Deux jours avant le sommet européen, le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a publié un rapport de sept pages sur une union bancaire et budgétaire renforcée. Il évoque dans ce rapport la possibilité de mettre sur pied un Trésor de la zone euro qui émettrait des titres de dette communs à moyen terme.
Mme Merkel aurait directement exclu la possibilité de mutualiser la dette, une solution chère à la France, à l'Italie et à l'Espagne, lors d'une réunion à huis clos des législateurs de ses partenaires de coalition du Parti libéral-démocrate.
« Nous ne garantirons pas les dettes de tous les autres Etats de la zone euro de mon vivant », aurait-elle déclaré, un jour après avoir qualifié l'idée des euro-obligations de néfaste sur le plan économique et contreproductif.
Mario Monti prêt à négocier jusque dimanche
La tension montait déjà avant que Mme Merkel ne tienne ces propos.
Le premier ministre italien, Mario Monti, a déclaré mardi (26 juin) au parlement qu'il demanderait à nouveau que le Fonds européen de stabilité financière et le Mécanisme européen de stabilité, les deux pare-feu contre la contagion de la crise de la dette, soient utilisés pour apaiser la pression sur la dette italienne.
« Les dirigeants commencent lentement à comprendre les enjeux, que tout le monde se doit d'être discipliné, mais que cela ne sera pas suffisant en raison des problèmes systémiques. »
L'Italie propose d'utiliser les fonds de sauvetage pour réduire l'écart entre les Bunds allemands et les obligations émises par les pays qui respectent les règles budgétaires de l'UE.
Cette proposition a été vivement rejetée par l'Allemagne, la plus grande économie de l'Union européenne et son plus grand contributeur. Jens Weidmann, le puissant président de la banque centrale allemande, la Bundesbank, s'est lui aussi exprimé contre cette idée.
Tout comme Mme Merkel, M. Weidmann a déclaré que les euro-obligations seraient l'« étape finale d'une intégration renforcée » dans la zone euro.
M. Monti s'est dit surpris et a affirmé que M. Weidmann n'avait pas compris sa proposition qui ne viserait pas à relâcher la pression en matière de discipline budgétaire.
Il a expliqué qu'il ne comptait pas signer les conclusions du sommet les yeux fermés et qu'il était prêt à négocier jusque dimanche soir si nécessaire pour que les dirigeants puissent trouver un moyen de calmer les marchés.
Scepticisme des marchés
Les rendements obligataires espagnols et italiens ont de nouveau grimpé mardi, en signe du scepticisme des marchés en amont du sommet européen.
Les investisseurs réclament des mesures audacieuses pour soutenir l'union monétaire européenne et mettre un terme à la contagion. Avec 27 pays membres de l'UE et 17 Etats au sein de la zone euro, l'Europe rencontre toutefois des difficultés à prendre des mesures à la hâte.
Le sommet devrait donner lieu à un paquet de croissance souhaité par la France d'une valeur de 130 milliards d'euros. Il devrait se présenter sous la forme d'emprunts obligataires pour le financement de projets d'infrastructure, d'une réallocation des fonds régionaux et de prêts de la Banque européenne d'investissement.
Les dirigeants discuteront également de diverses propositions sur la mise en place d'une union bancaire. Ils devraient donner à la Banque centrale européenne le pouvoir de superviser les grandes banques transfrontalières, mais Mme Merkel continue de s'opposer à une garantie commune des dépôts ou à un fonds commun de résolution des défaillances bancaires.





