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Le sommet n’éclaircit pas la question du montant des actifs toxiques [FR]

Publié 02 mars 2009 - Mis à jour 01 mars 2009
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Lors de la rencontre d’aujourd’hui (1 mars), les leaders européens se sont mis d’accord sur une approche flexible pour traiter les actifs toxiques et dépréciés des banques européennes, bien que des incertitudes subsistent quant à leur nombre et à leur valeur. Les dirigeants ont également fait pression pour que la supervision financière de l’UE soit révisée d’ici au mois de juin.  

Les conclusions de la réunion soulignent « qu'il importe de s'occuper des actifs toxiques des banques […] conformément aux lignes directrices fournies par la Commission et dans le plein respect des règles de concurrence ». Le 25 février, l’exécutif européen a appelé à l’adoption au niveau national d’une approche coordonnée - dont l’objectif final est qu’elle soit flexible - pour s’occuper de ces actifs, qui sont à l’origine de la crise actuelle et qui incluent les titres adossés à une hypothèque (EurActiv 26/02/09).

Le niveau d’exposition des banques européennes à ces produits financiers toxiques reste flou. Le Premier ministre italien, Silvio Berlusconi, a déclaré aux journalistes au sortir de la réunion qu’il n’y a aucune certitude quant au montant des actifs toxiques détenus par les banques européennes. 

Certaines banques centrales estiment que le montant de ces actifs équivaut à trois fois les ressources du système bancaire européen, bien que tous les actifs toxiques ne soient pas sans valeur, a-t-il ajouté. 

Structures de défaisance ou non ? 

Les leaders européens ont également décidé d’autoriser les Etats membres à créer des « structures de défaisance » afin d’absorber les actifs toxiques et de permettre au système bancaire de se relever plus rapidement. Néanmoins, certains gouvernements ont déjà exclu cette possibilité. 

Le président français, Nicolas Sarkozy, s’oppose à la mise en œuvre de cette pratique en France, car les structures de défaisance signifient la nationalisation des pertes, a-t-il indiqué aux journalistes au sortir du sommet informel. 

M. Berlusconi a exprimé un point de vue similaire. Il a relevé que l’Italie n’avait pas besoin de structures de défaisance parce que les banques italiennes ne sont pas habituées à parler anglais, faisant ainsi référence à l’origine prétendument anglo-saxonne de la crise financière. 

Un accord sur la supervision financière avant le mois de juin

Les conclusions de la réunion ont pris en compte le rapport de groupe présidé par M. Larosière sur la supervision financière qui propose une réforme de la supervision financière européenne réaliste, plutôt qu’ambitieuse (EurActiv 26/02/09). 

A cet égard, le texte souligne que les premières décisions doivent être prises avant le mois de juin après un examen approfondi par le Conseil Ecofin. Mais des observateurs critiques se plaignent que le report d’un accord européen sur la supervision financière au mois de juin, à la place du mois de mars comme il était prévu au départ, aura un impact sur la capacité de l’UE à influencer les discussions relatives à l’architecture financière mondiale au sommet du G20. Ce dernier doit se tenir le 2 avril à Londres, c’est-à-dire probablement avant que les représentants européens n’aient pu s’accorder sur une position commune. 

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