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Herman Van Rompuy veut rassembler les dirigeants européens pour aborder la question de la croissance

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Publié 27 avril 2012

Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen, pourrait tenter de rassembler les chefs d’État européen avant juin prochain, afin de discuter de potentielles initiatives pour la croissance. C’est ce qu’il a déclaré lors du Sommet européen des affaires qui s’est déroulé à Bruxelles hier (26 avril) et dont les deux thèmes phares étaient les compétences et la croissance.

Le premier ministre italien, Mario Monti, a souligné l'importance de cette thématique dans son discours, en rejetant « la croissance fondée sur la demande et générant des déficits », ce qui selon lui mettrait en péril le nouveau pacte budgétaire de l'Europe.

M. Monti a explicitement exclu « la stimulation économique de type keynésien », avant d'ajouter : « Sans demande, la croissance ne se matérialisera pas [...] Les réformes structurelles entreprises actuellement ne suffisent pas à elles seules pour générer de la croissance ».

Une initiative nationale pour la croissance en Belgique

Le premier ministre italien pense que des initiatives de financement à plus long terme devraient être envisagées afin de stimuler les infrastructures. Il s'agirait de combinaisons de fonds privés et publics.

Son discours a reflété l'appel du premier ministre belge, Elio di Rupo, pour un « pacte de croissance ». M. di Rupo a expliqué aux participants que la Belgique était en train de collecter des données à l'échelle nationale pour définir la meilleure approche à adopter afin de stimuler la croissance dans toutes les régions de son pays.

Le président du Conseil, Herman Van Rompuy, a quant à lui déclaré que la croissance en Europe était « la priorité absolue » et annoncé qu'il pourrait convoquer les dirigeants européens pour discuter de cette question autour d'un dîner informel. Cette réunion aurait lieu avant le prochain sommet du Conseil prévu en juin prochain.

À propos des compétences et de la croissance, les deux thèmes phares de la conférence, M. Van Rompuy a affirmé que le budget européen pour 2014-2020 pourrait servir de levier à cet effet.

« Même si le budget de l'UE était plafonné à 1 % du PIB de chaque État membre, cela suffirait à récolter un milliard d'euros pour la période 2014-2020 », a-t-il expliqué avant d'ajouter, en référence à la pénurie de main-d'oeuvre et aux incohérences dans ce domaine : « Nous devons appliquer au domaine de l'emploi ce que le programme Erasmus a appliqué à celui des études. »

Cette convergence d'opinions favorables à un pacte de croissance fait écho aux négociations difficiles entre François Hollande, le favori des sondages pour les élections présidentielles en France, et Angela Merkel. Il semblerait que ces discussions puissent aboutir à un nouveau pacte visant à promouvoir la croissance en Europe si le candidat socialiste français est élu.

« Nous ne sommes pas les talibans de la consolidation  », a déclaré le vice-ministre des finances allemand, Thomas Steffen, lors d'une conférence à Berlin mercredi 25 avril. Dans le même temps, M. Hollande a rassuré Mme Merkel quant au fait qu'il ne tenterait pas de remettre en cause le pacte budgétaire ou de modifier le mandat de la Banque centrale européenne (BCE), comme il avait précédemment menacé de le faire.

Même le président de la BCE, Mario Draghi, connu pour sa fermeté, appelle à un « pacte de croissance » qui compléterait le pacte budgétaire.

Lors du Sommet européen des affaires, les propos de M. Monti ont reflété la tendance des participants à appeler à s'attaquer au problème des compétences par le biais d’un système d'apprentissage professionnel solide et d'un nouveau modèle de flexicurité pour l'emploi axé sur la fluidité accrue du marché du travail.

Faire preuve de détermination face au pessimisme

Malgré des conditions économiques de plus en plus difficiles, les dirigeants ont tenté de rassurer les entreprises.

Lors de son discours de clôture de la conférence, le président de la Commission, José Manuel Barroso, a exhorté les chefs d'entreprise à soutenir les initiatives européennes à l'échelle de leurs pays et à faire preuve de détermination face au sentiment d'europhobie.

M. Barroso a expliqué aux participants que la détermination était la compétence qui lui servait le plus dans son travail, avant d'ajouter : « Je ne suis pas réellement préoccupé par les eurosceptiques ou les europhobes, ceux qui rejettent l'Europe. Ce qui m'inquiète réellement, c'est le pessimisme de ceux qui sont favorables à l'Europe et qui semblent constamment désespérés. Soyons fiers de ce que nous avons accompli et de ce que nous pouvons accomplir. »

Prochaines étapes : 
  • avant juin 2012 : le président du Conseil, Herman Van Rompuy, devrait organiser un dîner informel pour discuter de la croissance avec les dirigeants européens.
Jeremy Fleming – Article traduit de l'anglais
Contexte : 

L'Europe est confrontée à un manque criant de travailleurs hautement formés et qualifiés dans les domaines de la science, de la technologie et de l'ingénierie, ce qui menace d'entraver la future compétitivité économique de l'UE.

La stratégie « Europe 2020 », approuvée par les dirigeants de l'UE en 2010, comprend un objectif qui stipule une augmentation du taux d'emploi dans les États membres de son niveau actuel à 69-75 % d'ici 2020.

Atteindre cet objectif, qui s'applique aux hommes et aux femmes âgés de 20 à 64 ans, impliquera de réduire le nombre de personnes au chômage dans l'UE de 23 millions (9,5 % de la main-d'oeuvre) au début de 2011, à moins de 12 millions (5 % de la main-d'œuvre) en 2020.

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