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La Commission favorable à la protection des consommateurs de produits financiers

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Publié 03 juillet 2012, mis à jour 15 avril 2013

Le commissaire européen Michel Barnier a proposé aujourd’hui (3 juillet) de nouvelles règles visant à éliminer les mauvaises pratiques des courtiers en placement et en assurance dans le secteur financier, une initiative qui s’inscrit dans le cadre de la réforme réglementaire de la finance décidée par le G20.

Cette série de mesures devrait permettre de regagner la confiance des consommateurs dans les produits financiers, mise à mal par le manque de transparence et les conflits d'intérêts entre les vendeurs qui proposent parfois des produits inadéquats à leurs clients.

Cette nouvelle réglementation obligerait les fournisseurs de services financiers à publier des documents d'informations clés (DIC) dans le cadre de la vente de produits d'investissement de détail (PID) complexes directement au public.

La modification de la directive sur l’intermédiation en assurance obligera également les assureurs à fournir des informations plus claires sur les produits qu'ils vendent et à faire preuve d'honnêteté quant aux paiements qu'ils reçoivent de la part de tiers et peuvent mettre à jour des conflits d'intérêts. Ce système est censé protéger les consommateurs de la fraude, quel que soit le vendeur qui leur a fourni les produits.

Les consommateurs sur le marché des fonds d'investissement seront également protégés grâce au renforcement de la directive relative aux organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM).

Les documents d'informations devraient coûter 171 millions d'euros au secteur

La mesure la plus ambitieuse sera l'introduction de nouveaux DIC qui affecteront certains investissements comme les assurances vie et les produits de retraite vendus par les gestionnaires de fonds, les banques et les assureurs. Près de 10 000 milliards d'euros sont actuellement détenus dans des portefeuilles d'investissement à travers l'UE.

Les nouveaux documents doivent indiquer clairement les principales caractéristiques des produits vendus et inclure une évaluation de risque précise à l'intention du consommateur.

« Les DIC doivent indiquer clairement aux consommateurs s'ils risquent de perdre de l'argent sur les produits qu'ils achètent et décrire la complexité de ces produits », a souligné un fonctionnaire de l'UE.

Le format de ces nouveaux documents est conçu pour permettre aux consommateurs de comparer les avantages et les risques de différents produits de même nature, selon une liste de critères simple.

Les modifications proposées pour la directive sur les assurances visent elles aussi à atteindre le même degré de clarté lors des ventes effectuées dans ce secteur où 70 % des produits vendus manquent aujourd'hui de clarté, selon une étude de la Commission.

L'introduction de ces DIC devrait coûter 171 millions d'euros au départ, puis environ 14 millions d'euros par an.

Les trois propositions seront examinées par le Parlement et le Conseil dans le cadre de la procédure de codécision. Les DIC devraient être introduits d'ici 2014, et les modifications de la directive sur les assurances et les OPCVM d'ici 2015.

Réactions : 

Un communiqué commun saluant ces propositions a été publié par la Global Association of Investment Professionals (CFA), la European Federation of Financial Services Users (EuroFinuse), la Fédération Européenne des Conseils et Intermédiaires Financiers (FECIF, qui représente les intérêts des professionnels de la finance comme les agents, les courtiers et les consultants), l'Association of International Life Offices (AILO, qui représente les intérêts des compagnies d'assurances vie) et la European Fund and Asset Management Association, qui représente le secteur de la gestion de placement. 

Ces signataires estiment que les propositions présentées sont essentielles pour répondre à la question centrale de la protection des investisseurs et pallier « l'absence de règles équitables dans la distribution des produits financiers de détail au sein de l'Union européenne ».

« Nous soutenons pleinement l'objectif global de la réglementation des PID de fournir aux investisseurs particuliers des informations comparables, normalisées et compréhensibles sur les produits d'épargne. »

Ces organisations affirment qu'il est essentiel que la réglementation des PID « couvre autant de produits d'investissement que possible », avant d'ajouter que le format et le contenu des documents d'informations seraient les plus grands défis à relever. « La tâche sera sans doute difficile à cause de la diversité des produits d'investissement de détail couverts. C'est pour cette raison que le CFA Institute, avec le soutien actif d'EuroFinuse et du FECIF, mène un projet de recherche sur la présentation standardisée des coûts dans un document d'informations clés (DIC) pour les PID, qui sera publié à l'automne », conclut le communiqué.

Eurofinas, qui représente les fournisseurs européens de crédits à la consommation, a également salué ces mesures qu'elle considère comme « un bon point de départ » et applaudi la Commission pour sa proposition d'un cadre réglementaire prenant en compte les différences entre les circuits de distribution, la complexité et la nature des différents produits distribués.

« Une approche unique aurait été fondée sur l'idée reçue que tous les intermédiaires d'assurances font la même chose, entraînent les mêmes risques et devraient donc être soumis aux mêmes règles. C'est totalement faux », a expliqué le directeur général d'Eurofinas, Tanguy van de Werve.

Le groupe regrette toutefois que la Commission ait opté pour une approche « d'harmonisation minimum ».

« En effet, autoriser les États membres à adopter des mesures plus strictes (la surréglementation) donnera lieu à des incohérences réglementaires et à des lacunes dans l'UE », peut-on lire dans le communiqué.

« Les OPCVM sont l'un des grands succès de l'Europe. Les banques jouent un rôle clé en matière de garde de titres », a affirmé Guido Ravoet, le directeur exécutif de la Fédération bancaire européenne (FBE). « La FBE estime que la réglementation offre une opportunité de renforcer le succès des OPCVM tout en garantissant un niveau élevé de protection des investisseurs, la marque de fabrique de ces organismes », a ajouté M. Ravoet.

Prochaines étapes : 
  • 2012-2014 : les mesures de protection des PID, la directive sur les assurances et les OPCVM feront l'objet de débats dans le cadre de la procédure de codécision entre le Parlement et le Conseil.
EurActiv.com — Article traduit de l'anglais
shoddy practices to be outlawed
Contexte : 

Ces mesures s’inscrivent dans le cadre d'un effort permanent pour restaurer la confiance des consommateurs dans le secteur financier suite à la crise.

Depuis le début de cette crise, la mauvaise gouvernance des entreprises, notamment via des comités externes et des programmes d'aide excessivement généreux, a poussé les entreprises financières à spéculer sur les marchés pour satisfaire leurs actionnaires et générer des bonus considérables (EurActiv 13/10/09).

Une chaîne de Ponzi de 65 milliards de dollars (51,7 milliards d'euros) perpétrée par le courtier en bourse Bernard Madoff aux États-Unis, a révélé comment les relations obscures avec les investisseurs avaient permis à des escrocs de la finance d'avoir recours à la fraude.

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