Ces réformes, réclamées par les chefs d'État et de gouvernement européens lors de leur sommet de juin, visent à briser le lien entre les banques et les gouvernements, à empêcher les pays lourdement endettés de continuer à s'enfoncer à cause des prêteurs désespérés.
Les propositions présentées par le commissaire européen au marché intérieur, Michel Barnier, contiennent un règlement du Conseil de l'UE accordant de nouveaux pouvoirs à la Banque centrale européenne. Elles devront recueillir le soutien des États membres de l'UE à l'unanimité.
Une seconde proposition de règlement visant à modifier le rôle de l'Autorité bancaire européenne (ABE) à Londres sera soumise à une procédure de codécision et nécessitera l'accord du Parlement européen.
Des propositions controversées
Conformément à cette proposition, la BCE serait à la tête du système des régulateurs nationaux actuellement fragmenté et aurait le pouvoir de contrôler, de pénaliser et même de fermer des banques dans la zone euro.
La BCE aurait également le pouvoir de superviser les liquidités des banques et d'enjoindre les établissements à conserver davantage de capitaux pour se protéger contre toute future perte.
Ces propositions sont controversées. Même si elle sera un membre clé de ce processus, l'Allemagne s'inquiète de voir cette nouvelle supervision couvrir toutes les banques, y compris ses banques d'État (Landesbanken), qui jouissent de relations privilégiées avec les administrateurs politiques de la première économie de l'UE.
Londres craint quant à elle que la BCE, forte de ses nouveaux pouvoirs, impose une réglementation qui menacerait la position de la capitale britannique considérée comme le centre financier de facto de l'Europe. La Suède et le Danemark partagent ces craintes.
Dans le même temps, les pays non membres de la zone euro qui ont promis de la rejoindre partagent un objectif, celui de protéger leur secteur bancaire des répercussions de la crise qui touche les établissements bancaires à leurs frontières, alors qu'ils abritent de nombreuses banques mères et filiales et détiennent des investissements sur leurs territoires.
Un accord rapide pour échapper aux négociateurs
Ces États veulent en outre s'assurer que s'ils rejoignent le mécanisme de supervision avant d'adopter l'euro, toute exigence de mise en conformité sera compensée par le droit de consulter les propositions du nouveau super-régulateur et de donner leur avis sur ces propositions.
La Commission cherche à conclure un accord rapidement, dans l'espoir de voir la BCE assumer ses nouvelles fonctions dès le début de 2013 et commencer à superviser la moitié du secteur bancaire de la zone euro dès mi-2013.
Parvenir à un accord sur les termes de l'union pourrait toutefois s'avérer complexe et retarder l'introduction du nouveau régime au-delà de l'objectif fixé par les dirigeants de la zone euro. Comme l'a rapporté EurActiv, les États non membres de la zone euro ont indiqué que la réglementation de l'ABE pourrait faire l'objet de retards au Parlement européen.
Les propositions d'établir un fonds pour fermer les banques en difficulté et un programme pour protéger les dépôts des citoyens dans la zone euro devraient suivre.





