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Le G20 soutient le projet européen de réforme du système bancaire

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Publié 20 juin 2012, mis à jour 27 août 2012

L’Union européenne a obtenu le soutien des dirigeants mondiaux hier (19 juin) pour une réforme ambitieuse mais progressive de la zone euro, bien que la pression monte sur les marchés financiers pour qu’une solution rapide soit trouvée afin d’enrayer la crise qui menace l’économie mondiale.

L'Europe a expliqué au G20 qu'elle avait l'intention de travailler sur des étapes concrètes pour intégrer son secteur bancaire, une mesure que réclamaient depuis longtemps les Etats-Unis et d'autres pays pour que les Etats membres cessent de renflouer leurs banques en difficulté, ce qui ne fait qu'accroître leur dette.

Le président américain, Barack Obama, a déclaré que les dirigeants européens avaient compris l'urgence de la situation et qu'ils étaient conscients de la nécessité de mettre un frein à l'escalade de la crise de la dette.

« Aucune solution miracle ne permettra de tout régler [...] la semaine prochaine, dans deux semaines ou dans deux mois, mais chaque mesure montre que l'Europe avance vers une intégration renforcée plus que vers un démantèlement », a affirmé M. Obama à la presse à l'issue d'un sommet de deux jours sur la côte Pacifique.

La directrice du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, a salué les progrès effectués et a annoncé que « les graines du plan de relance paneuropéen avaient été plantées ».

Les dirigeants du G20 attendent à présent le sommet européen de la semaine prochaine qui, selon les fonctionnaires européens, devrait permettre de lancer un long processus d'intégration renforcée. L'établissement d'une union bancaire devrait être proposé et un plan détaillé devrait être élaboré d'ici décembre.

Les marchés financiers doivent encore être convaincus qu'un tel accord est possible. L'Allemagne refuse de prendre des risques à l'échelle de la zone euro si ses citoyens doivent payer la plus grande partie de la note, tandis que d'autres pays, comme la France et l'Italie, souhaiteraient que la situation se décante plus rapidement.

Bien que le danger d'une sortie de la Grèce de la zone euro ait été écarté suite aux élections de ce week-end, l'Espagne, la quatrième économie de la zone, risque toujours d'avoir besoin d'un sauvetage international complet. Ses rendements obligataires à long terme ont en effet dépassé les 7 %, le seuil qui, une fois franchi, avait forcé d'autres pays de la zone à demander un renflouement.

Les tensions sur l'économie mondiale et ces discussions intenses ne correspondent pas vraiment au cadre relaxant de Los Cabos, une station balnéaire à la pointe de la Basse-Californie mexicaine. La déclaration du sommet a été rédigée dans un hôtel proche du Desire Resort & Spa, un établissement réservé aux adultes naturistes.

Feuille de route pour la zone euro

Les dirigeants du G20 se sont accordés sur le fait que l'Europe, la région la plus riche du monde, devait absolument définir les mesures à prendre pour stabiliser les pays endettés de la zone euro, tout en établissant un plan clair pour une union financière, budgétaire et politique en vue de sauver l'union monétaire.

« Le G20 de Los Cabos a donné lieu à plus d'engagements que prévu. Les Européens ont placé la barre très haut et se sont engagés publiquement à améliorer leurs institutions pour le système bancaire et la situation budgétaire de l'UE », a déclaré Yves Tiberghien, professeur de sciences politiques à l'université de Colombie-Britannique.

Dans le communiqué du G20, les pays de la zone euro ont promis de prendre toutes les mesures politiques nécessaires pour protéger l'union monétaire. L'Europe compte également envisager des initiatives concrètes pour une architecture financière plus intégrée, y compris une supervision bancaire commune, la recapitalisation des banques, la liquidation des banques et les garanties pour les déposants, peut-on encore y lire.

Ces mesures contribueraient à briser le lien entre les dettes souveraines et les problèmes bancaires. Combinées à la discipline budgétaire et à différentes actions pour soutenir la croissance, il s'agit d'importantes étapes vers une intégration budgétaire et économique renforcée qui permettront de faire baisser les coûts d'emprunt, ont ajouté les dirigeants dans leur communiqué.

D'autres pays du G20 se sont également engagés à prendre des mesures pour soutenir l'économie mondiale qui a ralenti à environ 2,5 %. Les Etats en situation plus aisée se sont dits prêts à coordonner des mesures de relance budgétaire dans le cas où les conditions empireraient de manière significative.

Les Etats-Unis ont promis d'éviter le choc qui pourrait frapper leur économie début 2013, lorsque les réductions d'impôts expireront et que les réductions des dépenses prendront effet.

L'Italie a mis sur la table une proposition controversée pour que le fonds de sauvetage de la zone euro commence à acheter des titres de dette aux pays surendettés de la zone euro, comme l'Espagne et l'Italie, dans le but de faire baisser leurs coûts d'emprunt, ont expliqué des fonctionnaires européens.

Le président français, François Hollande, a déclaré que l'idée était digne d'intérêt. Les fonctionnaires italiens ont expliqué que cette proposition serait abordée lors de la réunion des ministres des finances de cette semaine. L'Allemagne a quant à elle déclaré qu'aucune initiative spécifique n'avait été débattue à Los Cabos.

Prochaines étapes : 
 
  • 22 juin 2012 : la France, l'Allemagne, l'Espagne et l'Italie organiseront un mini-sommet à Rome.
  • 28-29 juin 2012 : le programme pour la croissance devrait être finalisé lors d'un sommet de l'UE à Bruxelles qui devrait également aborder la possibilité d'une feuille de route pour le renforcement de l'intégration européenne.
EurActiv.com avec Reuters - traduit de l'anglais par Amandine Gillet
Contexte : 

Les dirigeants des pays du G20 qui représentent plus de 80 % de la production mondiale participent à une réunion de deux jours (18 et 19 juin) à Los Cabos au Mexique, dans le but de relancer la croissance et de créer de l'emploi, alors que l'économie mondiale s'essouffle.

Les pays BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) ont également promis d'accroître leurs contributions au Fonds monétaire international qui tente d'augmenter sa capacité pour éviter de futures crises financières.

Les pays BRICS ont proposé d'allouer 10 milliards de dollars (7,8 milliards d'euros) au FMI en échange d'une réforme du régime de vote qui leur accorderait une plus grande influence dans l'organisation.

La Chine a en outre promis de verser 43 milliards de dollars (34 milliards d'euros) dans le fonds d'intervention de crise du FMI qui a presque doublé pour atteindre 456 milliards de dollars (360 milliards d'euros).

La semaine dernière, la Banque mondiale a revu à la baisse ses prévisions de croissance mondiale en 2012 à 2,5 % et a déclaré que les pays en développement seraient confrontés à une longue période de volatilité des marchés financiers et à une croissance plus faible.

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