Si cette crise a un côté positif, il s’agit bien du soutien plus important concernant l’utilisation des impôts pour augmenter les revenus, surtout une taxe Tobin et la résorption de l’évasion fiscale, a dit Geoff Lloyd, conseiller principal du Centre de politique et d'administration fiscale de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), lors d’une audition devant le Parlement européen hier (2 décembre).
L’idée d’une taxe sur les transactions financières, émise par l’économiste James Tobin, devrait rester crédible, bien qu’elle ait été passée sous silence au G20 de Pittsburg en septembre. La Commission européenne, qui établit l’agenda de l’UE, est également en train d’examiner les mérites de la taxe.
Taxe entravée par l’incertitude
Bien que les récentes déclarations du premier ministre britannique Gordon Brown ont également montré qu’il avait reconsidéré ses critiques à l’égard de la taxe Tobin, le débat reste marqué par les doutes.
Est-ce qu’une telle taxe pourrait causer du tort à l’Europe si elle existait seulement dans la juridiction de l’UE ? A quoi les recettes de la taxe seront-elles allouées et quel type d’instrument financier sera concerné ?
L’OCDE a reconnu son scepticisme à l’égard de la taxe, mais a depuis « bouclé la boucle ». M. Lloyd a dit aux eurodéputés que la taxe devrait être considérée comme une option viable.
Cet accord de principe de M. Lloyd a été repris par des membres du Parlement européen et des universitaires, mais, de façon prévisible, a rencontré l’opposition du PDG du London Stock Exchange Xavier Rolet.
Le Royaume-Uni a déjà une taxe Tobin, qu’on appelle le timbre fiscal, a déclaré M. Rolet aux eurodéputés, répétant les opinions du gouvernement britannique selon lesquelles une taxe sur les transactions financières coûterait plus que ce qu’elles rapporterait.
M. Rolet a établit une litanie des conséquences négatives causées par le timbre fiscal britannique, comme une augmentation de 4 à 12 % des coûts du capital.
Ciblage des instruments dérivés
Lors de l’audition, la Commission européenne a rappelé ses opinions, déclarant que si la taxe Tobin devait entrer en vigueur, elle devrait avoir pour cible les transactions spéculatives et surtout les produits financiers dérivés.
La seule chose qui fait l’unanimité parmi les décideurs politiques qui ont pris part au débat sur la crise financière est que les dérivatifs sapent les liquidités.
Trouvant leur valeur dans d’autres actifs, les dérivatifs ont été blâmés pour avoir augmenté le risque à des niveaux exponentiels et pour répandre les conséquences négatives des faillites à travers le marché.
Mettre une taxe sur les transactions financières me paraît être une idée très délicate, a dit Joaquin Almunia, commissaire européen à l’Economie et aux affaires monétaires, en amont du G20 de septembre.



