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Elections en Espagne : Mariano Rajoy prévoit des temps difficiles

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Publié 21 novembre 2011, mis à jour 23 novembre 2011

Le Partido Popular de centre-droit a remporté une victoire écrasante lors des élections anticipées qui ont eu lieu hier (20 novembre). Le futur premier ministre, Mariano Rajoy, a toutefois affirmé que des temps difficiles étaient à prévoir. Il a appelé au dialogue et a affirmé que des mesures strictes devraient être mises en œuvre pour faire face à la pire crise qu'ait vécu le pays depuis bien longtemps. EurActiv Espagne a contribué à cet article.

Le Partido Popular a remporté une majorité absolue de 186 sièges sur les 350 que compte la chambre basse du parlement espagnol.

Le parti a donc remporté trois sièges de plus que José María Aznar en 2000 contre son rival Joaquín Almunia, aujourd'hui commissaire européen.

Le parti socialiste espagnol de centre-gauche, PSOE, dirigé par Alfredo Pérez Rubalcaba, a remporté 110 sièges, soit 59 de moins qu'en 2008 sous la direction du premier ministre sortant, José Luis Rodríguez Zapatero.

Ce n'est que la seconde fois depuis le retour de l'Espagne à la démocratie dans les années 1970 qu'un parti remporte une majorité absolue au parlement.

« Des temps difficiles sont à prévoir », a déclaré à ses partisans M. Rajoy, ancien ministre de l'intérieur.

« Nous allons devoir gouverner alors que l'Espagne vit la situation la plus délicate depuis 30 ans », a-t-il affirmé.

M. Rubalcaba, ministre de l'intérieur jusqu'en juillet, a reconnu sa défaite et a remercié ses partisans pour les sept millions de voix enregistrées par le parti dans ces « circonstances extrêmement difficiles ».

Parmi les autres partis représentés lors de ces élections, l'Izquierda Unida (Gauche unie), un parti de gauche, a remporté onze sièges, ce qui est considéré comme un bon résultat.

Le parti basque séparatiste, Amaiur, est entré au parlement pour la première fois avec sept sièges. Convergència i Unió, ou CiU, le parti nationaliste catalan, a obtenu 16 sièges, soit cinq de plus que dans le précédent gouvernement. Le parti Unión Progreso y Democracia (UPyD) de Rosa Díez, une ancienne eurodéputée socialiste d'origine basque, a remporté cinq sièges et pourra donc former son propre groupe.

La victoire du centre-droit n'est pas une surprise, dans la mesure où les électeurs ont exprimé leur colère face aux socialistes qui, après sept ans au pouvoir, laissent le pays avec cinq millions de personnes sans emploi et le taux de chômage le plus élevé dans l'UE.

La crise espagnole, amplifiée par la bulle immobilière, a donné naissance au mouvement des « Indignados », qui ont inspiré une série de manifestations en Europe, et même à New York, avec le mouvement Occupy Wall Street.

M. Rajoy ne devrait pas participer au prochain sommet européen le 9 décembre, étant donné qu'il ne sera nommé qu'aux alentours du 20 décembre.

L'Espagne est le cinquième pays de l'UE, après la Grèce, l'Irlande, l'Italie et le Portugal, a élire un nouveau gouvernement suite à l'évolution de la crise. En Slovaquie, le gouvernement a été renversé après un vote au parlement sur le fonds de sauvetage de l'UE. Le pays organisera des élections anticipées le 10 mars.

L'Espagne disposera d'un nouveau gouvernement grâce à la tenue de ces élections, tout comme la Grèce et l'Italie, où des gouvernements ont été formés suite à la crise et à des négociations politiques.

Réactions : 

Le président du Parti populaire européen (PPE), Wilfried Martens, a salué la victoire écrasante du Partido Popular (PP) en Espagne.

« Je félicite le PP et Mariano Rajoy pour leur victoire décisive aux élections nationales en Espagne. Après huit années d'une gouvernance socialiste désastreuse, le peuple espagnol a de nouveau accordé sa confiance au PP. Je suis convaincu que le premier ministre élu, Mariano Rajoy, mettra rapidement en oeuvre les changements et les réformes nécessaires et urgentes pour que l'Espagne résolve ses problèmes économiques, financiers et d'emploi et qu'elle redevienne un acteur central dans le projet européen », a déclaré M. Martens.

Georgi Gotev - traduit de l'anglais par Amandine Gillet

COMMENTS

  • Dérive libérale de la social-démocratie européenne

    La catastrophe politique(pour le PSOE) qui s'est produite récemment en Espagne n'a pas été interprétée.Cela est logique car une interprétation de gauche de cette défaite historique du parti socialiste au pouvoir nécessiterait de remettre en cause la dérive libérale de la gauche européenne.Cela reviendrait surtout à admettre que la social-démocratie européenne s’est transformée bon an mal an en un social-libéralisme de gouvernement:abandon de toute référence au marxisme,refus de toute règlementation du marché,soumission de l’Etat aux intérêts privés,renoncement à toute dynamique populaire(le peuple c’est-à-dire la démocratie en réalité)autrement que sous la forme d’une aide aux pauvres,dérive technocratique(la politique est l’affaire exclusive des professionnels de la politique,des experts et des technocrates pourtant responsables de l’actuelle faillite de l’Europe néolibérale).Ce social-libéralisme n’est pas assumé par ses tenants.J’y vois là une certaine fausseté et la cause au mieux d’un malaise au pire de troubles psychologiques assez inquiétants.Ainsi le célèbre chroniqueur Ivan Levaï affirmerait que « Nicolas Sarkozy n’est pas de droite »(source :Le Monde).C’est inquiétant.Le néolibéralisme est plongé dans une faillite historique tandis que le social-libéralisme est en bout de course.Pour bien discuter,pour analyser en profondeur les causes de la faillite de l’Europe néolibérale et envisager une issue économique et politique cohérente il faudrait déjà recourir à des concepts valables,à même de rendre intelligible la réalité.Ainsi la loi française de 1973 dessaisissant l’Etat du pouvoir de création monétaire(la seule charge de la dette est sur le point de devenir le 1er poste budgétaire de l’Etat français,c’est la broutille de 50 milliards d’euros d’intérêts par AN à partir de 2012 !)est d’inspiration libérale voire néolibérale.Il faudrait en débattre.Le parti socialiste français s’y refuse parce qu’il n’est plus social-démocrate.

    By :
    surmely alain
    - Posted on :
    27/11/2011
Mariano Rajoy face à ses partisans hier soir
Contexte : 

Les difficultés de l'Espagne à gérer sa dette et à éviter un renflouement similaire à celui accordé à la Grèce sont au centre des craintes que la crise ne s'intensifie dans la zone euro.

Le 29 juillet, le gouvernement espagnol de gauche avait demandé la tenue d'élections générales anticipées pour le mois de novembre, quatre mois avant la date prévue, afin de profiter du changement d'opinion reflété dans les sondages d'opinion.

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