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Les Danois proposent un dernier compromis sur la TTF

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Publié 21 juin 2012

Une taxe sur les transactions financières qui prendrait la forme d'un droit de timbre et exclurait temporairement les produits dérivés est la dernière proposition faite par la présidence danoise du Conseil de l'UE pour tenter de rallier la Grande-Bretagne à cette idée controversée. En cas d'échec, un groupe de dix Etats membres mené par la France et l'Allemagne a déjà indiqué qu'il progresserait de son côté.

La proposition danoise sera présentée aux ministres européens des finances lors de la réunion de demain (22 juin) à Luxembourg. Nombreux sont ceux qui pensent que cette rencontre sera la dernière opportunité d'aboutir à un accord à 27 sur cette taxe controversée.

Dans le cas où cette tentative échouerait, un groupe d'au moins dix Etats membres mené par l'Allemagne et la France devrait annoncer le lancement d'un mécanisme de coopération renforcée.

Il serait dès lors possible d'appliquer cette taxe au niveau européen pour les pays qui le souhaitent, comme l'a récemment expliqué EurActiv.

Le compromis proposé par la présidence danoise suggère une approche étape par étape avec, pour commencer, une base d'imposition étroite similaire à un droit de timbre », selon un document consulté par EurActiv.

Au début, la taxe ne s'appliquerait donc qu'à certains produits financiers, à savoir les transactions sur le marché secondaire concernant les actions et les obligations (mais pas les obligations souveraines) et peut-être les organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM), peut-on lire dans le texte de compromis danois.

Les produits dérivés ne seraient sujets à cette taxe qu'à un stade ultérieur pour rassurer les pays comme le Royaume-Uni où s'échangent la plupart de ces produits.

La Commission européenne avait proposé que les transactions sur les actions et les obligations soient taxées à un taux de 0,1 %, et celles sur les produits dérivés à 0,01 %. Il est également envisagé de revoir ces taux.

Alternatives

La présidence danoise n'exclut aucune option, mais propose une alternative dans le cas où il serait impossible de conclure un accord. Elle avance donc différentes options pour taxer et réglementer le secteur financier.

Si l'objectif est de tirer plus de revenus du secteur financier, d'autres taxes que la TTF pourraient être envisagées, ont expliqué les Danois.

Selon ce document, lors des débats au Conseil des ministres de l'UE, certains Etats membres auraient indiqué leur préférence pour d'autres types de taxes, comme une taxe bancaire, une taxe sur les activités financières. Certains se seraient également exprimés en faveur d'une réglementation directe du secteur financier.

Quelques pays refusent toutefois d'envisager des alternatives à la TTF. Aucune des propositions avancées par la Commission ne jouit d'un soutien suffisant au Conseil.

Coopération renforcée

Un diplomate européen a affirmé qu'en cas d'échec des négociations, une procédure de coopération renforcée serait la seule option. L'Allemagne prévoirait d'ailleurs d'annoncer des plans en ce sens vendredi, le cas échéant.

Berlin aurait besoin du soutien d'au moins huit autres pays pour soumettre une requête officielle à la Commission européenne qui évaluerait ensuite la faisabilité d'une coopération renforcée.

Jusqu'à présent, l'Union européenne n'a lancé qu'une seule procédure de coopération renforcée pour la création d'un brevet européen. Elle concerne 25 Etats membres sur 27.

Dix pays se sont déjà dits prêts à agir : l’Allemagne, l'Autriche, la Belgique, la Bulgarie, l'Espagne, la Finlande, la France, la Grèce, l'Italie et le Portugal. 

Réactions : 

Le commissaire européen à la fiscalité, Algirdas Šemeta, a déclaré : « La TTF est une opportunité à saisir. A partir d'une faible taxe, nous pourrions générer des recettes substantielles pour financer des mesures de croissance, soutenir des réformes fiscales ou relever des défis planétaires comme le développement et le changement climatique. Taxer le secteur financier n'est que justice. Les banques et les institutions financières ont reçu et continuent de recevoir un soutien massif du secteur public pour surmonter la crise. Il n'est pas déraisonnable de leur demander de participer, tout comme les autres secteurs le font, à notre relance collective. »

Le rapporteur du Parlement européen sur la TTF, Anni Podimata (Socialistes & Démocrates), a déclaré : « La TTF fait partie intégrante d'une sortie de la crise. Elle permettra de distribuer de manière plus équitable le poids de la crise. Cette taxe n'entraînera pas de délocalisation en dehors de l'UE car le coût d'une délocalisation sera plus élevé que le paiement de la taxe. »

L'eurodéputé tchèque Ivo Strejcek, rapporteur fictif sur la TTF pour le groupe des Conservateurs et Réformistes européens (CRE), a affirmé : « A travers l'Histoire, l'augmentation des impôts n'a jamais stimulé la croissance. Une TTF serait néfaste pour les consommateurs finals et les clients. Les banques ont besoin de plus de liquidités, donc pourquoi prélever des ressources du secteur financier ? Peu importe les efforts consentis pour l'éviter, le secteur financier, très mobile, fuira dans des zones sans TTF ou échangera des produits plus risqués, ce qui accroîtra la volatilité des marchés. »

Prochaines étapes : 
  • 22 juin 2012 : les ministres européens des finances (Ecofin) discuteront de la proposition de compromis sur la TTF.
Francesco Guarascio - traduit de l'anglais par Amandine Gillet

COMMENTS

  • Pour info: le gouvernement danois est strictement contre un taxe sur les transactions financières à moins qu'il soit global. Le gouvernement consiste de sociaux-démocrates, socialistes du peuple et sociaux-libéraux.

    By :
    Anne Albinus
    - Posted on :
    22/06/2012
Contexte : 

La taxe sur les transactions financières (TTF) est l'une des nombreuses options proposées pour taxer les banques et mettre un frein à la spéculation sur les marchés. De nombreux pays taxent déjà les actifs et les passifs des banques.

La Commission européenne et le FMI ont également examiné la possibilité d'une taxe sur les activités financières, qui viserait les bénéfices et les bonus.

Afin de réduire les contributions nationales au budget de l'UE, la Commission a proposé d'avoir recours à une TTF. Le Royaume-Uni est l'Etat le plus farouchement opposé à cette taxe, dans la mesure où il affirme que cette action encouragerait les banques à déplacer leurs activités vers des paradis fiscaux.

En mai, le Parlement européen a soutenu la proposition de la Commission.

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