La réunion, qui doit se tenir à Berlin le 22 février, regroupera quatre membres européens du G20 : la France, l’Allemagne, l’Italie et le Royaume-Uni. Les principaux sujets abordés seront l’amélioration de la supervision et de la régulation financière au niveau européen et mondial.
Le week-end dernier, le président français, Nicolas Sarkozy, a proposé qu’une réunion de l’Eurogroupe au niveau des chefs d’Etats et de gouvernements ait lieu, à l’instar de celle tenue en octobre à Paris, en pleine crise financière.
L’idée, évoquée à l’origine dans un article du Monde, consistait à élargir la réunion pour y faire participer le Premier ministre britannique, Gordon Brown. M. Sarkozy souhaitait également profiter de cette réunion pour faire part de sa déception à l’égard de l’actuelle présidence tchèque de l’UE, qui est qualifiée dans l’article de trop « passive ». La République tchèque n’est pas membre de l’Eurogroupe, celui-ci ne comprenant que les 16 Etats membres de l’UE utilisant l’euro comme monnaie.
Mais l’Allemagne a rejeté la proposition. Thomas Steg, porte-parole d’Angela Merkel, a déclaré hier (2 février), lors d’une conférence de presse, que la chancelière ne pensait pas qu’une réunion de l’Eurogroupe au niveau des chefs d’Etats et de gouvernements soit nécessaire.
La réunion restreinte devrait provoquer quelques froncements de sourcils en Espagne et aux Pays-Bas, ces deux pays ayant participé au dernier sommet du G20 à Washington, après une longue dispute avec leurs partenaires européens (EurActiv 14/11/08).
Cependant, les capitales disposeront d’une seconde occasion pour influencer la position de l’UE avant la réunion à Londres, et ce au cours d’un sommet officiel de l’UE prévu les 19 et 20 mars à Bruxelles. Le premier échange officiel d’opinions sur le sujet pourrait déjà avoir lieu la semaine prochaine lors de la réunion des ministres des Finances à Bruxelles, selon une source du Conseil de l’UE.
Des conflits pourraient également éclater à Berlin, non seulement en raison de ceux qui ne participent pas à la réunion, mais aussi parmi les présents. L’Italie, par exemple, va probablement saisir l’occasion pour soumettre une nouvelle fois au débat l’idée d’émettre des obligations européennes communes – ou d’emprunts soutenus par le budget européen – pour lever plus facilement des fonds sur les marchés financiers asséchés.
Mais l’Allemagne continue de rejeter l’idée (EurActiv 20/01/09). Le président de la Bundesbank, Axel Weber, a déclaré dimanche au quotidien Handelsblatt que l’émission d’obligations européennes entraverait la discipline financière qui est au centre de la monnaie unique européenne. La responsabilité personnelle à l’égard des politiques financières et l’engagement de chaque Etat membre à disposer de finances publiques solides sont les éléments constitutifs de l’union monétaire européenne, a-t-il déclaré au quotidien. Ces éléments ont toujours été une préoccupation de l’Allemagne et l’un des pré-requis du pays pour l’acceptation de la monnaie unique, selon Reuters.



