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La Commission appelle à une troisième révolution industrielle

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Publié 09 mai 2012, mis à jour 15 juin 2012

Suite à l'élection du socialiste François Hollande à la présidence de la France, la Commission européenne se dirige vers un programme de croissance et appelle à une nouvelle révolution industrielle en Europe.

Suite aux votes de protestation contre l'austérité en Grèce et en France dimanche (6 mai), le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a proposé hier (8 mai) la tenue d'un sommet informel des leaders européens le 23 mai prochain, afin de discuter du programme de croissance.

Le dîner informel du 23 mai devrait préparer le terrain pour une autre réunion prévue les 28 et 29 juin, lors de laquelle les dirigeants adopteront officiellement une stratégie de consolidation de la croissance et du budget.

« Le débat qui oppose consolidation et croissance est un faux débat », a déclaré le commissaire aux affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, lors d'un point presse. « Dans le contexte actuel de faible croissance et de dette élevée, nous n'avons pas le choix : ces deux objectifs doivent être atteints en parallèle. »

Le texte de la Commission sera débattu lors du sommet informel

Le président de la Commission, José Manuel Barroso, a déclaré que chaque État membre présenterait son propre plan de croissance lors de cette réunion informelle. Il a également promis que la Commission préparerait un texte-cadre à ce sujet afin de stimuler les débats.

Reste à déterminer la marge de manoeuvre accordée par ces plans de croissance. La Commission propose d'augmenter de 10 milliards d'euros le capital de la Banque européenne d'investissement qui finance les projets d'infrastructure en Europe. Selon les calculs de la Commission, cela reviendrait à augmenter de 60 milliards d'euros la capacité de prêt de la BEI avec un impact total de 180 milliards d'euros sur les investissements, si l'on prend en compte les nouveaux financements privés qu'une telle mesure entraînerait.

Nouvelle révolution industrielle

La Commission veut également regrouper les dépenses en infrastructures du budget de l'UE et avoir recours à des emprunts obligataires pour le financement de projets (« project bonds »).

Ces propositions ne sont pas nouvelles, mais elles ont été remises au devant de la scène par la victoire du socialiste François Hollande aux élections présidentielles françaises. M. Hollande avait en effet axé sa campagne sur une réorientation des politiques de l'austérité vers la croissance.

Le commissaire à l'industrie et à l'entrepreneuriat, Antonio Tajani, est sur la même longueur d'onde. Hier, il a déclaré à une commission du Parlement européen que l'austérité ne suffisait pas et il a affirmé qu'il guiderait l'Europe vers une « troisième révolution industrielle ». M. Tajani a rappelé qu'après les révolutions industrielles initiées par les machines à vapeur et le charbon, une nouvelle impulsion était nécessaire.

Le commissaire devrait organiser une conférence sur la politique industrielle le 29 mai à Bruxelles. Cette réunion posera les fondements de la relance de la politique industrielle européenne, a affirmé M. Tajani devant les membres de la commission parlementaire Industrie et recherche. Il a précisé que l'industrie automobile, les matières premières et le secteur de l'espace seraient les éléments clés de ce nouvel élan.

Prochaines étapes : 
  • 23 mai : dîner et sommet informels sur la croissance
  • 29 mai : conférence sur la politique industrielle en Europe
  • 28-29 juin : sommet des chefs d'État et de gouvernement à Bruxelles
EurActiv.com — Article traduit de l'anglais
La croissance est sur toutes les lèvres
Contexte : 

Nombreux sont ceux qui pensent que l'élection d'un socialiste dans la seconde économie de la zone euro changera la donne dans l'UE.

Avec François Hollande, la France devrait proposer des mesures davantage axées sur la croissance en plus de celles misant sur la discipline budgétaire pour enrayer la crise de la dette dans la zone euro.

M. Hollande se révèlera sans doute un partenaire plus difficile à gérer que son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, pour l'Allemagne qui a jusqu'à présent fait pression pour l'imposition de politiques d'austérité en Europe.

Certains décideurs politiques et économistes, surtout parmi les socialistes, affirment que la zone euro s'est trop concentrée sur l'assainissement budgétaire qui porte atteinte à la croissance économique. Cette initiative aurait selon eux entravé encore davantage la soutenabilité de la dette et menacé de mener à un cercle vicieux d'austérité et de réduction de la production.

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