Lors du sommet qui s’est tenu ce week-end (15 novembre) à Washington, les dirigeants mondiaux ont décidé que des mesures supplémentaires sont nécessaires pour stabiliser les marchés financiers et pour appuyer la croissance économique alors que la débâcle commence à toucher autant les nations développées que celles en développement.
« Nous sommes tombés d’accord sur la nécessité d’une réponse politique plus large fondée sur une coopération macroéconomique plus étroite, pour restaurer la croissance », ont indiqué les participants dans une déclaration.
Les mesures visant à stimuler la croissance comprennent notamment « des mesures budgétaires pour stimuler la demande interne » ainsi que des aides à destination des économies émergentes et en développement pour faciliter leur accès à la finance dans le contexte de la crise du crédit. En outre, les dirigeants ont décidé de « rejeter le protectionnisme », soulignant qu’au lieu d’atténuer les défis économiques et financiers, il les exacerbait.
Un programme incluant des réponses à court et à moyen terme a été présenté. Son objectif est de réformer le système financier international.
Réformer les institutions financière internationales
Une mesure immédiate, qui doit être prise avant le 31 mars 2009, prévoit d’élargir l’adhésion au Forum pour la stabilité financière (FSF) à un plus grand nombre d’économies émergentes.
A moyen terme, le G20 a décidé qu’un poids plus important et une plus grande représentation devraient être donnés aux économies émergentes et à celles en développement dans les institutions telles que les Fonds monétaire international (FMI) ou le Forum pour la stabilité financière (FSF). « Nous avons souligné que les institutions de Bretton Woods doivent être profondément reformées de manière à ce qu’elles reflètent de façon plus appropriée l’évolution des poids économiques dans l’économie mondiale et qu’elles répondent mieux aux défis à venir », ont indiqué les dirigeants mondiaux.
Régulation et supervision
D’ici la fin mars 2009, il faudra en outre « renforcer les obligations de publication des entreprises concernant les instruments financiers complexes » afin de remédier aux « faiblesses en matière de normes comptables et de transparence ».
Les régulateurs s’efforceront aussi « d’atténuer la procyclicité » des banques « en examinant notamment comment la valorisation et l’effet de levier, le capital bancaire, la rémunération des cadres et les pratiques en matière de constitution de provisions sont susceptibles d’exacerber les tendances cycliques ».
Les pays du G20 s’engagent également à procéder à « l’examen du champ d’application de la régulation financière, en mettant l’accent notamment sur les institutions, les instruments et les marchés non régulés à l’heure actuelle ». Il s’agirait ainsi de s’assurer que « toutes les institutions financières d’importance systémique sont régulées de manière appropriée ».
La réforme des agences de notations du crédit leur permettra « [d’éviter] les conflits d’intérêt, [de faire preuve] d’une plus grande transparence à l’égard des investisseurs et des émetteurs et [de traiter] différemment les notations pour les produits complexes ». A moyen terme, il conviendrait d’instaurer un système d’enregistrement pour toutes les agences de notation du crédit ainsi qu’une norme comptable mondiale.
Promouvoir l’intégrité des marchés financiers
Les mesures immédiates qui doivent être prises d’ici le 31 mars 2009 prévoient notamment « d’améliorer la coopération en matière de régulation entre les différentes juridictions aux niveaux régional et international » et de favoriser le partage d’informations concernant les menaces à la stabilité du marché.
Sur le moyen terme, les autorités devraient mettre en œuvre des mesures destinées à « protéger le système financier international des juridictions non coopératives et non transparentes qui présentent un risque d’activité financière illégale », notamment le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. « Le manque de transparence et l’absence de transmission d’informations fiscales doit être sérieusement traité ».
Renforcer la coopération internationale
D’ici la fin mars 2009, il faudra en outre prendre des mesures pour « créer des collèges de surveillance pour toutes les grandes sociétés financières transnationales afin de renforcer la surveillance des entreprises transnationales ».
A moyen terme, les autorités recueilleront des informations sur les domaines dans lesquels la convergence doit encore progresser, par exemple « les normes comptables, l’audit et la garantie des dépôts ».





