M. Rajoy a annoncé au parlement espagnol qu'il augmenterait de trois points de pourcentage la taxe sur la valeur ajoutée pour la faire passer à 21 %, dans le cadre d'un paquet combinant hausse des impôts et réductions des dépenses. Son objectif est d'économiser 65 milliards d'euros dans le budget public au cours des deux années et demi à venir.
Le premier ministre a également annoncé une réforme profonde de l'administration publique, avec la suppression de 30 % des postes de conseillers locaux et une redistribution des postes de maires. Des réductions sensibles, voire la fermeture, d'organismes publics superflus sont également prévues, a rapporté EurActiv Espagne.
Lorsqu'il était leader de l'opposition, Mariano Rajoy fustigeait régulièrement son prédécesseur, José Luis Rodríguez Zapatero, pour sa volonté d'augmenter la TVA. Cette fois-ci, il a déclaré qu'il fallait être pragmatique.
« Nous saluons l'annonce de nouvelles mesures budgétaires par le gouvernement espagnol », a déclaré Simon O'Connor, un porte-parole du commissaire aux affaires économiques et monétaires, Olli Rehn.
« C'est une étape importante pour garantir que les objectifs budgétaires de cette année puissent être atteints. Nous notons également que le premier ministre, M. Rajoy, a clairement indiqué dans son discours au parlement que son gouvernement avait l'intention de suivre les recommandations émises par la Commission et adoptées par le Conseil [Ecofin le 10 juillet]. »
À la question de savoir si ces nouvelles mesures d'austérité seraient susceptibles d'aggraver la récession en Espagne, M. O'Connor a répondu qu'il ne serait pas en mesure de répondre avant que la Commission n'ait reçu les propositions détaillées du pays.
Avec une économie en récession, un taux de chômage élevé et des recettes d'impôts en baisse, l'Espagne peine à atteindre les objectifs ambitieux de réduction du déficit convenus avec l'Union européenne.
Cette semaine, l'UE a consenti à accorder plus de temps à l'Espagne en repoussant à 2014 au lieu de 2013 la date fixée pour ramener son déficit public à 3 %. L'objectif de déficit du pays pour cette année a également été revu et fixé à 6,3 % du PIB. Même revus à la baisse, ces objectifs resteront difficiles à atteindre pour la péninsule ibérique.
La pilule de l'austérité passe difficilement auprès de la population espagnole. Mercredi, une manifestation de mineurs a mal tourné et les forces de police ont tiré des balles en caoutchouc sur la foule, blessant plusieurs personnes.
Rejoints par les travailleurs du secteur public, les mineurs se sont rassemblés bruyamment dans le centre de Madrid après 44 jours de manifestation contre une diminution de 60 % des subventions au charbon qui pourrait entraîner la fermeture de plusieurs mines et mettre de nombreux travailleurs au chômage.



