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Angela Merkel approuve un plan de relance de 130 milliards d'euros

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Publié 25 juin 2012

La chancelière allemande, Angela Merkel, a refusé d'émettre des euro-obligations et d'attribuer une plus grande flexibilité au fonds de sauvetage européen, mais elle s'est accordée avec les dirigeants français, italien et espagnol sur la mise en œuvre d'un plan de 130 milliards d'euros pour relancer la croissance.

Les quatre dirigeants se sont réunis dans la Villa Madama à Rome vendredi dernier (22 juin). A l'issue de cette réunion, le premier ministre italien, Mario Monti, a déclaré que l'Union européenne devrait adopter des mesures de croissance à hauteur de 1 % du produit intérieur brut du continent lors du sommet des 28 et 29 juin prochains.

Les trois hommes ne sont toutefois pas parvenus à convaincre Mme Merkel, à la tête de l'économie la plus puissante d'Europe et du pays qui contribue le plus aux fonds de sauvetage, à mutualiser les dettes européennes ou à utiliser les ressources de renflouement existantes avec une plus grande flexibilité.

« La croissance ne peut pas être solide s'il n'y a pas une discipline budgétaire. Et d'autre part, la discipline budgétaire risque de ne pas être durable d'un point de vue économique et politique si elle ne s'accompagne pas de possibilités suffisantes pour la croissance et la création d'emplois », a expliqué M. Monti lors d'une conférence de presse conjointe après une réunion qui n'aura duré que 1h40.

Les mesures en question comprennent l'augmentation du capital de la Banque européenne d'investissement, la réallocation des fonds d'aides régionaux non dépensés et le lancement d'obligations pour la réalisation de projets (« project bonds ») visant à cofinancer de grands programmes d'investissement public. Pas de grande nouveauté.

Les quatre dirigeants ont décidé de progresser vers l'introduction d'une taxe sur les transactions financières, bien que tous les Etats membres ne soient pas prêts à sauter le pas. Une douzaine de pays européens soutient l'instauration d'une « taxe Tobin » et il faut un minimum de neuf Etats de l'UE pour lancer une procédure de coopération renforcée permettant d'introduire une telle taxe, a expliqué une source proche de la présidence française.

Euro-obligations : Angela Merkel campe sur ses positions

Mme Merkel n'a cependant fait aucune mention d'une mutualisation éventuelle des dettes de la zone euro.

Le président français, François Hollande, a semblé agacé par la réticence de Berlin et a affirmé qu'il ne devrait pas falloir 10 ans pour émettre des euro-obligations communes.

Il a expliqué qu'une plus grande solidarité entre les Etats membres était cruciale avant qu'ils n'abandonnent davantage de souveraineté aux institutions de l'Union européenne.

« Les [euro-obligations], je considère que cela doit être une perspective, et non pas à 10 ans », a lancé M. Hollande à la chancelière. « Il ne peut pas y avoir de transfert de souveraineté s'il n'y a pas amélioration de la solidarité et de la cohérence. »

La position de l'Allemagne est tout autre. Selon Mme Merkel, les membres de la zone euro devraient transférer le contrôle de leur budget national et des politiques économiques à Bruxelles, avant que l'Allemagne n'envisage d'émettre des titres de dette communs.

« Responsabilité et contrôle doivent aller de pair », a-t-elle martelé. Elle a expliqué que les traités de l'UE excluaient que le fonds de sauvetage de la zone euro prête directement aux banques espagnoles, car seul l'Etat espagnol pouvait imposer des conditions aux banques.

Ces propos divergents donnent du fil à retordre aux diplomates qui devront élaborer une proposition convaincante en faveur d'une union budgétaire et bancaire renforcée pour le sommet des 28 et 29 juin prochains, qualifié par M. Monti de réunion décisive dans la résolution de la crise. 

Réactions : 

Guy Verhofstadt, le leader du groupe libéral ALDE au Parlement européen, s'est dit déçu du résultat de ce mini-sommet.

« Il semblerait que nous tournions en rond en attendant que l'autre fasse le premier pas. François Hollande affirme que nous avons besoin de plus de solidarité entre les Etats membres avant d'accepter de transférer plus de souveraineté à l'UE et Mme Merkel refuse de se montrer plus solidaire tant qu'aucun accord sur les transferts de souveraineté n'aura été conclu pour mener à une union budgétaire ! »

Selon M. Verhofstadt, ces deux éléments sont nécessaires si l'Europe veut lutter efficacement contre la crise.

« MM. Monti et Rajoy sont dos au mur et insisteront sans doute sur ce point. Si la crise emporte les économies espagnole et italienne, le prix de leur sauvetage dépassera largement l'argent sur la table aujourd'hui. Il n'y a plus lieu d'hésiter. »

« Le sommet de la semaine prochaine devra aboutir à un accord sur une feuille de route globale en faveur d'une union budgétaire, ainsi que d'engagements financiers significatifs pour relancer la croissance. »

Prochaines étapes : 
  • 28-29 juin 2012 : le programme pour la croissance devrait être finalisé lors d'un sommet de l'UE à Bruxelles qui devrait également aborder la possibilité d'une feuille de route pour le renforcement de l'intégration européenne.
EurActiv.com avec Reuters - traduit de l'anglais par Amandine Gillet
Contexte : 

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a déclaré qu'il proposerait une feuille de route et un calendrier pour une intégration européenne renforcée lors du sommet de juin, sans écarter la possibilité d'une modification du traité visant à rendre l'Union plus fédéraliste.

Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, présentera le 28 juin prochain un rapport sur les différentes manières de renforcer l'intégration économique, notamment via des euro-obligations qui permettraient de mutualiser la dette européenne et de réduire les coûts d'emprunt d'économies fragiles comme l'Espagne ou l'Italie.

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