M. Barroso a déclaré que le ralentissement de l'économie, associé à une sévère crise de confiance envers les dirigeants de l'UE et leur capacité à trouver des solutions, était le plus grand défi de l'histoire du projet européen.
« Beaucoup de nos citoyens ont peur devant l'avenir. Il y a comme jamais un danger de repli national, pour ne pas dire nationaliste », a affirmé M. Barroso, s'exprimant en français à Strasbourg au Parlement.
« Les réponses populistes remettent en cause les grandes réussites de l'Union européenne: l'euro, le marché unique, et même la liberté de circulation des personnes », a-t-il ajouté. « Si nous n'avançons pas dans l'intégration, nous risquons la fragmentation », a prévenu le président de la Commission.
Même si la situation reste complexe, M. Barroso reste convaincu que des solutions à la crise existent. « L'Europe a un avenir », a-t-il déclaré, ajoutant que celui-ci dépendait de la volonté et du leadership politiques des dirigeants nationaux.
Selon M. Barroso, les problèmes auxquels l'Europe est confrontée aujourd'hui ne proviennent pas des institutions européennes, mais bien des intérêts nationaux.
Il a critiqué les dirigeants, affirmant qu'ils ne soutenaient pas l'euro devant leur public national.
« Mais nous devons leur demander : « Donnez-vous des arguments en faveur de l'Europe ? Défendez-vous l'euro ? Avez-vous expliqué à vos citoyens ce que nous aurions à perdre si nous ne respections pas nos engagements communs ? » Nous devons défendre l'Europe », a-t-il expliqué.
M. Barroso a fait des déclarations fortes et a présenté des propositions concrètes. Sous les applaudissements des eurodéputés, il a déclaré : « La Grèce est et restera membre de la zone euro ». Il a également affirmé que la Commission présenterait une proposition pour une représentation extérieure unifiée de la zone euro.
Comme l'expliquait précédemment EurActiv, le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, se verra attribuer le nouveau rôle de président de la zone euro au même titre que les chefs d'Etat et de gouvernement.
Il a également avancé que la Commission présenterait plusieurs options pour l'introduction d'« obligations de stabilité » dans les semaines à venir. Cette émission de titres de dette communs sera assortie de règles qui récompenseront ceux qui appliquent les règles et dissuaderont les autres de s'en écarter, a-t-il ajouté.
Ces « obligations de stabilité » ne requerraient apparemment pas de modification des traités de l'UE. Cependant, M. Barroso a précisé qu'une modification des traités pourrait se révéler nécessaire pour surmonter les contraintes de l'unanimité dans le processus de prise de décision de l'Union.
Enfin, M. Barroso a annoncé que la Commission avait adopté aujourd'hui une proposition pour une taxe sur les transactions financières qui, selon lui, permettrait de générer plus de 55 milliards d'euros par an (en savoir plus sur la TTF). Cette proposition a toutefois été critiquée par la principale association d'employeurs de l'UE, BusinessEurope.
Les trois plus grands groupes politiques ont quant à eux largement soutenu cette idée. Les principaux détracteurs de la TTF sont issus des partis de gauche et de droite, ainsi que des partis eurosceptiques (voir « Réactions »).



