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Un représentant de la BCE émet des doutes sur le rapport Larosière [FR]

Publié 03 mars 2009
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Hier (2 mars), la BCE a émis des doutes sur l’efficacité du mécanisme de gestion d’une  éventuelle faillite d'une banque transfrontalière, proposé dans le rapport Larosière. Mais reste à savoir comment les décisions seront prises et qui en supportera les charges, selon le chef de l’organe de surveillance de la BCE. 

S’exprimant devant le Parlement européen, lundi (2 mars), Peter Praet, président du comité de surveillance bancaire de la BCE, a déclaré aux eurodéputés et aux journalistes que la Banque saluait le rapport Larosière, qui est, selon lui, à la fois visionnaire et pragmatique. Néanmoins, il a souligné que le pragmatisme avait des inconvénients, et que le point faible du rapport résidait dans le mécanisme de résolution de crise. 

Conformément aux propositions du groupe Larosière, le comité, présidé par M. Praet, devrait être remplacé par un conseil européen du risque (ESRC), un organe composé de régulateurs nationaux. Mais il n’y a eu jusqu’ici aucune proposition visant à créer un régulateur européen unique. 

Devant le Parlement, M. Praet a avancé que le nouveau système auquel appelle le groupe Larosière ne  clarifie pas la question  de savoir qui partagera les charges en cas de faillite d’un groupe bancaire européen transfrontalier, comme cela a déjà été le cas avec les groupes belges Fortis et Dexia. De plus, il a souligné qu’on ne savait pas encore si la proposition du rapport de donner mandat aux superviseurs de se tourner vers les gouvernements nationaux lors des crises sera ou non suivie d’effets. 

Le problème concerne non seulement la microsupervision (pour les groupes transfontaliers) mais également la macrosupervision (pour les questions macroéconomiques). M. Praet a déclaré aux journalistes que si le superviseur, grâce au mécanisme d’alerte rapide, demande à la Hongrie de prendre une mesure monétaire spécifique, il n’est pas sûr que le gouvernement s’y conforme. 

Il a également exprimé des inquiétudes quant au rôle de la BCE dans la supervision courante des banques multinationales. Le rapport Larosière confère en effet aux experts de la BCE un rôle d’observateurs lors des rencontres des collèges ad hoc de superviseurs, qui devraient être créés avant la fin de l’année pour chacune des quarante institutions financières transfrontalières européennes. 

Mais reste à savoir à quel point l’information sur les groupes uniques sera librement rassemblée par les superviseurs de la BCE, qui sont censés compléter le rôle des superviseurs nationaux. Bien qu’il ait salué le nouveau rôle de la Banque, M. Praet s’est demandé si l’équipe sera suffisamment grande pour le remplir et de combien de temps nécessiteront les nouveaux superviseurs pour développer une connaissance globale des groupes financiers spécifiques. 

M. Praet a en outre fait remarquer que les collèges de superviseurs ne sont toujours pas en place. Moins de vingt collèges sur quarante fonctionnent actuellement, et ils ne se rencontrent que quelques fois par an. Il s’est par ailleurs demandé si la BCE allait agir au sein de ses propres collèges extérieurs.

Prochaines étapes : 
  • 4 mars : la Commission européenne doit publier un rapport en réponse des propositions du rapport Larosière. 
Contexte : 

Le groupe ad hoc de haut niveau chargé du dossier de la supervision financière a été mis en place par l’exécutif européen en octobre dernier, afin qu’il propose des solutions pour l’avenir. 

Toutefois, dès la création du groupe d’experts, dirigé par Jacques de Larosière, ancien directeur général du Fonds monétaire international, des plaintes se sont élevées (EurActiv 23/10/08).

Le rapport très attendu du groupe a été publié le 25 février. Le document y fait une distinction entre la micro- et la macrosupervision. Malgré une demande officielle de la Banque central européenne (BCE) de se voir confier un rôle dans les deux domaines, le rapport exclut toute compétence de la Banque en matière de microsupervision (EurActiv 26/02/09).

De telles tâches pourraient empiéter sur le rôle principal de la BCE de garantir une stabilité monétaire dans la zone euro, selon le rapport. La Banque devrait à la place se limiter à un rôle de surveillance macroprudentielle, qui devrait être partagé avec d’autres acteurs. 

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