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Les Etats-Unis d’Europe ne sont plus une utopie, selon Laurence Parisot

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Publié 28 juin 2012

Les dirigeants des organisations patronales européennes ont invité les décideurs politiques réunis aujourd’hui dans le cadre d'un sommet européen à soutenir l’intégration politique dans la zone euro. Selon Laurence Parisot, la présidente du syndicat patronal français Medef, l’idée d’Etats-Unis d’Europe « n’est plus une utopie ».

Les dirigeants des organisations patronales finlandaise, française, italienne, grecque, luxembourgeoise, polonaise et espagnole ont adopté un manifeste définissant cinq étapes nécessaires pour sortir l'Europe de la crise. Il a été soutenu par 41 organisations européennes.

Ce manifeste rédigé par l’organisation patronale européenne BusinessEurope appelle l'UE à permettre l'utilisation de son fonds de sauvetage européen, le MES, pour prêter de l'argent aux institutions financières « dans des conditions strictes ». L'organisation souhaite également que la Banque centrale européenne (BCE) puisse elle aussi accorder des prêts à ces institutions et acheter des obligations.

Le BCE devrait « intervenir sur les marchés de la dette souveraine dans la mesure qu'elle jugera nécessaire pour soutenir l'euro, et ce sur une période limitée, en attendant la mise en place d'autres instruments »

Les entreprises françaises réclament un ministre européen des finances

Laurence Parisot, la présidente du Medef (Mouvement des entreprises de France), l'organisation patronale française, est favorable à la création d'un ministère européen des finances, une initiative face à laquelle le gouvernement français préfère se montrer prudent.

« Le type d'union nécessaire reste à débattre, mais le Medef estime que le fédéralisme n'est plus une chimère et que les États-Unis d'Europe ne sont plus une utopie. Nous sommes favorables à la nomination d'un ministre européen des finances qui serait responsable devant le Parlement européen », a déclaré Mme Parisot.

Dimitris Daskalopoulos, le président du conseil d'administration de la Fédération hellénique des entreprises (SEV), pense qu'il est bon signe que les leaders semblent accepter la « dimension paneuropéenne de la crise [...] plutôt que de rejeter la faute uniquement sur la Grèce ».

« Il est temps que l'Europe décide si elle veut une union politique, ce qui est depuis toujours son objectif à long terme », a commenté M. Daskalopoulos lors d'un entretien accordé à EurActiv.

Les Allemands veulent plus de discipline avant la mutualisation des dettes

La position des chefs d'entreprise les rapproche du « camp franco-italien » qui a émergé lors des débats tendus en amont du sommet. La France et l'Italie sont en effet favorables à une intervention immédiate pour sauver les banques en difficulté et acheter des obligations.

Le premier ministre italien, Mario Monti, a déclaré mardi (26 juin) au parlement italien qu'il demanderait à nouveau que le Fonds européen de stabilité financière et le Mécanisme européen de stabilité, les deux pare-feu contre la contagion de la crise de la dette, soient utilisés pour apaiser la pression sur la dette italienne.

L'Italie propose d'utiliser les fonds de sauvetage pour réduire l'écart entre les Bunds allemands et les obligations émises par les pays qui respectent les règles budgétaires de l'UE.

Cette proposition a été vivement rejetée par l'Allemagne, la plus grande économie de l'Union européenne et son plus grand contributeur. Jens Weidmann, le puissant président de la banque centrale allemande, la Bundesbank, s'est lui aussi exprimé contre cette idée.

Réactions : 

« L'Europe a besoin d'un programme beaucoup plus solide en matière d'investissements et de compétitivité », a déclaré le président de BusinessEurope, Jürgen Thumann. « Les décideurs politiques ne peuvent pas continuer à proposer des mesures qui imposent plus de frais aux entreprises et ensuite se plaindre de nos mauvaises performances en termes de croissance », a ajouté M. Thumann.

« Nous sommes tous face à un moment de vérité, à présent », a commenté Laurence Parisot, la présidente du Mouvement des Entreprises en France (Medef).

« Je pense que l'ère du laisser-faire est complètement révolue, aujourd'hui nous pouvons dire que nos entreprises sont en danger, nos emplois sont en danger, nos niveaux de vie sont menacés. À ce stade, les solutions techniques à ce problème importent peu. Il nous faut d'abord une réponse politique. »

Prochaines étapes : 
  • 28-29 juin : sommet des chefs d'État et de gouvernement sur un pacte de croissance
Jeremy Fleming – Article traduit de l'anglais
La présidente du Medef, Laurence Parisot
Contexte : 

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a déclaré qu'il proposerait une feuille de route et un calendrier pour une intégration européenne renforcée lors du sommet des 28 et 29 juin prochains, sans écarter la possibilité d'une modification du traité visant à rendre l'Union plus fédéraliste.

Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, présentera ce 28 juin un rapport sur les différentes manières de renforcer l'intégration économique, notamment via des euro-obligations qui permettraient de mutualiser la dette européenne et de réduire les coûts d'emprunt d'économies fragiles comme l'Espagne ou l'Italie.

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