Ces fonds proviendraient d'une combinaison d'instruments de croissance à court terme comme les emprunts obligataires pour le financement de projets (« project bonds »), les fonds structurels européens, et de nouveaux capitaux de la Banque européenne d'investissement (BEI), selon l'hebdomadaire Journal du Dimanche d'hier (17 juin).
L'article citait une proposition présentée par la France en amont du sommet de l'UE les 28 et 29 juin prochains, lors duquel devraient être décidés un programme pour la croissance et une feuille de route à long terme sur le renforcement de l'intégration budgétaire et économique dans la zone euro.
L'hebdomadaire a également précisé que l'Hexagone avait accepté le refus de l'Allemagne d'émettre des titres de dette mutualisée pour la zone euro et reconnu que les euro-obligations devraient être envisagées sur une période de dix ans.
M. Hollande a soumis ses idées à ses partenaires et au Conseil européens il y a quelques jours, en amont du sommet du G20 prévu au Mexique lundi et mardi et des négociations qui se tiendront vendredi à Rome, en présence des dirigeants de l'Allemagne, de l'Espagne de la France et de l'Italie.
« Des mesures de croissance à effet rapide, à hauteur de 120 milliards d'euros, devraient être décidées par le Conseil européen dès juin », a déclaré M. Hollande dans le document intitulé « Pacte de croissance européen ».
M. Hollande estime que ces mesures devraient être renforcées avant fin 2012 avec la création d'une taxe sur les transactions financières et l'introduction de mesures pour l'emploi qui s'adresseraient surtout aux jeunes.
Le fonds de 120 milliards d'euros serait composé de 55 milliards d'euros de fonds structurels européens non dépensés, de quelque 4,5 milliards d'euros de project bonds pour les infrastructures et de 60 milliards d'euros de capitaux qui pourraient être levés par la BEI via un financement supplémentaire de 10 milliards d'euros, selon le journal.
François Hollande, le premier président français socialiste en 17 ans, souhaite que l'Europe assortisse son pacte de discipline budgétaire d'un pacte de croissance, une idée si populaire en Europe que Berlin l'envisage à son tour.
Affrontement
M. Hollande s'est toutefois placé en position de conflit face au gouvernement allemand, en demandant l'adoption de nouveaux mécanismes au sein de la zone euro pour protéger les États membres et leurs banques contre les perturbations du marché. Il a notamment mentionné un fonds commun pour rembourser la dette.
M. Hollande a exposé ses idées au premier ministre italien, Mario Monti, à Rome jeudi dernier (14 juin). Il les a également fait parvenir, entre autres, au président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, entre autres, à deux semaines du sommet décisif de l'UE les 28 et 29 juin prochains.
Le président français souhaite également qu'une licence bancaire soit accordée au MES, le fonds de sauvetage permanent de la zone euro, pour qu'il puisse emprunter de l'argent à la Banque centrale européenne et renforcer sa puissance de feu.
De son côté, la chancelière allemande, Angela Merkel, s'oppose vivement à l'émission d'euro-obligations à court terme et à l'idée que l'Allemagne garantisse la dette ou les dépôts bancaires au sein de la zone euro.
Les deux dirigeants ont évoqué les élections grecques et la crise de la dette dans la zone euro lors d'une conversation téléphonique samedi (16 juin), alors que les deux premières puissances économiques européennes sont en profond désaccord quant à la résolution de la crise.
Le cabinet de M. Hollande a fait savoir que cette conversation « constructive » et « fructueuse » avait servi à préparer la réunion du G20 au Mexique, qui devrait se concentrer sur la crise, ainsi que le sommet des 28 et 29 juin lors duquel les dirigeants européens souhaitent s'accorder sur des mesures pour lutter contre la crise.
Les deux dirigeants ont probablement discuté de ce qui est apparu comme une querelle publique ces dernières semaines, lorsque la chancelière de centre-droit a critiqué les performances économiques de la France et que le président socialiste a snobé Mme Merkel en invitant les leaders allemands de l'opposition à participer à des discussions à l'Élysée.





