Suite aux votes de protestation contre l'austérité en Grèce et en France dimanche (6 mai), le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a proposé hier (8 mai) la tenue d'un sommet informel des leaders européens le 23 mai prochain, afin de discuter du programme de croissance.
Le dîner informel du 23 mai devrait préparer le terrain pour une autre réunion prévue les 28 et 29 juin, lors de laquelle les dirigeants adopteront officiellement une stratégie de consolidation de la croissance et du budget.
« Le débat qui oppose consolidation et croissance est un faux débat », a déclaré le commissaire aux affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, lors d'un point presse. « Dans le contexte actuel de faible croissance et de dette élevée, nous n'avons pas le choix : ces deux objectifs doivent être atteints en parallèle. »
Le texte de la Commission sera débattu lors du sommet informel
Le président de la Commission, José Manuel Barroso, a déclaré que chaque État membre présenterait son propre plan de croissance lors de cette réunion informelle. Il a également promis que la Commission préparerait un texte-cadre à ce sujet afin de stimuler les débats.
Reste à déterminer la marge de manoeuvre accordée par ces plans de croissance. La Commission propose d'augmenter de 10 milliards d'euros le capital de la Banque européenne d'investissement qui finance les projets d'infrastructure en Europe. Selon les calculs de la Commission, cela reviendrait à augmenter de 60 milliards d'euros la capacité de prêt de la BEI avec un impact total de 180 milliards d'euros sur les investissements, si l'on prend en compte les nouveaux financements privés qu'une telle mesure entraînerait.
Nouvelle révolution industrielle
La Commission veut également regrouper les dépenses en infrastructures du budget de l'UE et avoir recours à des emprunts obligataires pour le financement de projets (« project bonds »).
Ces propositions ne sont pas nouvelles, mais elles ont été remises au devant de la scène par la victoire du socialiste François Hollande aux élections présidentielles françaises. M. Hollande avait en effet axé sa campagne sur une réorientation des politiques de l'austérité vers la croissance.
Le commissaire à l'industrie et à l'entrepreneuriat, Antonio Tajani, est sur la même longueur d'onde. Hier, il a déclaré à une commission du Parlement européen que l'austérité ne suffisait pas et il a affirmé qu'il guiderait l'Europe vers une « troisième révolution industrielle ». M. Tajani a rappelé qu'après les révolutions industrielles initiées par les machines à vapeur et le charbon, une nouvelle impulsion était nécessaire.
Le commissaire devrait organiser une conférence sur la politique industrielle le 29 mai à Bruxelles. Cette réunion posera les fondements de la relance de la politique industrielle européenne, a affirmé M. Tajani devant les membres de la commission parlementaire Industrie et recherche. Il a précisé que l'industrie automobile, les matières premières et le secteur de l'espace seraient les éléments clés de ce nouvel élan.





