La chancelière allemande Angela Merkel a déclaré que les bonus des banquiers affolaient légitimement beaucoup de gens, et que le président français Nicolas Sarkozy et elle-même souhaitaient que le sommet du G20 de Pittsburgh des 24 et 25 septembre réalisent des progrès sur la régulation financière.
Aucune banque ne doit devenir assez grosse pour parvenir à une position où elle pourrait faire chanter les gouvernements, a déclaré Mme Merkel lors d’une conférence de presse conjointe avec M. Sarkozy à Berlin. L’Allemagne et la France estiment que les excès des marchés financiers sont à la racine de la récession économique mondiale et elles veulent une régulation plus sévère afin de prévenir une répétition de la plus importante crise financière depuis la Seconde Guerre mondiale.
« Nous voulons faire bouger les choses » à Pittsburgh, a déclaré M. Sarkozy. On ne peut permettre que ces excès se répètent comme si rien ne s’était passé.
Simultanément, le premier ministre britannique Gordon Brown s’est aussi engagé à une action sévère sur les rémunérations excessives dans le secteur financier dans le cadre des efforts internationaux.
Dans un entretien avec le Financial Times, M. Brown a déclaré que les salaires et les bonus devaient être payés en fonction des résultats à long terme, et non pas sur les gains spéculatifs, et les banques devraient récupérer les bonus si les performances n’étaient pas au rendez-vous les années suivantes.
Mme Merkel a déclaré que l’Allemagne et la France proposeraient que l’Union européenne adopte une position commune à Pittsburgh, et elle a appelé l’Union à soutenir la mise en oeuvre des accords que les dirigeants du G20 ont conclus en avril.
Lors de leur rencontre d’avril à Londres, les dirigeants du G20 s’étaient mis d’accord pour étendre la réglementation et la surveillance à toutes les institutions, les instruments et les marchés financiers systémiques importants, y compris les hedge funds qui comptent fréquemment. Mme Merkel estime qu’un consensus peut être trouvé pour ce qui concerne le paiement des bonus, avançant de nouvelles règles produites par la France et l’Allemagne.
Elle a déclaré que les dirigeants du G20 discuteraient également des stratégies de sortie des politiques fiscales et monétaires qu’ils ont utilisées pour limiter l’impact des crises économique et financière.
Nous devons prendre soin, d’un côté, d’agir correctement au regard de la récession et de la crise économique mais d’un autre côté nous ne devons pas refaire les mêmes erreurs qui ont conduit à la crise, a-t-elle ajouté.
Après le 11 septembre, la politique monétaire américaine lâche n’a pas été suspendue, et cette bulle a pu apparaître et se développer, a-t-elle dit.
Mme Merkel a déclaré qu’elle-même et M. Sarkozy avaient aussi discuté du programme nucléaire iranien. Elle a déclaré que Téhéran devait réaliser combien la date limite de septembre était cruciale pour les négociations sur son programme nucléaire. Le président américain Barack Obama a donné à l’Iran jusqu’à septembre pour accepter l’offre des six puissances de pourparlers commerciaux si le pays abandonnait l’enrichissement nucléaire ; sinon, l’Iran ferait face à de plus lourdes sanctions.
(EurActiv avec Reuters. Article traduit de l’anglais par EurActiv).



