Othmar Karas, un eurodéputé autrichien du Parti populaire européen (PPE) de centre- droit, a déclaré lors d'un entretien que les nouvelles règles de l'UE pour renforcer les capitaux des banques devraient être approuvées lors d'une audition parlementaire cet automne.
M. Karas, le rapporteur du Parlement sur la directive relative à l'adéquation des fonds propres (CRD IV), a expliqué que ce point avait été enlevé du programme de la séance plénière à Strasbourg cette semaine, car seul un débat aurait eu lieu et non un accord.
Les règles visant à renforcer les capitaux des banques dans le sillage de la crise financière ont été approuvées par les ministres européens des finances le 15 mai dernier après que le Royaume-Uni est parvenu à obtenir des concessions pour conserver le contrôle sur les autorités nationales de supervision.
Cet accord a été mis à mal par la question de savoir si des pays comme la Grande-Bretagne devraient être autorisés à appliquer des règles de capitaux plus strictes que celles approuvées au niveau de l'Union européenne.
Tout le monde fait ce qu'il veut
La Grande-Bretagne lutte sans vergogne pour conserver son autorité sur la City de Londres, la capitale financière de l'Europe, alors que les autres membres de l'UE tentent de centraliser la supervision des secteurs bancaire et des finances à Bruxelles et au sein de l'Autorité bancaire européenne (ABE) basée à Londres.
M. Karas a toutefois indiqué que le Parlement tenterait d'accorder plus de pouvoir à l'ABE.
« Nous ne disons pas que tous les pouvoirs devraient être aux mains de l'ABE, mais il ne doit pas y avoir trop de flexibilité non plus », a-t-il expliqué. « On ne peut pas décider d'adopter une réglementation européenne, puis à la dernière page du texte, avoir une clause qui dit que tout le monde peut faire ce qu'il veut. »
La Grande-Bretagne souhaite également empêcher la diminution de facto des salaires des banquiers. Le Parlement voudrait que les bonus n'excèdent pas la valeur d'un salaire, mais certains Etats membres, dont le Royaume-Uni, préfèreraient que le montant des bonus soit laissé à la discrétion des actionnaires.
Vicky Ford, une eurodéputée conservatrice membre de la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement, a expliqué au quotidien britannique Daily Telegraph le 16 juin dernier que l'idée de règles plus flexibles permettant aux actionnaires d'avoir le dernier mot sur les salaires des employés des banques s’était attiré « beaucoup de sympathie ».
M. Karas n'est pas vraiment du même avis et a affirmé qu'il continuerait à plaider en faveur de bonus ne pouvant pas excéder les salaires, ce qui impliquerait que le pouvoir des actionnaires en la matière serait limité.
Le directeur de Barclays a gagné 26 millions d'euros l'année dernière
« Il pourrait être possible d'impliquer les actionnaires pour tout montant supérieur à cette limite. Par exemple, la règle de base pourrait être « un bonus égal un salaire », tout en laissant la possibilité aux entreprises d'accroître ces bonus à un ratio de 1/1,5, mais à la condition que les actionnaires donnent leur accord », a déclaré M. Karas.
Le secteur bancaire de la City est sujet à des contrôles nationaux suite à un scandale de fixation des taux d'intérêt interbancaires qui a coûté 360 millions d'euros d'amende à Barclays la semaine dernière, après une décision de la Financial Services Authority britannique.
Le directeur exécutif de Barclays, Bob Diamond, qui a gagné 26 millions d'euros l'année dernière, payés sous la forme de salaires, bonus et actions, et jouirait d'une fortune personnelle de 132 millions d'euros, a démissionné ce lundi.





