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Réforme financière : soutien des leaders européens [FR]

Publié 19 juin 2009
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Aujourd’hui (19 juin), les dirigeants européens sont proches d’un accord sur un texte qui devrait ouvrir la voie à une réforme substantielle de la surveillance financière au niveau européen. L’accord survient deux jours après l’annonce par le président américain Barack Obama d’une révision majeure des règles américaines de surveillance.

Après un long débat lors du Conseil européen de deux jours à Bruxelles, les chefs d’Etat et de gouvernement sont sur le point de donner leur feu vert à un document commun, et ont apparemment dépassé deux écueils majeurs qui mettaient en péril la réforme cruciale de l’architecture du contrôle financier en Europe.

L’enjeu portait sur la proposition de la Commission européenne sur le rôle des nouvelles autorités européennes de gestion des groupes transfrontaliers, ainsi que la question des pouvoirs de la Banque centrale européenne dans le cadre du nouveau Conseil européen du risque systémique (CERS), qui enverra des signaux d’alarme quand le système financier court un risque.

Le Royaume-Uni guidait les critiques sur ces deux sujets. Cependant, les pressions d’autres poids lourds de l’UE, en particulier de la France et de l’Allemagne, et les nouvelles en provenance de Washington des plans ambitieux de M. Obama sur la surveillance financière ont poussé le premier ministre britannique Gordon Brown à accepter le compromis, qui prend en compte les doléances britanniques.

Pour ce qui concerne la supervision à petite échelle des banques et des sociétés d’assurance transfrontalières européennes, la Commission a proposé que trois nouvelles autorités européennes, y compris le nouveau système européen des superviseurs financiers, devraient avoir le dernier mot en cas de différends entre les organismes de contrôle nationaux.

Le texte qui doit être approuvé par les dirigeants européens aujourd’hui affirme que le système européen de superviseurs financiers devrait avoir des pouvoirs de prise de décision contraignants et proportionnés, pour ce qui est du respect par les superviseurs de leurs obligations en cas de désaccord entre les superviseurs de l’Etat d’origine et de l’Etat hôte, y compris à l’intérieur des collèges de superviseurs.

On peut soutenir qu’une telle manœuvre signifierait que si les autorités italiennes et polonaise n’étaient pas d’accord sur la recapitalisation d’une banque italienne opérant en Pologne, par exemple, il reviendrait aux superviseurs européens de régler la question avec des décision contraignantes. Cela représente un abandon significatif de pouvoirs nationaux.

Cependant le projet de texte ne met en place aucun accord sur la question controversée du partage des charges. Le Conseil européen met en avant le fait que les décisions prises par les autorités de surveillance européennes ne devraient empiéter en aucun cas sur les responsabilités fiscales des Etats membres, explique le projet de document.

Si des institutions financières majeures devaient s’effondrer comme ce fut le cas lors de la crise actuelle, il n’y aura aucune compétence européenne pour établir quel pays devra payer l’addition et par quels moyens. Les intérêts nationaux devraient encore prévaloir sur cette question.

Pour ce qui est de la supervision à grande échelle, le compromis prévoit que les membres du Conseil général de la Banque centrale européenne éliront le président du Conseil européen du risque systémique. La Commission a proposé que le président de la BCE préside également le nouveau conseil.

Le texte donne plus de pouvoirs au Conseil général, qui se compose des gouverneurs des banques centrales de tous els Etats membres de l’UE. Il reste à voir quel type de majorité sera nécessaire pour élire le président. Une majorité simple pourrait donner plus de pouvoirs aux 16 membres de l’eurozone sur les 11 pays non membres de l’eurozone à l’intérieur du Conseil général.

On attend maintenant de la Commission européenne qu’elle propose des mesures législatives détaillées cet automne, sur la base de l’accord conclu aujourd’hui au plus haut niveau politique.

Réactions : 

Le Président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a commenté : Je me réjouis pleinement des résultats politiques atteints aujourd’hui au Conseil européen, à savoir sur la surveillance financière. Le nouveau système de forcera pas le gouvernement d’un Etat membre à prendre des décisions fiscales contre son gré. Mais il contribuera à éviter que les institutions transfrontalières s’effondrent et entraînent les autres dans leur chute. Cela devrait épargner pas mal d’argent aux contribuables à travers l’Europe.

Lorenzo Bini Smaghi, membre du conseil exécutif de la Banque centrale européenne (BCE), a accueilli froidement l’annonce de l’accord du Conseil européen. En faisant remarquer que les dirigeants n’ont pas résolu le problème clé du partage des charges, il a déclaré dans un article publié dans le Financial Times que la rencontre de la semaine dernière entre les dirigeants des Etats européens a décidé de ne pas se décider sur cette question. Espérons seulement que nous ne devrons pas attendre la prochaine crise pour que faire un choix clair.

Bien que certaines questions subsistent sur le fonctionnement réel de l’ESRB lui-même, la chose la plus importante à est d’avoir un système efficace et opérationnel, a déclaré Guido Ravoet, le secrétaire général de la Fédération bancaire européenne (FBE). Nous serons maintenant capables de progresser réellement sur la base de ces évènements clé, a-t-il ajouté. 

Cependant, la FBE a aussi exhorté les législateurs à résoudre la question d’un partage de charge commun, pour permettre un fonctionnement total et efficace de la surveillance conjointe, avant de passer aux prochaines étapes, peut-on lire dans une déclaration.

Prochaines étapes : 
  • Automne 2009 : la Commission doit proposer des mesures législatives détaillées sur la surveillance financière.

Contexte : 

La crise financière a créé le besoin d’une meilleure surveillance au niveau européen des institutions financières, qui sont principalement contrôlées par les autorités nationales même si l’industrie est de plus en plus engagée dans des activités transfrontalières.

Selon les chiffres de la Commission européenne, il y a plus de 8 000 banques en Europe, mais les deux tiers du total de leurs avoirs sont détenus par quelque 40 institutions multinationales.

Un groupe ad hoc de haut niveau sur la surveillance financière a été établi par l’exécutif européen en octobre dernier pour émettre des propositions sur la supervision financière. Le panel, présidé par Jacques de Larosière, formellement directeur général du Fonds monétaire international, a présenté son rapport en février dernier.

En mai 2009, la Commission a pleinement avalisé le rapport Larosière, et a proposé un projet de plan destiné à renforcer les pouvoirs de la Banque centrale européenne en matière de supervision à grande échelle pour prévenir les risques systémiques, et pour améliorer la coopération nationale sur la supervision à petite échelle des groupes financiers transfrontaliers (EurActiv 28/05/09).

Des divergences claires entre les Etats membres sur les propositions se sont fait jour au Conseil Ecofin le 9 juin (EurActiv 10/06/09).

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