EurActiv Logo
Actualités & débats européens
- dans votre langue -
Click here for EU news »
EurActiv.com Réseau

TOUTES LES RUBRIQUES

Chypre pourrait se tourner vers l'UE, la Russie ou la Chine pour un renflouement

Version imprimable
Send by email
Publié 14 juin 2012, mis à jour 25 juin 2012

Chypre pourrait demander jusqu'à 4 milliards d'euros d'aide d'urgence et s'est tournée vers l'Europe, la Russie et la Chine pour tenter d'obtenir les meilleures conditions, selon la presse du pays qui s'apprête à assumer la présidence tournante du Conseil de l'UE.

Le vice-ministre des affaires européennes, Andreas Mavroyiannis, n'a pas nié que Chypre prévoyait de se tourner vers la Russie et la Chine pour un renflouement.

« Tout est possible », a-t-il expliqué à Reuters. « Il pourrait s'agir d'une combinaison [de prêts bilatéraux et européens]. Je ne sais pas si ce sera la Russie ou la Chine. »

Haravghi, un quotidien qui soutient généralement le Parti progressiste des travailleurs (AKEL), a fait savoir que le pays tentait d'emprunter à un pays tiers qui lui proposerait des « conditions plus avantageuses ». Le quotidien n'a pas cité de nom de pays, mais quatre autres journaux ont mentionné la Russie.

La Russie est un partenaire commercial important pour Chypre et l'année dernière, elle lui a accordé un prêt de 2,5 milliards d'euros à rembourser en 4 ans et demi à un taux de 4,5 %. Le porte-parole du gouvernement, Stephanos Stephanou, a déclaré qu'à l'époque, aucune condition n'était attachée au prêt.

M. Mavroyiannis a précisé que 1,8 milliard d'euros seraient nécessaires dans les semaines à venir pour recapitaliser la Banque populaire chypriote, mais que les autres banques pourraient elles aussi avoir besoin d'argent.

Il a expliqué que si Chypre décidait d'avoir recours au mécanisme de sauvetage de l'UE, elle pourrait demander plus de 1,8 milliard d'euros pour jouer la carte de la sécurité.

« Nous parlons de 3 ou 4 milliards d'euros maximum », a-t-il avancé. Le produit intérieur brut de Chypre est inférieur à 19 milliards d'euros.

Le pays cherche à éviter d'avoir recours aux fonds européens en raison de l'impression négative qu'implique ce type de renflouement, a expliqué M. Mavroyiannis. Les renflouements européens sont assortis de conditions sur la manière de réduire la dette publique du pays concerné.

L'ambassadeur chypriote auprès de l'UE, Kornelios Korneliou, a déclaré la semaine dernière que son pays demanderait sans doute un renflouement, mais qu'il attendait de voir comment évoluait la situation en Espagne. Les dirigeants européens ont décidé la semaine dernière de prêter 100 milliards d'euros à Madrid pour qu'elle sauve ses banques en difficulté.

Amadeu Altafaj, le porte-parole du commissaire aux affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, a affirmé à EurActiv que Chypre n'avait soumis aucune requête pour une aide financière et que, pour l'exécutif européen, rien ne laissait présager que le pays pourrait bientôt s'y résigner.

Les meilleures conditions possible

« Il n'est pas certain que nous déposerons une demande car il reste d'autres options, mais si nous le faisons, nous tenterons d'obtenir les meilleures conditions possible », a déclaré Panicos Demetriades, le gouverneur de la banque centrale chypriote, cité dans la presse.

Chypre reste prudente quant aux conditions qui pourraient être attachées à un renflouement accordé par ses partenaires européens, peut-on lire sur le site Internet du Cyprus Finance Mirror.

Le gouvernement craint surtout que son taux d'imposition des entreprises aujourd'hui à 10 % ne soit revu à la hausse, expliquent les médias. Des mesures d'austérité similaires à celles imposées aux Etats renfloués, dont la Grèce, forceraient par ailleurs le gouvernement à opérer des coupes budgétaires impopulaires en amont des élections prévues en février 2013.

Le recours à un prêt bilatéral ferait sourciller l'UE, surtout que Chypre est censée prendre le relais du Danemark à la tête de la présidence tournante du Conseil de l'UE le 1er juillet.

Moody's a abaissé la note de la dette souveraine chypriote de deux crans, de Ba1 à Ba3, citant le risque croissant que la Grèce sorte de la zone euro et sa situation budgétaire déjà difficile.

EurActiv.com - traduit de l'anglais par Amandine Gillet
Contexte : 

La division de l'île de Chypre est un problème très sensible qui affecte les relations entre l'UE et la Turquie. L'issue des négociations d'adhésion de la Turquie à l'UE dépend d'ailleurs de la résolution de ce problème.

Malgré des efforts répétés sous les auspices de l'ONU pour ramener les dirigeants des communautés grecque et turque chypriotes à la table des négociations, l'île est séparée en deux depuis 1974.

L'espoir d'une réunification a fait surface en 2002 lorsque le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a présenté un plan de réunification, proposant une fédération à deux entités régie par une présidence tournante.

Lors d'un référendum en avril 2004, les Chypriotes grecs ont rejeté un plan d'unité parrainé par l'ONU. Les Chypriotes turcs s'étaient quant à eux exprimés en faveur de ce plan. L'échec de ce plan a déçu les fonctionnaires européens, qui avaient accepté de voir Chypre rejoindre l'UE cette année-là surtout dans l'espoir d'encourager une résolution du conflit. En mai 2004, la république de Chypre contrôlée par les Chypriotes grecs est devenue un membre de l'UE.

Lors d'un sommet en décembre 2004, les dirigeants de l'UE ont accepté d'entamer les négociations d'adhésion avec la Turquie le 3 octobre 2005. L'une des conditions spécifiées était qu'Ankara élargisse un accord d'association de 1963 conclu avec le prédécesseur de l'UE, la Communauté économique européenne, aux dix nouveaux Etats membres de l'Union. Ce groupe de nouveaux Etats membres comprend l'Etat chypriote grec qui n'est pas reconnu par la Turquie.

A lire aussi

More in this section

Publicité

Sponsors

Vidéos

Euro & Finance News videos

Euractiv Sidebar Video Player for use in section aware blocks.

Euro & Finance Promoted videos

Euractiv Sidebar Video Player for use in section aware blocks.

Publicité

Publicité