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Jörg Asmussen : La sortie de la Grèce de la zone euro est possible mais peu souhaitable

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Publié 20 août 2012, mis à jour 27 août 2012

Jörg Asmussen de la Banque centrale européenne a déclaré qu’une éventuelle sortie de la Grèce de la zone euro serait gérable mais qu’il préfèrerait que le pays conserve la monnaie unique.

« Premièrement, je souhaite clairement que la Grèce reste au sein de la zone euro », aurait déclaré M. Asmussen selon une première version de son entretien publiée aujourd'hui (20 août) dans le Frankfurter Rundschau.

« Deuxièmement, il revient à la Grèce de s'en assurer. Et troisièmement, une sortie de la Grèce de la zone euro serait gérable. »

M. Asmussen, membre du directoire de la BCE, a toutefois prévenu que cette sortie éventuelle ne serait pas aussi ordonnée que certains l'imaginent. « Cette sortie s'accompagnerait d'une perte de croissance et d'une hausse du chômage. Elle serait très coûteuse pour la Grèce, pour l'Europe en général et même pour l'Allemagne. »

Il a précisé qu'il était nécessaire que le Mécanisme européen de stabilité (MES), le fonds de sauvetage permanent de la zone euro qui succèdera au Fonds européen de stabilité financière (FESF), soit mis sur pied aussi rapidement que possible.

« Le MES sera plus efficace que le FESF dans la lutte contre la crise », a-t-il souligné.

La Cour constitutionnelle de l'Allemagne a fait savoir qu'elle rendrait sa décision le 12 septembre sur la compatibilité du MES et du pacte budgétaire avec la constitution allemande. D'un point de vue juridique, l'Allemagne ne peut pas ratifier les deux traités sans le feu vert de la Cour et le MES ne pourra pas entrer en vigueur sans le soutien de l'Allemagne.  

À propos des euro-obligations, M. Asmussen a déclaré que cette dette commune ne serait logique que dans le cadre d'une union budgétaire complète. Il a ajouté qu'il ne s'agissait pas d'outils de gestion de la crise.

Le président de la BCE, Mario Draghi, a indiqué au début du mois que la banque centrale de la zone euro pourrait recommencer à acheter des obligations d'État en vue de réduire les coûts d'emprunts qui paralysent l'Espagne et l'Italie, mais pas avant septembre et à la condition que les gouvernements activent les fonds de sauvetage, afin de se lancer également dans l'achat de ces obligations.

Conditions pour une intervention de la BCE.

M. Asmussen a déclaré que pour que la BCE envisage de porter assistance à un État de la zone euro en difficulté, le gouvernement de ce pays devrait demander l'aide du fonds de sauvetage et remplir les conditions économiques qui y sont attachées.

« A mon avis, il faudrait exiger que toute requête d'intervention primaire sur le marché via le FESF/MES soit formulée avant que la BCE n'intervienne », a-t-il ajouté.

Dans la mesure où M. Draghi n'a pas précisé si le nouveau programme d'achat d'obligations serait limité en termes de temps et de volume, le journaliste a demandé à M. Asmussen si ce programme serait illimité et donc voué au succès.

« Vous avez bien compris. Mais attendez de voir. Nous travaillons sur les détails de ce nouveau programme et nous en parlerons lors de notre prochaine réunion », a répondu M. Asmussen.

Réactions : 

Le premier ministre italien, Mario Monti, a réitéré ses inquiétudes quant aux tensions entre les pays du nord et du sud au sein de la zone euro. Il s'est exprimé lors d'une conférence à Rimini le 19 août dernier.

« Ce serait une véritable tragédie si l'euro, le couronnement du rêve européen d'intégration et d'unité [...] devenait un facteur de désintégration et donnait lieu à des préjugés du nord contre le sud », a-t-il déclaré.

Au début du mois, M. Monti avait fait part de ses inquiétudes à la revue allemande Der Spiegel quant au sentiment anti-euro, anti-allemand et anti-UE grandissant au parlement à Rome. Il avait insisté sur le risque de « rupture psychologique » au sein de la zone euro.

La supervision commune des banques européennes, potentiellement assurée par la Banque centrale européenne, pourrait permettre de restaurer une certaine confiance et de protéger le système financier, aurait déclaré Panicos Demetriades, membre du conseil des gouverneurs de la BCE.

M. Demetriades, le gouverneur de la Banque centrale de Chypre, a déclaré lors d'un entretien accordé au journal chypriote Kathimerini le 19 août que la zone euro était confrontée à « des défis sans précédent » et qu'une union bancaire devrait renforcer la confiance dans la zone.

« La supervision commune des banques de l'UE, qui pourrait être effectuée par la BCE, devrait offrir une meilleure protection des dépôts, restaurer la confiance et mieux protéger le système financier face aux risques », a expliqué M. Demetriades.

Prochaines étapes : 

Mi-septembre : la Commission devrait proposer d'accorder à la Banque centrale européenne un rôle de supervision sur les grandes banques de la zone euro.

EurActiv avec Reuters – Article traduit de l'anglais
Jörg Asmussen. Bertelsmann Foundation photo by Kaveh Sardari
Contexte : 

Les dirigeants de l'Union européenne se sont mis d'accord fin juin pour désigner un superviseur bancaire unique en Europe, une condition indispensable pour autoriser le fonds de sauvetage de la zone euro à injecter directement des liquidités dans les banques, sans passer par un gouvernement.

Cette décision s'inscrit dans la démarche européenne visant à enrayer la crise de la dette et la crise bancaire.

Le journal allemand Handelsblatt a rapporté le 17 août que, selon plusieurs sources de la Commission européenne, celle-ci pourrait proposer d'accorder à la BCE un pouvoir de supervision de toutes les grandes banques de la zone euro. Cette proposition devrait être présentée au mois de septembre.

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