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L’économie allemande ralentit

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Publié 13 août 2012, mis à jour 21 août 2012

Trois ans après le début de la crise de la dette dans la zone euro, l’économie allemande qui avait atteint des sommets se trouve aujourd’hui au point mort. Certains craignent que le pays ne plonge dans une récession au second semestre de cette année.

La plus grande économie d'Europe a été frappée par la publication de données de plus en plus moroses ces derniers jours, ce qui laisse transparaître une baisse des commandes manufacturières, de la production industrielle, des importations et des exportations.

Vendredi (10 août), le ministère de l'économie a fait savoir que ces chiffres et la détérioration du climat des affaires ces derniers mois comportaient de sérieux risques pour l'Allemagne.

Mardi, une croissance modeste de 0,2 % devrait être annoncée pour le produit intérieur brut du deuxième semestre. Selon d'éminents économistes, le danger d'une récession au second semestre se fait plus pressant, alors que l'union monétaire européenne a désespérément besoin de la croissance de l'Allemagne, son moteur économique.

Ce ralentissement comporte des risques pour la chancelière allemande, Angela Merkel, qui briguera un troisième mandat dans un an. Ces données pourraient influencer l'opinion publique quant à sa stratégie de lutte contre la crise, surtout si la montée naissante du chômage se confirme.

« L'économie allemande s'essouffle, il n'y a pas de doute, et au troisième trimestre, l'économie se contractera par rapport au deuxième trimestre », a déclaré Jörg Krämer, économiste en chef à la Commerzbank.

« La situation va empirer. L'économie allemande ne se porte pas aussi mal que le reste de la zone euro, mais elle ne peut pas s'en détacher, surtout que la croissance chinoise continue de ralentir. »

L'économie allemande repose sur les exportations, mais la crise de l'euro a frappé de plein fouet ce marché. Environ 40 % des exportations du pays sont destinées à ses partenaires de la zone euro et 60 % vont aux pays de l'Union européenne au sens large.

La Chine, l'un des marchés de l'Allemagne qui se développe à grande vitesse, représente 7 % des exportations totales, mais il commence également à s'essouffler. Les nouvelles données chinoises montrent que la production industrielle croît à son plus faible rythme en trois ans, que les nouveaux prêts ont atteint leur plus bas niveau en 10 mois et que la croissance des exportations se rapproche du point mort.

Demande intérieure hésitante

Certains espéraient que la consommation privée compenserait le déclin prévu dans les exportations allemandes. Les faibles taux d'intérêt, un marché du travail robuste (6,8 % de chômage en juillet) et une hausse des salaires dans le secteur public et l'industrie devaient alimenter la demande intérieure.

Les données récemment publiées se sont pourtant révélées décevantes et ont montré un recul des ventes au détail.

Peter Bofinger, l'un des cinq « sages » qui conseillent le gouvernement allemand sur l'économie, a expliqué que les récentes données sur la production industrielle laissaient entendre que le pays était au bord de la récession technique.

« L'Allemagne ne peut apparemment pas contrer les problèmes économiques internationaux avec son propre dynamisme », a expliqué M. Bofinger à Reuters.

Il est trop tôt pour savoir de quelle manière ce ralentissement pourrait assombrir les perspectives de réélection de Mme Merkel en 2013 ou influencer le débat animé dans le pays sur l'octroi d'aides aux pays de la zone euro en difficulté comme la Grèce et l'Espagne.

Un sondage réalisé pour la chaîne publique ARD plus tôt ce mois-ci a révélé que 63 % des Allemands pensaient que leur économie se portait bien.

La principale raison en est la robustesse du marché du travail. Les chiffres publiés vendredi ont montré que le chômage des jeunes en Allemagne stagnait à 7,9 % en juin, contre 22,6 % en moyenne en Europe.

Il semblerait toutefois que la baisse constante du chômage depuis six ans soit sur le point de s'arrêter là.

Le taux de chômage corrigé des variations saisonnières croît légèrement depuis quatre mois. De grandes entreprises allemandes, comme la Deutsche Bank, l'entreprise énergétique RWE ou encore le distributeur d'acier Klöckner, ont d'ailleurs supprimé des milliers d'emplois.

« Nous pensons que le ralentissement économique commencera à entraîner l'insolvabilité de certaines entreprises à partir de l'automne », a déclaré Christoph Niering, à la tête de VID.

Le sondage qui a révélé que près de deux Allemands sur trois étaient satisfaits de la situation économique actuelle a également montré qu'un nombre croissant de répondants pensaient que l'économie se détériorerait au cours de l'année à venir.

A 56 %, ce pourcentage est le plus élevé depuis 2009, juste après que la faillite de Lehman Brothers a déclenché une crise financière mondiale et plongé l'Allemagne dans sa pire récession depuis la guerre.

Le sondage de ARD a en outre révélé que 84 % des Allemands pensaient que le pire restait à venir s'agissant de la crise de la dette.

Prochaines étapes : 
  • 14 août : l'Allemagne publiera les chiffres du PIB pour le second semestre.
EurActiv.com avec Reuters - traduit de l'anglais par Amandine Gillet
L’Allemande Angela Merkel et l’Italien Mario Monti discutent des problèmes de la zone euro lors d’une réunion en juillet. Photo du gouvernement allemand.
Contexte : 

Nombreux sont ceux qui se demandent si la faiblesse de l'économie poussera les Allemands à ne plus soutenir les renflouements opérés dans certains pays de la zone euro.

La chancelière allemande, Angela Merkel a affirmé à plusieurs reprises l'année dernière et encore récemment aux côtés du président François Hollande le mois dernier, qu'elle ferait tout son possible pour sauver l'euro.

Tous les Allemands ne la soutiennent toutefois pas sur ce point et la marge de manœuvre de la chancelière semble se rétrécir alors que la Grèce et l'Espagne pourraient bientôt avoir besoin d'une nouvelle aide.

« La stabilisation de l'union monétaire ne devrait pas être un objectif important en soit, peu importent les coûts impliqués », a déclaré Otto Kentzler, le président de la confédération allemande de l'artisanat, dans un article d'opinion publié dans le Handelsblatt le 10 août.

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