Conformément à cet accord, conclu au cours de la nuit par les 17 dirigeants de la zone euro, l'Italie, l'Espagne et les autres pays en difficulté pourront également avoir recours au FESF temporaire et au MES permanent, les fonds de sauvetage européens, pour soutenir leurs obligations souveraines sur les marchés financiers.
Rome et Madrid pourront donc utiliser les fonds de sauvetage pour acheter des obligations souveraines et directement recapitaliser leurs banques sans que cela ne s'ajoute à leur déficit public. Il s'agit là d'une grande concession de la part de la chancelière allemande, Angela Merkel.
« Cela n'a pas été facile, mais le résultat est satisfaisant », a déclaré à la presse le premier ministre italien, Mario Monti, ajoutant que l'Italie ne prévoyait pas, pour l'instant du moins, de demander une aide d'urgence.
Les pays qui ont requis un soutien du fonds de sauvetage pour l'achat d'obligations devront signer un protocole d'accord définissant leurs objectifs politiques actuels et un calendrier. Ils ne devraient toutefois pas supporter la supervision intrusive de la troïka à laquelle ont dû faire face la Grèce, l'Irlande et le Portugal, a ajouté M. Monti.
Des conditions strictes
Les prêts accordés aux banques seront toutefois assortis de conditions très strictes. Les banques ne pourront bénéficier de ces fonds que si le pays où elles exercent leurs activités respecte les plafonds de déficit budgétaire définis au niveau européen.
« Nous offrons la possibilité aux pays qui se comportent bien d'utiliser les instruments de stabilité financière pour rassurer les marchés et rendre plus stables les obligations souveraines de certains de nos Etats membres », a déclaré le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, lors d'une conférence de presse qui s'est déroulée à 4h30 du matin.
L'Espagne et l'Italie refusaient de donner leur assentiment au paquet de croissance proposé au sommet sans des mesures d'urgence pour faire baisser leurs coûts d'emprunt.
Plus tôt dans la journée, le président français, François Hollande, avait confirmé que l'Italie et l'Espagne ne souhaitaient pas approuver le pacte de croissance tant que les dirigeants de la zone euro ne se seraient pas mis d'accord sur des mesures à court terme pour stabiliser les marchés. Il a toutefois affirmé que selon lui, un accord serait conclu.
Tout le monde doit faire des efforts pour que les marchés soient convaincus que les mesures sont efficaces, a expliqué M. Hollande lors de la conférence de presse. Nous avons tous besoin que l'Italie et l'Espagne jouissent de taux d'intérêt plus bas et que les banques espagnoles soient recapitalisées, car la zone euro pourra s'en sentir soulagée, a-t-il ajouté.
Grand changement pour l'Irlande
La décision de permettre aux fonds de sauvetage de prêter directement de l'argent pour la recapitalisation des banques changera la donne pour l'Irlande et facilitera son retour sur les marchés financiers, a expliqué le vice-premier ministre du pays.
« Lorsque les détails seront peaufinés entre juillet et la fin de l'année, cela aura un réel impact sur notre niveau d'endettement et améliorera considérablement notre capacité à revenir sur les marchés sans avoir besoin d'un second renflouement », a déclaré Eamonn Gilmore à la chaîne nationale RTE.
Supervision bancaire
Les dirigeants européens ont également décidé de mettre sur pied un organisme de supervision bancaire pour les banques de la zone euro.
M. Van Rompuy a déclaré que l'objectif était de créer un mécanisme de supervision impliquant la Banque centrale européenne d'ici la fin de l'année et de briser le cercle vicieux qui embringue les banques et les gouvernements souverains.





