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Angela Merkel : Les euro-obligations ? Pas de mon vivant !

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Publié 27 juin 2012

La chancelière allemande, Angela Merkel, a tenté d'enterrer une bonne fois pour toutes l'idée des euro-obligations hier (26 juin). Le premier ministre italien, Mario Monti, a quant à lui répété qu'il souhait que le fonds de sauvetage de l'UE soit utilisé pour apaiser les pressions sur la dette italienne.

Deux jours avant le sommet européen, le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a publié un rapport de sept pages sur une union bancaire et budgétaire renforcée. Il évoque dans ce rapport la possibilité de mettre sur pied un Trésor de la zone euro qui émettrait des titres de dette communs à moyen terme.

Mme Merkel aurait directement exclu la possibilité de mutualiser la dette, une solution chère à la France, à l'Italie et à l'Espagne, lors d'une réunion à huis clos des législateurs de ses partenaires de coalition du Parti libéral-démocrate.

« Nous ne garantirons pas les dettes de tous les autres Etats de la zone euro de mon vivant », aurait-elle déclaré, un jour après avoir qualifié l'idée des euro-obligations de néfaste sur le plan économique et contreproductif.

Mario Monti prêt à négocier jusque dimanche

La tension montait déjà avant que Mme Merkel ne tienne ces propos.

Le premier ministre italien, Mario Monti, a déclaré mardi (26 juin) au parlement qu'il demanderait à nouveau que le Fonds européen de stabilité financière et le Mécanisme européen de stabilité, les deux pare-feu contre la contagion de la crise de la dette, soient utilisés pour apaiser la pression sur la dette italienne.

« Les dirigeants commencent lentement à comprendre les enjeux, que tout le monde se doit d'être discipliné, mais que cela ne sera pas suffisant en raison des problèmes systémiques. »

L'Italie propose d'utiliser les fonds de sauvetage pour réduire l'écart entre les Bunds allemands et les obligations émises par les pays qui respectent les règles budgétaires de l'UE.

Cette proposition a été vivement rejetée par l'Allemagne, la plus grande économie de l'Union européenne et son plus grand contributeur. Jens Weidmann, le puissant président de la banque centrale allemande, la Bundesbank, s'est lui aussi exprimé contre cette idée.

Tout comme Mme Merkel, M. Weidmann a déclaré que les euro-obligations seraient l'« étape finale d'une intégration renforcée » dans la zone euro.

M. Monti s'est dit surpris et a affirmé que M. Weidmann n'avait pas compris sa proposition qui ne viserait pas à relâcher la pression en matière de discipline budgétaire.

Il a expliqué qu'il ne comptait pas signer les conclusions du sommet les yeux fermés et qu'il était prêt à négocier jusque dimanche soir si nécessaire pour que les dirigeants puissent trouver un moyen de calmer les marchés.

Scepticisme des marchés

Les rendements obligataires espagnols et italiens ont de nouveau grimpé mardi, en signe du scepticisme des marchés en amont du sommet européen.

Les investisseurs réclament des mesures audacieuses pour soutenir l'union monétaire européenne et mettre un terme à la contagion. Avec 27 pays membres de l'UE et 17 Etats au sein de la zone euro, l'Europe rencontre toutefois des difficultés à prendre des mesures à la hâte.

Le sommet devrait donner lieu à un paquet de croissance souhaité par la France d'une valeur de 130 milliards d'euros. Il devrait se présenter sous la forme d'emprunts obligataires pour le financement de projets d'infrastructure, d'une réallocation des fonds régionaux et de prêts de la Banque européenne d'investissement.

Les dirigeants discuteront également de diverses propositions sur la mise en place d'une union bancaire. Ils devraient donner à la Banque centrale européenne le pouvoir de superviser les grandes banques transfrontalières, mais Mme Merkel continue de s'opposer à une garantie commune des dépôts ou à un fonds commun de résolution des défaillances bancaires.

Prochaines étapes : 
  • 28-29 juin 2012 : sommet de l'UE à Bruxelles.
EurActiv.com avec Reuters - traduit de l'anglais par Amandine Gillet
Contexte : 

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a déclaré qu'il proposerait une feuille de route et un calendrier pour une intégration européenne renforcée lors du sommet des 28 et 29 juin prochains, sans écarter la possibilité d'une modification du traité visant à rendre l'Union plus fédéraliste.

Lors du sommet, les dirigeants européens examineront un rapport rédigé par M. Barroso, le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, et le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi.

Ce rapport, obtenu par EurActiv Allemagne, devrait permettre d'ouvrir la voie à une intégration européenne renforcée. Il identifie en outre les pièces charnières de cette intégration, à savoir une union bancaire, une union budgétaire et des mesures en faveur d'une union politique.

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