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José Manuel Barroso encourage la Grèce

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Publié 27 juillet 2012

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a publiquement exprimé son soutien au premier ministre grec, Antonis Samaras, lors de sa première visite en Grèce en trois ans. Il a toutefois prévenu que le pays au bord de la faillite devrait tenir ses promesses de réforme.

« Le mot clé, c'est « résultat ». Résultat, résultat, résultat ! » s'est exclamé M. Barroso, ajoutant qu'il était convaincu que le gouvernement de M. Samaras s'assurerait que le pays puisse continuer à bénéficier du programme de renflouement supervisé par la Troïka (UE, Fonds monétaire international et Banque centrale européenne).

« La Grèce devrait rester dans la zone euro, tant qu'elle tiendra ses engagements », a déclaré M. Barroso.

Son voyage en Grèce coïncide avec une nouvelle visite de la Troïka qui doit déterminer si Athènes mérite de recevoir la prochaine tranche de paiement de son programme de sauvetage de 130 milliards d'euros. Les réformes qui doivent être menées dans le pays ont pris du retard en raison des élections et de la formation de la coalition.

La visite de M. Barroso a également coïncidé avec un revers pour M. Samaras. Plus tôt dans la journée, son gouvernement conservateur n'est pas parvenu à conclure un accord sur une réduction des dépenses de 11,5 milliards d'euros sur les deux prochaines années, dans l'espoir de convaincre les bailleurs de fonds du pays d'allouer plus de fonds à Athènes.

Ces mesures, qui toucheront la sécurité sociale, les retraites et les loyers des bâtiments ministériels, n'ont pas obtenu le feu vert des alliés de M. Samaras, les socialistes et le petit parti de la Gauche démocrate (voir « Contexte »). Les discussions devraient reprendre lundi.

Le quotidien Kathimerini a rapporté que ces réductions toucheraient également les « salaires spéciaux » de la fonction publique qui concernent surtout les forces de sécurité. M. Samaras rechigne à réduire ces salaires, dans la mesure où cela ne permettrait d'économiser qu’un peu plus de 200 millions d'euros par an. Les retraites sont également au coeur des discussions.

« Je suis d'accord que certains de ces efforts paraissent injustes. Mais je demande à la population de reconnaître que les alternatives seraient beaucoup plus lourdes pour la Grèce et affecteraient une tranche encore plus vulnérable de la société grecque », a expliqué M. Barroso.

Les chances que la Grèce quitte la zone euro dans les 12-18 prochains mois ont grimpé à environ 90 % et il est très probable qu'Athènes sorte de la zone d'ici trois à six mois, selon un rapport de la Citi Bank américaine, relayé par Reuters.

Autre mauvaise nouvelle pour la Grèce, les données de la BCE publiées jeudi ont révélé que les dépôts dans les banques grecques avaient atteint leur plus bas niveau en six ans au mois de juin. Les épargnants s'inquiètent quant à la sortie du pays de la zone euro et retirent leur argent.

Sans progrès significatif, la Grèce pourrait ne pas recevoir la tranche finale de son renflouement, d'une valeur de 31,5 milliards d'euros, et pourrait ne pas pouvoir payer ses fonctionnaires.

La Troïka devrait repartir d'Athènes début août, mais la Commission a fait savoir qu'elle n'attendait pas de décision sur la prochaine tranche avant le mois de septembre.

La sortie de la Grèce de la zone euro était de nouveau sur toutes les lèvres jeudi. Le ministre des finances de la Bavière, Markus Söder, est le dernier homme politique allemand en date à avoir laissé entendre que la Grèce devrait quitter l'union monétaire : « Elle ne peut pas y arriver ou ne veut pas y arriver. »

Le leader socialiste, Evangelos Venizelos, s'est insurgé contre toutes ses spéculations sur l'avenir de son pays. « Si certains pensent que la Grèce devrait se sacrifier pour sauver la zone euro, ils ont tort », a-t-il affirmé. « Ce serait du suicide [pour l'union monétaire]. »

EurActiv.com - traduit de l'anglais par Amandine Gillet
Barroso and Samaras in Athens
Contexte : 

Nouvelle démocratie, le parti de centre-droit qui a remporté les élections de juin dernier, a formé un gouvernement de coalition avec le parti arrivé troisième, le PASOK socialiste, et le petit parti pro-européen de gauche, la Gauche démocrate.

Nouvelle démocratie a remporté 29,7 % des voix, devant le parti Syriza de la gauche radicale à 27 %. Nouvelle démocratie et le PASOK sont dans le camp des pro-renflouement.

Nouvelle démocratie et le PASOK ont été tour à tour au pouvoir depuis la chute du régime militaire en 1974, et ce jusqu'à l'année dernière, lors que la crise économique a forcé les deux rivaux à partager le pouvoir au sein d'un gouvernement d'unité nationale avec la tâche de sauver le pays de la faillite.

De nombreux Grecs tiennent les deux partis pour responsables de la quasi-faillite de leur pays qui les a forcés à conclure des accords de renflouement avec l'Union européenne et le FMI en 2010 et cette année encore. 

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