Les ministres des finances de l'UE se sont rencontrés hier à Bruxelles pour formaliser un calendrier à destination du gouvernement grec pour qu'il réduise son déficit budgétaire de 12,7 % à 3 % en 2012.
Les problèmes d'Athènes ont jeté dans l'ombre d'autres éléments de l'agenda, comme la Directive services ou les discussions sur les taxations des banques européennes.
Les ministres se sont mis d'accord pour laisser à la Grèce jusqu'au 16 mars pour présenter un rapport sur les nouvelles mesures budgétaires qui devront être mises en œuvre au cours de l'année 2010.
D'ici au 15 mai, le pays devra avoir mis au point les détails de ces mesures et il devra soumettre un rapport trimestriel.
Le plan de reprise grec s'articulera autour du rapport qui sera rendu en mars. Si la Commission européenne estime que les autorités grecques ne sont pas sur le bon chemin, elles devront mettre en place des mesures additionnelles.
Le ministre des finances grec a confirmé qu'il n'offrirait pour l'instant rien de plus que des réductions de salaire dans le secteur public et les réformes fiscales déjà sur la table, mais il a admis que des solutions additionnelles pourraient être développées si on le lui demandait en mars (EurActiv 15/02/10).
Les Etats membres ont également souligné que, comme plan de secours, ils soutiendraient l'économie grecque en cas de besoin, comme convenu par les dirigeants européens le 11 février.
Quel type de soutien?
En réponse aux questions des journalistes à propos d'un possible renflouage, les ministres se sont montrés réticents à donner des détails sur ce à quoi pourrait ressembler un plan de réserve.
Le ministre irlandais des finances Brian Lenihan a déclaré aux journalistes que certains Etats membres – notamment l'Allemagne – étaient réticents à expliquer en détail ce que les Etats membres feraient pour soutenir l'économie grecque.
M. Lenihan a également refusé de dévoiler à quoi ressembleraient ces mesures, expliquant que les ministres avaient convenu que de telles discussions n'étaient pas sages.
En l'absence du ministre allemand des finances Wolfgang Schaeuble, le secrétaire d'Etat du pays, Jörg Asmussen, a fait monter la pression sur la Grèce à la fin des discussions de vendredi.
Nous estimons que la Grèce devra prendre des mesures additionnelles pour réduire ses déficits, a affirmé le secrétaire aux journalistes.
Une souveraineté fiscale vacillante
Contrairement aux informations selon lesquelles la Grèce pourrait quitter la zone euro, la rencontre d'hier a plutôt été une démonstration de solidarité, particulièrement de la part des 16 ministres de l'Eurogroupe.
La déclaration de Mme Merkel largement relayée sur un gouvernement économique européen lors du sommet de la semaine dernière a de nouveau été mise en avant lors de la conférence de presse au cours de laquelle la ministre des finances espagnole, Elena Salgardo, a soutenu cette option en affirmant qu'une plus grande coordination sur la politique économique était nécessaire.
Pour la première fois, la souveraineté fiscale d'un pays de la zone euro pourrait aujourd'hui être remise en question alors que les Etats membres ont convenu que sécuriser la stabilité de l'euro était une responsabilité partagée.
Les Etats souverains de la zone euro ont une monnaie commune donc nous devons prendre tous ensemble les décisions qui ont trait à l'euro, a souligné M. Lenihan devant la presse.
Une disposition du traité de Lisbonne donne aux Etats membres le pouvoir de prendre des décisions contraignantes sur la politique fiscale d'un autre partenaire.
Bien que les diplomates aient affirmé qu'un tel scénario était improbable, dans l'hypothèse où la Grèce et les autorités européennes se trouveraient dans une impasse concernant la politique fiscale, les Etats membres pourraient voter à la majorité qualifiée pour que d'autres mesures soient prises et la Grèce serait exclue de ce scrutin.
De plus, avant la fin du printemps, la Commission européenne va mettre sur la table des propositions sur la manière dont elle prévoit d'approfondir sa surveillance des économies européennes, a déclaré lors d'un point d'information après le sommet le commissaire aux affaires économiques et monétaires
La Grèce jette dans l'ombre les cotisations bancaires
Bien que la Grèce ait dominé les discussions d'hier, les Etats membres ont décidé de pousser pour une plus grande mise en œuvre de la directive Services de l'UE, une législation établissant des règles communes pour la fourniture de services dans l'Union (EurActiv 29/01/10).
Les discussions sur les taxes bancaires pour rendre le secteur bancaire redevable pour les multi-milliards des plans de sauvetage ont également été mises sur la touche par la Grèce et ont été différées jusqu'au prochain Conseil en mars (EurActiv 16/02/10).
Michel Barnier, commissaire européen au marché intérieur, a ajouté qu'il s'envolerait pour Washington et New York dans les prochains jours pour discuter avec le Président Obama de ses propositions sur une taxe sur le secteur financier et une équivalente européenne.
Les ministres ont également confirmé la nomination de l'homme politique et économiste portugais Vitor Constâncio en tant que vice-président de la Banque centrale européenne (EurActiv 16/02/10).



