L'Allemagne a salué le courage de la Lettonie qui se borne à demander son adhésion à la zone euro, peut-on lire sur le site Internet Baltic Course. Lors d’une réunion à Riga le 20 septembre, Ruprecht Polenz, un membre de la commission des affaires étrangères du Bundestag, a déclaré au président letton, Andris Brezins, que la position de la Lettonie était un « merveilleux message à la communauté internationale » sur l'avenir de l'euro.
La Pologne, la République tchèque et la Bulgarie ont récemment indiqué qu'elles s'abstiendraient de rejoindre l'union monétaire tant que la zone euro ne serait pas sortie de la crise de la dette. Conformément à leur traité d'adhésion, les 12 pays qui ont rejoint l'UE entre 2004 et 2007, pour la plupart situés en Europe centrale et orientale, seront obligés de rejoindre l'union monétaire dès qu'ils seront prêts à le faire.
Selon le site Internet Business New Europe, la récente conférence de l'OTAN qui s'est tenue à Riga les 14 et 15 septembre dernière a presque fait office de « fanfare en faveur de l'euro », les dirigeants lettons, lituaniens et estoniens prédisant un avenir radieux à la monnaie unique.
L'Estonie a rejoint l'union monétaire en janvier 2011 et son économie demeure en pleine croissance. Le premier ministre, Andrus Ansip, a d'ailleurs promis que le PIB de son pays par habitant serait dans le top 5 de l'UE d'ici 2022.
La Lituanie n'est pas membre de la zone euro et assumera la présidence tournante du Conseil de l'UE au second semestre de 2013. Son économie a enregistré de bons résultats en 2011 et devrait croître de 2,4 % en 2012.
Lors de la crise économique, l'économie lettone a chuté de 18 %, ce qui l'a placée à la dernière place parmi les pays de l'Union européenne. Le pays a d'ailleurs été le premier à demander un renflouement (7,5 milliards d'euros) géré par le Fonds monétaire international. Depuis lors, la situation s'est grandement améliorée, mais le pays doit encore corriger son déficit excessif, lutter contre le chômage et son taux élevé de pauvreté.
Le premier ministre letton, Valdis Dombrovskis, aurait déclaré lors de la conférence de l'OTAN que son pays prévoyait de respecter tous les critères de Maastricht qui régissent l'adoption de l'euro d'ici la fin de l'année, afin de pouvoir rejoindre l'union monétaire en janvier 2014.
La Banque de Lettonie prévoit que le passage à l'euro ferait grimper le PIB réel du pays de 7,4 %, les investissements de 15,9 %, les exportations de 5 % et que les taux d'intérêt à long terme baisseraient d'un demi-point de pourcentage à l'horizon 2020.
Uldis Rutkaste, le responsable de la politique monétaire pour la Banque de Lettonie, a toutefois reconnu lors d'une interview que la population restait divisée en raison des mauvaises nouvelles en provenance de la zone euro.
Un sondage datant du mois d'août réalisé auprès de 1000 Lettons par Latvijas Fakti a révélé que seuls 35 % des citoyens interrogés étaient en faveur de l'adoption de l'euro. Quelque 59 % y étaient opposés et 6 % se sont dits indécis. La plupart des experts cités par Business New Europe affirment cependant que ce sentiment fort d'euroscepticisme pourrait ne pas être aussi prononcé qu'il n'y paraît.
Ivars Ijabs, politologue de l'université de Lettonie, a expliqué que la question de l'adoption de l'euro n'était pas un sujet qui revenait souvent dans les conversations des Lettons. « Il est très probable que la Lettonie rejoigne la zone euro comme elle a rejoint l'UE, sans réels débats, dans la mesure où il est plus ou moins évident que la Lettonie y a sa place », a-t-il avancé.



