La note de l'Italie n'est plus que deux crans au-dessus de la catégorie spéculative, ce qui risque de faire grimper ses coûts d'emprunt déjà élevés.
Ce sévère avertissement de Moody's, qui a mis en exergue la vulnérabilité de l'Italie face aux chocs politiques dans la zone euro et pourrait renforcer les inquiétudes sur la crise de la dette, a fait chuter l'euro d'un quart de centime à 1,2190 dollar sur les marchés asiatiques.
« La notation souveraine de l'Italie pourrait à nouveau être dégradée si les perspectives économiques du pays se détériorent davantage ou s'il rencontre des difficultés à mettre en oeuvre les réformes », a fait savoir l'agence dans un communiqué.
« Si l'accès aux marchés de la dette publique se restreint pour l'Italie et que le pays demande une aide extérieure, sa notation souveraine risque de chuter à des niveaux bien plus bas. »
Moody's Investors Service a donc décidé de se montrer plus sévère que d'autres agences comme Standard & Poor's Ratings Services et Fitch Ratings.
Mauvais moment
Le moment ne pouvait pas être plus mal choisi pour l'Italie qui s'apprête à émettre 5,25 milliards d'euros d'obligations ce vendredi, dont des titres à trois ans. Certains espéraient que les coûts d'emprunt baisseraient lors de l'émission en raison des progrès réalisés sur le renflouement des banques espagnoles.
« Je suppose que cela va peser sur le taux des obligations italiennes ou les faire monter cette nuit et éventuellement exacerber les craintes européennes », a commenté Shane Oliver, économiste en chef chez AMP Capital Markets à Sydney.
« C'est un signe des temps. Je suppose que nous allons assister pendant un long moment à l'abaissement des notes des principaux pays européens. »
Détérioration des conditions de financement
Moody's a prévenu qu'une nouvelle détérioration des conditions de financement en raison des récents chocs financiers et économiques dans les pays de la zone euro risquait de faire encore baisser la note de l'Italie.
En revanche, la mise en oeuvre de réformes économiques et de mesures budgétaires capables de relancer la croissance et d'assainir les finances publiques pourrait conduire à une perspective stable, a poursuivi Moody's.
L'agence a également abaissé la notation maximum pouvant être attribuée à un emprunteur public italien de Aaa à A2. L'abaissement de ce plafond reflète des risques plus importants de turbulences financières et économiques, a ajouté l'agence.
Moody's a expliqué que cette dégradation se justifiait par l'exposition accrue de l'Italie au risque politique que représenterait notamment une sortie de la Grèce de la zone euro ou une nouvelle demande d'aide de la part de l'Espagne.
L'agence a expliqué que le pays était confronté à des problèmes de financement toujours plus sévères en raison de l'importance de sa dette et que ses besoins d'emprunt pourraient être de 415 milliards d'euros en 2012-2013. Sa base d'investisseurs à l'étranger pourrait en outre se réduire.
Moody's a également annoncé une nouvelle détérioration de l'économie italienne qui devrait se contracter de 2 % en 2012, ce qui devrait compliquer la tâche du pays qui se doit d'atteindre des objectifs budgétaires définis.





