Le porte-parole de la Commission Johannes Laitenberger a qualifié le vote de décevant. Il a en outre mis l’accent sur le fait que les Etats-Unis ont une responsabilité spéciale dans la crise mondiale car c’est là-bas qu’elle a commencé, selon lui.
Ces dernières semaines en effet, la faillite de plusieurs institutions financières américaines majeures, parmi lesquelles Lehman Brothers (EurActiv 15/09/08), Washington Mutual et American International Group (AIG), a secoué les marchés financiers européens, entraînant la mise sur pied d’une série de mesures de sauvetage cette semaine.
Pour l’instant, l’Europe a répondu au niveau national par rapport au sort d’institutions financières nationales comme Hypo Real Estate en Allemagne et B&B au Royaume-Uni. En ce qui concerne les groupes ayant une forte présence transfrontalière, une approche transnationale a été privilégiée. C’est ce qui s’est passé ce week-end avec la Fortis (EurActiv 29/09/08) et Dexia. Cette dernière a bénéficié hier d’une injection de 6,4 milliards d’euros de la part des gouvernements belge, français et luxembourgeois.
En réponse aux critiques sur le fait que l’EU ne dispose pas des instruments nécessaires pour répondre à la crise de manière rapide et coordonnée, la Commission a insisté sur les exemples susmentionnés, qui fournissent la preuve de la capacité des autorités européennes à réponse efficacement à la crise.
Néanmoins, il y a pas encore d’approche européenne véritablement globale pour répondre à la faillite généralisée du système bancaire. Si la crise s’aggrave, il se pourrait que d’autres banques transnationales importantes aient besoin d’un sauvetage. Pour l’instant, il n’existe aucun accord définissant les sources de financement des opérations de renflouement lors d’une telle crise, et il n’est de loin pas certain que les gouvernements européens soient en position de sauver tout le monde.
Sans une approche européenne coordonnée définie à l’avance, beaucoup craignent qu’une crise similaire à celle qui a éclaté aux Etats-Unis à la suite du refus du gouvernement de renflouer Lehman Brothers n’éclate en Europe et qu’on laisse une « nouvelle Fortis » faire faillite.
Le président français Nicolas Sarkozy, dont le pays occupe actuellement la présidence tournante de l’UE, a appelé à ce que la question soit traitée lors d’une rencontre qui devrait avoir lieu à Paris avant la fin de la semaine. Cette rencontre réunira les dirigeants européens des pays du G8 (l’Allemagne, la France, l’Italie et le Royaume-Uni), le président de la Commission José Manuel Barroso, le président de l’eurogroupe Jean-Claude Juncker ainsi que le président de la Banque centrale européenne (BCE). La rencontre devrait précéder une conférence spéciale du G8 sur la crise qui se tiendra cet automne, comme l’a demandé Nicolas Sarkozy. Dans tous les cas, les dirigeants européens se rencontreront à Bruxelles les 16 et 17 octobre dans le cadre du Conseil de l’Europe prévu alors que les ministres européens des Finances participeront la semaine prochaine au Luxembourg aux rencontres mensuelles de l’Eurogroupe et d’ECOFIN.
M. Barroso a confirmé le besoin d’une réponse européenne structurée à la crise, mais les détails manquent toujours. Ce qui est sûr, c’est qu’aujourd’hui (1er octobre), la Commission va aller de l’avant dans le plan prévu depuis longue date pour renforcer les règles en matière de besoin de capitaux des banques. L’objectif principal est de garantir que les banques disposent d’un capital suffisant pour couvrir les futures opérations à risque, en particulier à la lumière de la crise actuelle. Par la suite, certainement en novembre, la Commission proposera également des règles plus strictes pour les agences de notation du crédit, qui sont considérées comme étant parmi les principales responsables de la crise (EurActiv 31/07/08).
Les banques européennes ont également réitéré leur appel à une approche de surveillance coordonnée, qui a constitué la question principale traitée lors de la dernière réunion informelle d’ECOFIN à Nice. Toutefois, aucun accord n’est encore en vue (EurActiv 15/09/08). Les assureurs européens ont repris ces commentaires, appelant à une supervision de groupe dans le secteur des assurances (EurActiv 17/09/08). Les socialistes appellent à renforcer le rôle de la BCE pour qu’elle devienne un organe de surveillance européen commun.
Entre-temps, l’inflation dans l’eurozone a chuté pour le deuxième mois consécutif, atteignant 3,6 % selon les estimations d’Eurostat. Ce pourcentage confirme les espoirs qu’un pic avait été atteint en juillet quand l’inflation s’est montée à 4 %. Néanmoins, de nombreuses craintes s’élèvent par rapport à l’injection de crédit additionnel considérable dans le marché, décidée lundi par la BCE, et qui pourrait avoir un effet inflationniste en octobre.



