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L'UE et la Russie concluent un accord et cherchent à effacer leurs différends [FR][en][de

Publié: mercredi 11 mai 2005   

L'UE et la Russie ont conclu, mardi 10 mai, un accord important répondant à la volonté des deux partenaires de bâtir "une Europe sans lignes de fracture". Certains dossiers continuent néanmoins à ternir les relations entre Bruxelles et Moscou. 

Contexte:

L'accord conclu à l'issue du 15ème sommet UE - Russie, qui s'est tenu hier à Moscou, vise implicitement à créer un "marché unique" entre la Russie et l'Union européenne, ce qui implique la suppression de toute barrière commerciale entre les deux partenaires. Le document prévoit en outre un renforcement de la coopération russo-européenne dans les domaines des services financiers, des transports, des télécommunications, de l'énergie, de l'environnement, de la sécurité et de l'action humanitaire. 

La Russie est aujourd'hui l'un des principaux fournisseurs de l'UE en matière d'énergie. A lui seul, le géant russe Gazprom couvre environ 25% des besoins en gaz de l'UE, cette dernière absorbant par ailleurs 80% du pétrole russe. 

Tous secteurs confondus, la Russie est le cinquième partenaire commercial de l'Union européenne au niveau mondial - derrière les Etats-Unis, la Suisse, la Chine et le Japon. En 2004, le commerce bilatéral entre les deux partenaires représentait un total de 96,5 milliards d'euros. Outre l'énergie, les importations de l'UE en provenance de Russie proviennent essentiellement des secteurs agricole et chimique. De son côté, la Russie achète à l'UE des machines-outils, des produits chimiques, des produits agricoles, du matériel de transport et du textile. 

Les relations commerciales entre l'Union européenne et la Russie sont régies par l'Accord de partenariat et de coopérationexternal conclu en 1994 et entré en vigueur en 1997. En avril 2004, Moscou a étendu l'application de cet accord aux dix nouveaux Etats membres de l'Union. 

En juin 1999, l'UE adoptait une Stratégie commune sur la Russieexternal , qui prévoyait notamment l'intégration de ce pays au sein d'un vaste espace économique et social européen. 

Autres articles:

L'accord sur les quatre "espaces communs" conclu lors du sommet de Moscou vise à approfondir la coopération entre la Russie et l'Union européenne dans un grand nombre de domaines. Même si très peu d'initiatives concrètes auront finalement été annoncées, le sommet a confirmé l'amélioration des relations entre les deux partenaires, au plus bas lors du précédent sommet organisé dans le cadre de la présidence néerlandaise de l'Union. 

Plusieurs points de contentieux demeurent cependant. L'un d'entre eux porte sur la question des visas : Moscou réclame le droit pour ses citoyens d'entrer dans l'UE sans visa, mais Bruxelles réclame en retour de la Russie qu'elle accueille les migrants illégaux ayant transité par son territoire avant de pénétrer illégalement dans l'UE. Le président russe, Vladimir Poutine, a estimé qu'il n'était pas correct de "lier la question de l'assouplissement du régime des visas au dossier des accords de réadmission."  Les deux parties ont cependant accepté de poursuivre les négociations sur ces sujets sensibles. 

Dans l'accord conclu le 10 mai, les deux partenaires s'engagent par ailleurs à appuyer les efforts d'organisations internationales telles que les Nations Unies et le Conseil de l'Europe, mais aussi à agir pour améliorer le sort des minorités vivant sur leur territoire.

Européens et Russes ont également effectué des progrès significatifs sur la question de la résolution des conflits régionaux affectant certaines des anciennes républiques soviétiques (Transnistrie en Moldavie, Abkhazie et Ossétie du sud en Géorgie, Nagorno-Karabakh en Azerbaïdjan).

Quant à la question du tracé des frontières entre la Russie et ses voisins baltes, elle demeure non résolue. "Nous sommes prêts à signer un accord sur notre frontière [...] avec l'Estonie et la Lettonie, [à condition que ces pays ne formulent pas] des revendications territoriales stupides", a notamment déclaré le président Poutine.

Positions:

"La Russie est notre plus important voisin, nous la respectons énormément et nous tenons à entretenir avec elle des relations privilégiées dans tous les domaines", déclarait le président de la Commission José Manuel Barroso à quelques heures du sommet de Moscou.  

Selon le président russe Vladimir Poutine, l'accord marque un progrès fondamental sur la voie d'une Europe débarrassée de toute barrière. "Nous voulons une Europe sans lignes de fracture", a notamment affirmé le président russe.

"L'atmosphère était bonne, comparable à celle d'une discussion entre amis", a commenté la Commissaire en charge du portefeuille des relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner.

"J'ai la conviction ferme de disposer en Vladimir Poutine d’un ami de l’Europe. Nous travaillons sur des bases de convictions communes, sur des bases de confiance solide et dans un optimisme d’avenir commun", a déclaré le premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, avant d'évoquer le "grand amour" régnant actuellement entre la Russie et l'Union européenne.

Selon Dmitry Trenin, vice-directeur du Centre Carnegie de Moscou, il faudra attendre 10 ou 15 ans avant que l'accord ne débouche sur des résultats concrets. Cité par l'agence Associated Press, M. Trenin estime que "[l'accord conclu le 10 mai] constitue avant tout une déclaration d'intentions détaillée."

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