plus loin en menaçant de réclamer au gouvernement britannique des compensations si les mesures de sécurité prises dans les aéroports ne reviennent pas rapidement à un niveau normal. Elle estime que les perturbations dans son trafic lui ont coûtée presque 2 millions de livres. Selon le directeur général de Ryanair, Michael O'Leary, "s'il laisse en vigueur ces restrictions, le gouvernement offre aux extrémistes une victoire médiatique".
Dans le même temps, un porte-parole du département des transports britannique a insisté sur le fait que les nouvelles mesures de sécurité, plus rigoureuses, resteront pour le moment en vigueur : "Nous n'avons pas l'intention de faire des compromis sur la question de la sécurité et nous ne prévoyons pas de modifier les standards dans ce domaine dans les 7 prochains jours".