Le cabinet de M. Monti a rejeté des informations de source inconnue publiées par le Corriere della Sera, indiquant qu'il envisageait d'organiser des élections anticipées à l'automne prochain. Les partis qui soutiennent son gouvernement technocrate ont exclu de lui retirer leur soutien au parlement.
« Il n'y a aucun risque pour le gouvernement, au vu de la situation internationale. Personne ne prendra le risque de causer une crise du gouvernement », a déclaré au quotidien Il Tempo le dirigeant du parti PDL de centre-droit au parlement, Fabrizio Chicchito.
Enrico Letta, le dirigeant adjoint au Parti démocratique de centre-gauche, a également rejeté l'idée de négociations pour des élections anticipées. « Le gouvernement fait son travail et il le fait bien », a-t-il affirmé à la chaîne de télévision SkyTG24.
Les marchés craignent l'impasse politique
Les marchés ont vivement réagi au risque de voir le pays bloqué dans une impasse politique après les élections de l'année prochaine, lorsque le gouvernement technocrate de M. Monti devra céder le pouvoir. En conséquence, les coûts d'emprunt de l'Italie sont montés à des niveaux qui pourraient échapper à tout contrôle.
L'incertitude politique est l'un des éléments cités par l'agence de notation Moody's lorsqu'elle a dégradé de deux crans la note du pays au début du mois. Les fonctionnaires du Trésor rejettent toutefois les rumeurs selon lesquelles l'Italie pourrait être confrontée à des difficultés sur le marché, où elle doit encore lever 170 milliards d'euros avant la fin de l'année.
La pression s'intensifie toutefois : les rendements obligataires italiens à dix ans sont passés à 6,2 %, soit plus de 500 points de base que les obligations allemandes. Cette évolution reflète les craintes politiques ainsi que les inquiétudes liées aux retombées économiques de la crise de la dette en Espagne et en Grèce.
M. Monti, qui ne sera pas candidat en 2013, a fait de son mieux pour restaurer la crédibilité de l'Italie sur la scène internationale depuis que les agitations des marchés financiers ont forcé l'ancien premier ministre, Silvio Berlusconi, à démissionner l'année dernière. M. Monti doit pourtant faire face à une hostilité de plus en plus persistante.
Son gouvernement a adopté une série de hausses d'impôts, de réductions budgétaires et de réformes visant à réduire la dette publique italienne (aujourd'hui à 2 000 milliards d'euros) et à renforcer son économie stagnante. Ces décisions ont profondément froissé ses détracteurs de gauche comme de droite.
Il a dû faire face à un mécontentement croissant face à des mesures d'austérité qui ont fait grimper les taxes à des niveaux record et à des diminutions des dépenses à tous les niveaux. Toute tentative de révolte politique sérieuse a toutefois été écartée par la peur de voir les marchés s'agiter en cas de chute du gouvernement.
Le retour de Silvio Berlusconi ?
Dimanche (22 juillet), le sentiment d'incertitude s'est à nouveau renforcé en raison de l'une des grandes questions qui planent encore sur les élections de l'année prochaine : le retour possible de M. Berlusconi comme candidat de centre-droit.
Le quotidien Libero, traditionnellement très proche du magnat des médias, a rapporté que l'idée de la candidature de M. Berlusconi en 2013 faisait figure de « blague » plutôt que de véritable projet.
Ces informations ont rapidement été démenties par les services de M. Berlusconi, mais le quotidien Il Giornale, qui appartient à son propre frère, a déclaré que l'ancien premier ministre ne déciderait pas avant octobre s'il se porterait candidat ou jouerait un rôle plus effacé.
Le PDL a eu des difficultés à contenir ses divisions internes suite au départ de M. Berlusconi. Les conservateurs convaincus du parti ont adopté une ligne de plus en plus anti-européenne, alors que le parti est traditionnellement pro-européen.
Des sondages d'opinion récents ont toutefois révélé que si M. Berlusconi se présentait, il perdrait les élections au profit du centre-gauche, ce qui forcerait le PDL à se battre pour la deuxième place contre le Mouvement cinq étoile contestataire mené par le comédien Beppe Grillo.
Tout cela dépendra surtout de la capacité des divers partis à conclure un accord sur les lois électorales décriées de l'Italie, décrites comme pitoyables par l'ancien ministre qui en avait pourtant supervisé l'introduction en 2005.
La modification du système est depuis des mois au coeur des discussions des fonctionnaires du parti. Ce système permet aux électeurs de choisir un seul parti ou une coalition de partis, et non des candidats individuels. Pour l'instant, l'absence d'accord ne permet pas d'entamer sérieusement le processus électoral.




