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L’euro remonte face au dollar suite aux rumeurs sur le rôle que jouera la BCE

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Publié 22 août 2012

Hier (21 août), l'euro a atteint son plus haut niveau en sept semaines face au dollar américain, une tendance alimentée par des rumeurs selon lesquelles la Banque centrale européenne pourrait bientôt intervenir pour faire baisser les coûts d’emprunt de l’Espagne et de l’Italie.

En août, l'euro n'a eu de cesse de grimper pour ensuite rechuter au rythme des derniers gros titres dans les journaux européens. L'incertitude qui planait sur l'efficacité du programme d'achat d'obligations de la BCE, sur les problèmes économiques et la dette de la zone euro maintenait la monnaie unique fermement sous le record de ce mois-ci à 1,2443 dollar.

L'euro a pu atteindre ce niveau après que le Daily Telegraph londonien a étayé lundi un article de Der Spiegel paru au cours du week-end. Dans cet article, la revue allemande expliquait que la BCE prévoyait d'établir des plafonds pour les rendements obligataires espagnols et italiens.

« Nous surfons sur une vague d'optimisme, les attentes sont grandes quant à ce qu'il se passera au cours des premières semaines de septembre », a expliqué Camilla Sutton, responsable de la stratégie monétaire à la Scotiabank de Toronto.

La prochaine réunion de la BCE aura lieu le 6 septembre et les ministres des finances de l'Union européenne se réuniront les 14 et 15 septembre. Ces deux rencontres seront cruciales pour poursuivre le chemin de la résolution de la crise et maintenir la Grèce au sein de la zone euro.

Les banques allemandes réclament plus de pouvoir pour la BCE

Alors que les rumeurs d'un rôle accru pour la BCE font baisser les coûts de la dette, les prêteurs du secteur privé allemand souhaitent que la BCE jouisse d'un plus grand pouvoir de contrôle sur toutes les banques de la zone euro, dans le but d'éliminer toute interférence des décideurs politiques dans la supervision bancaire.

L'association bancaire BDB, qui représente d'importants prêteurs comme Deutsche Bank et Commerzbank, estime que placer les superviseurs bancaires nationaux sous l'autorité de la BCE permettrait une régulation cohérente qui pourrait rapidement être mise en oeuvre.

« L'influence des politiques nationales dans la supervision serait ainsi réduite à néant », a expliqué la BDB dans un document reprenant ses propositions en la matière.

La BDB espère que ses idées parviendront jusqu'à la Commission européenne qui prépare des changements radicaux dans la supervision des banques. Elle envisage notamment de confier un rôle à la BCE dans ce domaine, suite aux débâcles du secteur bancaire lors de la crise financière.

Les dirigeants de l'Union européenne se sont mis d'accord fin juin pour désigner un superviseur bancaire unique en Europe, une condition indispensable pour autoriser le fonds de sauvetage de la zone euro à injecter directement des liquidités dans les banques en difficulté, sans d'abord passer par un gouvernement.

Cette décision s'inscrit dans la démarche européenne visant à enrayer la crise de la dette et la crise bancaire.

Plus de banques concernées

La BDB souhaite que la BCE supervise les 6000 banques de la zone euro, tandis que les banques coopératives et le secteur public allemand affirment que seules les 25 grandes banques qui représentent la plus grande menace pour le système financier de l'union monétaire devraient être concernées.

La BCE devrait mettre sur pied une unité indépendante pour la supervision bancaire, afin de tracer une séparation claire entre cette activité et son mandat en matière de politique monétaire.

Toutefois, certains problèmes restent en suspend, comme l'absence d'une loi administrative conférant à la BCE le pouvoir d'imposer ses décisions aux banques et un mécanisme permettant aux banques de contester les décisions de la BCE qu'elles estimeraient injustes.

La BDB propose également que la BCE reprenne les droits de vote de ses pays membres dans des organisations comme l'Autorité bancaire européenne ou le Comité de Bâle des superviseurs bancaires, une mesure qui donnerait plus de poids à la banque centrale face à des pays comme le Royaume-Uni.

Réactions : 

« La BCE doit intervenir sur le marché obligataire, car les menaces, les fuites et les promesses ont une durée de vie limitée. Sans l'intervention de la BCE, les taux espagnols et italiens remonteront, dans la mesure où ces pays n'ont plus la confiance des marchés du crédit », a expliqué à Reuters Joseph Trevisani, stratège en chef des marchés chez Worldwide Markets.

Prochaines étapes : 
  • 6 sept. 2012 : réunion politique de la BCE.
  • 14-15 sept. 2012 : réunion des ministres européens des finances.
EurActiv.com avec Reuters - traduit de l'anglais par Amandine Gillet
Contexte : 

L'euro a grimpé à 1,2488 dollar, son plus haut niveau depuis le 5 juillet, au-delà du pic du 6 août de 1,2443 dollar après que le président de la BCE, Mario Draghi, a promis de faire tout son possible pour sauver l'euro. En amont de la déclaration de M. Draghi, la monnaie unique était descendue à son plus bas niveau en deux ans le 24 juillet à 1,2040 dollar.

Le président français, François Hollande et la chancelière allemande, Angela Merkel, se rencontreront le 23 août, la veille de l'arrivée du premier ministre grec, Antonis Samaras, à Berlin.

M. Samaras devrait faire pression pour que son pays dispose de deux années supplémentaires pour mettre en oeuvre ses mesures d'austérité, afin d'en réduire l'impact. Il est toutefois peu probable qu'il obtienne d'importantes concessions.

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