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Le sauvetage de la Grèce ou la politique de l'autruche

Publié 30 janvier 2012
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La Grèce se retrouvera dans une situation délicate lors du sommet des leaders européens ce lundi (30 janvier), bien que les nouvelles lacunes du second programme de sauvetage proposé au pays ne soient pas au programme.

Lors du Forum économique mondial de Davos vendredi dernier (27 janvier), le commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, a déclaré : « Davantage de financements seront nécessaire pour le secteur public, mais rien de dramatique. »

C'est la première fois que le commissaire reconnaît qu'il faudra davantage de fonds que les 130 milliards d'euros prévus dans le cadre du second plan de sauvetage de la Grèce. La limite des 130 milliards d'euros avait été qualifiée par la France et l'Allemagne de plafond à ne pas dépasser.

Aucun montant n'a jusqu'ici été précisé. Certaines rumeurs font mention d'un chiffre oscillant entre 12 et 15 milliards d'euros, ce qui ferait grimper le plan de sauvetage à 145 milliards d'euros.

Un fonctionnaire de l'UE a expliqué que cet écart ne toucherait pas les créanciers privés impliqués dans l'initiative du secteur privé (PSI). Le montant exact à rajouter ne sera calculé qu'après la conclusion de l'accord sur l'initiative du secteur privé, a affirmé ce fonctionnaire.

L'UE et la BCE vont combler le manque

M. Rehn a déclaré que les fonds supplémentaires seraient fournis par le secteur public et les institutions européennes. La Commission prévoit de répartir ce montant entre les Etats de la zone euro et la Banque centrale européenne. La BCE a jusqu'à présent refusé d'envisager une décote de ses titres grecs.

Le fait que les 130 milliards d'euros se révèlent insuffisants pose un nouveau problème alors que la conclusion lors du sommet de lundi d'un accord sur la participation du secteur privé semble de plus en plus difficile.

Des perspectives de croissance moroses

M. Rehn s'est montré optimiste et a déclaré que selon lui, un accord avec les banques pourrait être conclu ces prochains jours. « Nous sommes proches d'un accord entre le gouvernement grec et le secteur privé ». Cet accord, a-t-il ajouté, devrait de préférence être conclu en janvier et non en février.

Un fonctionnaire de l'UE a expliqué que la question de la Grèce ne serait pas abordée officiellement lundi. Il s’agit d’un problème que les dirigeants préfèreraient passer sous silence.

La Commission a présenté des propositions aujourd'hui visant à aider les Etats membres à utiliser les 82 milliards d'euros non utilisés dans le cadre des fonds de cohésion, et ce afin de stimuler la croissance. Il s'agira d'un des points clés au programme du sommet, mais ce fonctionnaire européen a laissé entendre que même si cela pouvait permettre de soulager les Etats face à la crise, cette proposition ne résoudrait pas le problème.

« C'est comme prescrire du paracétamol pour guérir un bras cassé », a-t-il déclaré.

Réactions : 

« La Grèce doit s'engager, mais aussi donner des résultats. Tous les engagements n'ont pas été respectés. Il s'agit d'un problème de confiance », a déclaré le ministre allemand des finances, Wolfgang Schäuble, lors du Forum économique mondial à Davos vendredi.

« Je ne pense pas que mettre à nouveau de l'argent sur la table soit la seule solution possible », a affirmé à Davos Jyrki Katainen, le premier ministre finlandais, indiquant qu'augmenter le montant du renflouement ne permettrait pas d'enrayer la crise de la dette.

Prochaines étapes : 
  • 30 janvier 2012 : sommet extraordinaire des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE.
Jeremy Fleming - traduit de l'anglais par Amandine Gillet
J'aimerais dire quelque chose
Contexte : 

Dans le cadre du plan de sauvetage de la Grèce, il est demandé aux créanciers privés d'accepter une décote nominale de 50 % de la valeur de leurs obligations grecques en échange d'un mélange de liquidités et de nouvelles obligations. Certains affirment toutefois que cette mesure pourrait se révéler insuffisante.

L'implication du secteur privé est l'élément phare du nouveau plan de sauvetage de 130 milliards d'euros qui devra être mis en place au mois de mars pour que la Grèce ne soit pas en défaut de paiement.

Mais les discussions ne progressent pas aussi rapidement qu'espéré. Le problème devient urgent, dans la mesure où un nouveau sauvetage de la Grèce par le FMI et l'UE est en jeu et dépend du succès de l'initiative du secteur privé.  De manière plus générale, l'échec des négociations sur la participation du secteur privé survient à un moment critique, en pleine crise de l'euro, ce qui ne fait qu'alarmer encore un peu plus les marchés.

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