EurActiv Logo
Actualités & débats européens
- dans votre langue -
Click here for EU news »
EurActiv.com Réseau

TOUTES LES RUBRIQUES

Le FMI revoit à la baisse ses prévisions pour la croissance économique

Version imprimable
Send by email
Publié 17 juillet 2012

Hier (16 juillet), le Fonds monétaire international a revu à la baisse ses prévisions pour la croissance économique mondiale et a annoncé que la situation pourrait encore empiré si les décideurs politiques de la zone euro ne prenaient pas d’engagements fermes pour enrayer la dette de leurs pays.

Lors de son examen de l'économie mondiale du milieu de l'année, l'institution basée à Washington a revu à la baisse ses prévisions pour 2013 sur la croissance mondiale de 4,1 % en avril dernier à 3,9 %. Elle a en effet abaissé ses projections pour les économies émergentes et les plus avancées à 5,6 % pour 2012 et 5,9 % en 2013.

Ces deux chiffres sont 0,1 point de pourcentage moins élevés qu'en avril. Le FMI prévoit que les économies avancées ne croîtront que de 1,4 % cette année et de 1,9 % en 2013. Le Fonds monétaire international a laissé ses prévisions pour 2012 inchangées à 3,5 %.

« Les risques de dégradation de ces perspectives révisées à la baisse restent très préoccupants », a déclaré le FMI dans un communiqué. « Le risque le plus immédiat reste le suivant : un report de l'action des pouvoirs publics ou une action insuffisante de leur part aggraverait encore la crise dans la zone euro. »

Le FMI a abaissé ses prévisions de croissance pour la zone euro en 2013 à 0,7 % et maintenu que son économie se contracterait de 0,3 % cette année. Il pense à présent que l'économie espagnole se contractera en 2012 et en 2013.

Le Fonds a salué les mesures de lutte contre la crise adoptées par les dirigeants européens lors de leur sommet de juin, mais il a réclamé une intégration budgétaire et bancaire renforcée.

Il a appelé à la mise en place d'un système paneuropéen de garantie des dépôts et d'un mécanisme de traitement des banques avec des garanties communes. Il a en outre exhorté la Banque centrale européenne à fournir aux banques des liquidités abondantes à des « conditions suffisamment avantageuses ».

L'Europe n'est pourtant pas la seule en danger, le FMI a été très clair sur ce point.

Ciel nuageux à Washington

Le FMI, qui a légèrement revu à la baisse ses prévisions pour les Etats-Unis, s'est dit de plus en plus inquiet quant aux différends politiques qui règnent à Washington sur la manière d'éviter des réductions automatiques des dépenses et une hausse des impôts au début de l'année prochaine.

Les Etats-Unis sont face à un « précipice budgétaire » en raison de l'expiration prochaine des réductions d'impôts de l'ère Bush et des 1200 milliards de dollars de réductions automatiques des dépenses, deux éléments qui pourraient renvoyer l'économie américaine encore faiblarde en pleine récession.

Washington devrait en outre atteindre le plafond de sa dette (à 16 400 milliards de dollars) d'ici la fin de l'année, ce qui laisse entrevoir la possibilité d'un défaut de paiement si le Congrès ne décide pas de le relever.

Même si les marchés financiers pensent que le Congrès et la Maison Blanche trouveront un moyen d'éviter la catastrophe, le FMI a mis les dirigeants en garde contre une réaction inattendue des marchés s'ils venaient à voir la situation autrement.

Les banques centrales en Chine, dans la zone euro et en Grande-Bretagne ont toutes assoupli leur politique monétaire ces dernières semaines pour soutenir la croissance. La Réserve fédérale américaine a annoncé qu'elle serait prête à en faire plus si nécessaire.

Le FMI a expliqué que la BCE pouvait assouplir davantage sa politique et que les fonctionnaires des économies émergentes devraient se tenir prêts à gérer une baisse des activités commerciale et une volatilité accrue des flux de capitaux.

Economies émergentes

Le FMI a déclaré que les marchés émergents, longtemps sous les feux de la rampe, pâtissaient des troubles économiques de l'Europe. « Dans certains pays, le ralentissement récent de la croissance s'explique principalement par un retour à la tendance, et il faut donc éviter d'alimenter de nouveau les risques de surchauffe, en tenant dûment compte du risque que la croissance potentielle pourrait être plus faible que prévu. »

Même s'il est possible que les économies émergentes, comme la Chine, n'enregistrent plus un taux de croissance annuel de 10 %, la croissance de ces pays devrait rester solide.

« Il faut prendre les situations au cas par cas, mais de manière générale, nous pensons que [les économies émergentes] pourront faire grimper la demande et enregistrer un taux de croissance assez élevé », a déclaré Olivier Blanchard, économiste en chef du FMI, lors d'une conférence de presse.

« La question est de savoir si ces pays seront capables de gérer cette baisse de la demande. Nous pensons qu'elles disposent de l'espace politique pour le faire », a-t-il ajouté. « Nous pensons qu'elles pourront maintenir un taux de croissance élevé. »

EurActiv.com - traduit de l'anglais par Amandine Gillet

Publicité