Dans une lettre envoyée lundi (21 mars) au président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, et à son homologue de la Commission, José Manuel Barroso, les leaders ont appelé à une action collective pour compléter le marché unique, ouvrir l’UE à davantage de commerce et supprimer les charges qui pèsent sur les affaires.
Cette lettre, également signée par les premiers ministres d’Etats qui n’appartiennent pas à la zone euro, à savoir le Danemark, la Pologne et la Lettonie ainsi que par la présidente lituanienne, Dalia Grybauskaitė, prévient que si des réformes fondamentales ne sont pas mises en place, cela mènera à « une faible productivité, un faible taux d’emploi, des pertes d’investissement et un déclin économique relatif ».
Cette déclaration a été accueillie par des critiques accusant la France et l’Allemagne de prendre l’agenda du sommet en otage avec leur « pacte de compétitivité » présenté en février qui incluait des projets de recul de l’âge de la retraite et des plafonds pour la dette dans les constitutions nationales des pays de la zone euro.
Le ministre britannique chargé des affaires européennes, David Lidington, a déclaré que la croissance serait plus importante aux yeux des électeurs que les questions relatives au pacte de stabilité pour les élections à venir en Allemagne, un test déterminant pour la coalition des chrétiens-démocrates menée par la chancelière Angela Merkel.
Se confiant à EurActiv en amont du sommet, il a affirmé : « Si vous frappez aux portes partout en Europe, que ce soit à Londres ou dans le Bade-Wurtemberg, vous verrez que c’est l’emploi, la croissance, l’investissement et le niveau de vie qui ouvriront des portes et que, malgré l’importance du mécanisme de stabilité, ce n’est pas la première chose dont les gens parleront.
Agenda de libre-échange
La lettre, également signée par les premiers ministres de la zone euro, l’Estonie, la Finlande, la Suède et les Pays-Bas, demande à la Commission européenne d'apporter des informations « dès que possible » sur les mesures prises pour l’ouverture du secteur des services, la réduction des professions réglementées, l’achèvement d’un marché intérieur de l’énergie et l’encouragement du commerce en ligne.
Les leaders ont demandé au Conseil européen et à la Commission de prendre toutes les mesures nécessaires pour conclure des accords de libre-échange avec l’Inde, le Canada, le Japon, le Mercosur et les pays de l’ASEAN avant la fin de l’actuel mandat de la Commission.
Ils ont également encouragé la Commission à présenter des propositions concrètes d’ici la fin de l’été afin d’exempter les petites entreprises de la réglementation européenne, et d’ici la fin de l’année à présenter des propositions pour un marché du capital-risque pleinement intégré et pour sortir de l’impasse dans laquelle se trouve actuellement le brevet européen.
L’Estonie, la Lettonie et la Lituanie, font partie d’un groupe de pays qui étaient également réticents au financement des renflouements de la zone euro, lorsque les autorités ont tenté d’assurer un accord sur le fonds permanent de renflouement très controversé cette semaine en amont du sommet.
Selon la lettre, une mise en place réussie des propositions ajouterait une valeur de 140 milliards d’euros à l’économie européenne.



