Les dix priorités en matière de réformes structurelles annoncées hier par le ministre grec du développement prouvent la volonté du gouvernement de mener une réforme nécessaire de l'économie grecque, a déclaré l'exécutif européen dans un communiqué.
Dans ce plan en dix points, le gouvernement grec a promis de rendre le pays plus accueillant pour les entreprises en allégeant le fardeau administratif et en accélérant les procédures, par exemple.
Cette promesse fait suite à la décision de réduire de 11,5 milliards d'euros supplémentaires le budget du pays pour les deux prochaines années. Cet accord a été négocié par le premier ministre, Antonis Samaras.
Les détails des coupes budgétaires seront publiés dans le courant du mois, mais le bruit court que le budget du ministère du travail serait réduit de 5 milliards d'euros et que les salaires des entreprises publiques seraient touchés. Les retraites d'Etat devraient à nouveau baisser et l'âge de la retraite pourrait passer de 65 à 67 ans.
Eviter la sortie de la Grèce de la zone euro
Ces coupes budgétaires sont un mal nécessaire pour que la Grèce puisse rester dans la zone euro, a expliqué le ministre des finances, Yannis Stournaras. En effet, sans nouvelles réductions prévues pour 2013 et 2014, Athènes perdrait l'accès à son programme de prêt international qui protège le pays de la faillite. La Grèce pourrait alors être obligée de quitter la zone euro.
Les inspecteurs de la troïka des bailleurs de fonds du pays, l'Union européenne, le Fonds monétaire international et la BCE, sont actuellement à Athènes pour évaluer la situation.
Les coupes budgétaires ont été négociées par la fragile coalition de M. Samaras. « Le parti Nouvelle démocratie de centre-droit aura de plus en plus de difficultés à soutenir le programme d'austérité sans risquer l'effondrement de cette fragile coalition », a déclaré Martin Koehring de l'Economist Intelligence Unit.
Le climat politique risque de se détériorer, dans la mesure où le leader du PASOK, Evangelos Venizelos, n'a accepté ces nouvelles mesures qu'à reculons.
Les réserves de liquidités des Grecs qui s'évaporent à vitesse grand V inquiètent le gouvernement qui peine à payer les salaires et les retraites d'un grand nombre de fonctionnaires qu'il emploie. Dans le nord de la Grèce, des centaines de médecins hospitaliers manifestent contre les réductions des salaires déjà en vigueur.
Remboursement de 3,2 milliards d'euros en août
Les autres mesures prises par la Grèce comprennent l'émission de plus de bons du Trésor en août, dans le but de couvrir les besoins financiers du pays jusque fin septembre et de rembourser des prêts de 3,2 milliards d'euros qui arriveront à échéance en août.
La possibilité de repousser le remboursement des prêts à la BCE, attendu le 20 août, avait été envisagée, mais a ensuite été exclue pour éviter de secouer des marchés déjà plus qu'instables. Il a donc été décidé que près de 2 milliards d'euros de bons du Trésor supplémentaires seraient émis et que le fonds de recapitalisation des banques serait mis à contribution.
Les bons du Trésor devraient être achetés par des banques grecques qui utiliseront l'aide d'urgence en cas de crise de liquidité de la Banque de Grèce. Ce mécanisme est une ligne de crédit que la Banque centrale européenne fournit à la banque centrale grecque et qui est utilisée par les banques pour répondre aux besoins de liquidités.
Si la Commission européenne a salué ce plan de restructuration, elle a également souligné que les réformes devraient être mises en oeuvre dans leur intégralité tout en respectant le droit européen et surtout les règles du marché unique.





