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L’UE conclut un accord sur le traité de l’euro, David Cameron fait bande à part

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Publié 09 décembre 2011, mis à jour 22 décembre 2011

Les dirigeants réunis à Bruxelles se sont mis d’accord sur un traité visant à renforcer la discipline budgétaire au sein de la zone euro et à enrayer la crise de la dette. Ce traité, un accord intergouvernemental en dehors du cadre législatif de l’UE, sera rédigé d’ici mars 2012 puis proposé aux Etats non membres de la zone euro, pour une éventuelle ratification.

Les dirigeants de l'Union européenne se sont mis d'accord sur un « pacte budgétaire » visant à renforcer les règles sur le budget et la dette au sein de la zone euro, lors des négociations du sommet, qui se sont prolongées jusqu'à 5h ce matin (heure de Bruxelles).

Ils ne sont toutefois pas parvenus à trouver un accord sur la discipline budgétaire avec les 27 membres de l'UE, dans la mesure où le premier ministre britannique, David Cameron, aurait formulé des « exigences irrecevables » visant à exonérer la City de Londres de certaines réglementations sur les services financiers, selon le président français, Nicolas Sarkozy.

« David Cameron refuse de poursuivre les négociations, mais il reste dans la pièce », a déclaré à EurAcitv un diplomate, juste avant l'interruption des négociations.

« M. Cameron fait bande à part », a-t-il affirmé.

« 17+6 », et plus à venir

Les leaders européens ont donc décidé d'avoir recours à l'option moins séduisante d'un traité entre les 17 pays de la zone euro, qui serait aussi ouvert aux autres Etats. Au moins six pays seraient déjà prêts à adopter ce traité : la Bulgarie, le Danemark, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne et la Roumanie.

Selon Nicolas Sarkozy, qui s'est adressé à la presse tôt ce matin, aller de l'avant avec les Etats prêts à s'engager immédiatement était la bonne décision, dans la mesure où aucune proposition n'a fait l'unanimité.

Le président français a précisé que cela concernait les 17 pays de la zone euro ainsi que d'autres Etats qui souhaitaient adopter ce pacte budgétaire, en référence à la Pologne et sans doute d'autres pays.

Au vu de la réticence de certains dirigeants, la seule solution était d'établir un accord intergouvernemental en dehors du cadre législatif de l'UE, a expliqué M. Sarkozy.

Il a toutefois précisé que cela ne signifiait pas que les institutions européennes n'auraient aucun rôle à jouer.

La Grande-Bretagne est isolée, la Hongrie indécise

Les négociations sur les aspects juridiques du nouveau traité devraient se poursuivre dans les semaines à venir avec les « 17+6 » signataires, selon des sources d'EurActiv.

Le nouveau traité sera au programme du prochain sommet ordinaire de l'UE en mars 2012, avant d'être ouvert à la ratification.

La République tchèque et la Suède doivent d'abord consulter leurs parlements nationaux respectifs avant de donner leur accord, a déclaré le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy. Il a confirmé que la Bulgarie, la Lettonie, la Lituanie et la Roumanie avaient déjà fait part de leur intérêt.

Selon certaines sources, le Royaume-Uni serait le grand absent de ces négociations et la Hongrie devrait suivre le même chemin, même si Budapest pourrait reconsidérer sa position pour éviter de se retrouver isolée, a cru comprendre EurActiv.

Dans ce scénario, la Grande-Bretagne serait le seul membre de l'UE clairement exclu de cet accord, ce qui pourrait remettre en cause son avenir au sein de l'UE.

« Un pacte budgétaire »

Dans le cadre d'un nouveau « pacte budgétaire », des sanctions contre les pays qui enfreindraient les règles budgétaires pourraient être appliquées automatiquement si elles ne sont pas bloquées par une majorité qualifiée, soit les trois quarts des Etats membres de la zone euro. Cette mesure sera entérinée par un amendement de l'article 126 du traité européen.

Les Etats devront s'engager à inscrire une « règle d'or » pour la gestion des budgets à l'équilibre ou en excédent dans leurs constitutions nationales, « ou à un niveau équivalent ». Les signataires reconnaissent la compétence de la Cour européenne de justice « pour contrôler la transposition de cette règle dans le droit national », selon le texte.

La nouvelle procédure obligera également les pays de la zone euro à soumettre leurs ébauches de projets budgétaires à la Commission européenne avant leur adoption par les parlements nationaux, même si la Commission n'aura pas le pouvoir de les annuler.

Une protection financière

Les négociations devraient également porter sur de nouvelles mesures financières pour protéger les pays de la zone euro contre les attaques spéculatives sur le marché des obligations souveraines.

Christine Lagarde, la directrice du Fonds monétaire international, a confirmé qu'un accord pour augmenter la capacité du FMI de 200 milliards d'euros par le biais de prêts bilatéraux avait été conclu. Toutefois, les détails de cette mesure doivent être confirmés par l'UE et le FMI « dans les dix prochains jours ».

Dans le même temps, l'entrée en vigueur du fonds de sauvetage permanent de la zone euro, le mécanisme européen de stabilité, devrait être avancée à juillet 2012, au lieu de 2013.

Quant au Fonds européen de stabilité financière (FESF), les progrès concernant l'augmentation de sa puissance de feu ont été limités. Le plafond du FESF reste fixé à 500 milliards d’euros, peut-on lire dans les conclusions du sommet.

Réactions : 

Le premier ministre britannique, David Cameron, a expliqué les raisons de son refus de signer le traité, arguant que ce n'était pas dans l'intérêt de son pays.

« Avant de venir à Bruxelles, j'avais déclaré que si le nouveau traité européen ne faisait aucune mention de garanties pour la Grande-Bretagne, alors je ne le signerais pas. Ce qui est proposé n'étant pas dans l'intérêt de la Grande-Bretagne, je m'y suis opposé. »

« Nous souhaitons que les pays membres de la zone euro se réunissent pour résoudre leurs problèmes. Mais cela ne devrait se produire que par le biais des traités de l'Union européenne, en offrant des protections solides pour le marché unique et d'autres intérêts clés pour les Britanniques. Sans ces garanties, il est préférable que ces pays s'arrangent entre eux, plutôt que d'introduire un traité dans le traité. »

Prochaines étapes : 
  • le 1er janvier 2012 : Le Danemark succèdera à la Pologne à la présidence tournante de l'UE.
  • 1-2 mars 2012 : prochain sommet ordinaire de l'UE. Le groupe des « 17+6 » devrait signer le nouveau traité intergouvernemental pour la mise en œuvre du « pacte fiscal ».
  • juil. 2012 : entrée en vigueur du fonds de sauvetage permanent de la zone euro, le mécanisme européen de stabilité (MES).
  • fin 2012 : date butoir pour la fin du processus de ratification du nouveau traité.
EurActiv.com

COMMENTS

  • J'apprécie votre travail et suis régulièrement vos chroniques. J'ai noté aussi le net progrés pour relater les évènements en français.
    Mais pourquoi mettre les textes officels (presque) toujours en anglais alors que si vous allez sur le site europa, vous trouvez immédiatement la version française.
    Claude Blumann

    By :
    BLUMANN
    - Posted on :
    09/12/2011
  • Merci de noter nos efforts. Concernant les liens, quand ils sont disponibles en français, nous les mettons dans le corps de l'article. Je suppose donc que vous parlez des liens externes en dessous du texte. Nous n'avons pour le moment pas l'occasion de modifier ces liens externes en raison d'une impossibilité technique, mais nous y travaillons.

    Cordialement,

    Amandine Gillet - Responsable de la version francophone d'EurActiv.com

    By :
    Amandine Gillet
    - Posted on :
    12/12/2011
Le premier ministre britannique arrive pour un sommet de l’UE à Bruxelles (Pic: Reuters)
Contexte : 

La chancelière allemande, Angela Merkel, soutenue par Nicolas Sarkozy, insiste pour que les traités de l'UE soient amendés, afin d'éviter de futures crises dans la zone euro.

L'article 136 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne (TFUE) stipule que les pays de la zone euro peuvent adopter « des mesures concernant les Etats membres dont la monnaie est l'euro » pour, par exemple :

  • « renforcer la coordination et la surveillance de leur discipline budgétaire »; 
  • « élaborer, pour ce qui les concerne, les orientations de politique économique, en veillant à ce qu'elles soient compatibles avec celles qui sont adoptées pour l'ensemble de l'Union, et en assurer la surveillance ».

Toutefois, l'Allemagne et la France ont récemment exploré des méthodes plus radicales pour assurer une intégration budgétaire plus profonde et plus rapide parmi les pays de la zone euro. Ils sont en effet conscients qu'ils devront jouir d'un large soutien pour introduire une modification des traités.

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