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L’UE décide d’une ligne commune sur la réforme financière internationale [FR][en][de

Publié: vendredi 7 novembre 2008   

Les 27 pays membres de l’UE sont finalement parvenus à s’entendre sur une position commune avant le sommet mondial de la semaine prochaine à Washington, qui lancera une révision majeure du système financier international suite à l’effondrement du crédit. 

Contexte:

Le président français Nicolas Sarkozy, dont le pays occupe actuellement la présidence tournante de l’UE, a appelé à un sommet extraordinaire de l’UE après avoir annoncé son intention de lancer un débat sur la « refondation du capitalisme » à la suite de la débâcle des principales banques américaines et européennes (EurActiv 22/10/08). 

Les investisseurs espèrent que le G20 trouvera une solution aux problèmes du système financier mondial dans un contexte où l’économie entre en récession, touchant le plus sévèrement les petites entreprises (EurActiv 15/10/08).

A la suite de leur rencontre du samedi 18 octobre à Camp David avec le président américain sortant George W. Bush, le président français Nicolas Sarkozy et le président de la Commission José Manuel Barroso ont présenté un certain nombre de plans pour mettre en place une série de sommets mondiaux concernant la crise financière.

L’idée a déjà été soutenue par les chefs d’Etat et de gouvernement lors du sommet régulier d’octobre qui s’est tenu la semaine précédente (EurActiv 16/10/08). 

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Autres articles:

Lors d’un sommet informel le 6 novembre à Bruxelles, les 27 chefs d’Etat de l’UE se sont mis d’accord sur des « principes communs pour construire un nouveau système financier international », insistant sur le fait que le sommet du 15 novembre à Washington doit « assurer des décisions réelles et rapides ».

 

Les mesures décidées à Washington devraient être mises en œuvre dans « une période de 100 jours » à compter du 15 novembre, ont indiqué les dirigeants, laissant un peu plus d’un mois au nouveau président américain élu Barack Obama pour apporter sa contribution. 

Dans une déclaration conjointePdf external , les 27 dirigeants se sont mis d’accord pour mettre en avant les points suivants :

  • « soumettre les agences de notation à un enregistrement [et] à une surveillance » ;
  • adopter des principes pour garantir une « convergence des normes comptables » ;
  • « décider qu'aucun segment de marché, aucun territoire, aucune institution financière n'échappe à une régulation […] ou au moins à la surveillance » ;
  • « mettre en place des codes de conduite pour éviter la prise de risque excessive dans l'industrie financière y compris dans le domaine des systèmes de rémunération » ;
  • « confier au FMI la responsabilité […] et les « ressources nécessaires » pour « recommander les mesures nécessaires pour restaurer la confiance et la stabilité » du système financier international.

Les dirigeants européens ont en outre convergé sur la nécessité de voir plus loin que la crise financière et de prendre des mesures pour répondre à la conjoncture économique qui va en s’aggravant. La Commission européenne a été mandatée pour soumettre une proposition dans ce sens avant le prochain sommet européen de décembre. 

« L'unité de l'Union européenne doit également se traduire par une concertation efficace en ce qui concerne les réponses de politique économique que chaque Etat met en place pour faire face à la situation actuelle », indique un paragraphe clé de la déclaration conjointe. 

Des divergences sont apparues ces derniers jours à propos des mesures que l’UE devrait prendre face à une éventuelle récession en Europe. Lors de leur réunion du mardi 4 novembre, les ministres des Finances n’étaient pas parvenus à décrocher un accord sur la question, repoussant leur décision à plus tard (EurActiv 5/11/08).

L’Espagne devrait participer au sommet du G20 à Washington

Autre pas en avant : les dirigeants européens se sont entendus par rapport à la tentative espagnole de prendre part à la réunion du G20 à Washington, où seuls quatre pays de l’UE – le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne et l’Italie – ont été invités. En réalité, la France disposait de deux sièges à la réunion du G20, un en tant qu’occupante de la présidence tournante de l’UE, l’autre en tant que grande nation industrielle. Dans un geste envers le Premier ministre espagnol, M. Sarkozy a cédé le premier siège français à l’Espagne. 

Positions:

Nicolas Sarkozy, optimiste et visiblement satisfait, a présenté les résultats, qu’il a qualifiés de forts et ambitieux. Le président français, dont le pays occupe actuellement la présidence tournante de l’UE, a reconnu que les discussions n’avaient pas été faciles, plusieurs pays insistant sur l’un ou l’autre aspect du document, inhabituellement sous-titré « langage agréé ». Il a qualifié la discussion de riche, longue, intense, inhabituelle, informelle et libre. 

La Suède aurait notamment marqué son opposition à la formulation du texte finale. Des diplomates ont indiqué à EurActiv que le pays scandinave, qui n’est pas dans la zone euro, a en fait profité de l’occasion pour obtenir un droit de regard qui lui a finalement été refusé. 

Le président de la Commission José Manuel Barroso a rendu hommage à M. Sarkozy, qui a su selon lui décrocher un consensus par rapport à une position européenne commune. Estimant que le sommet de Washington ne peut pas échouer, il a fait part de son espoir par rapport à la réunion, qui sera à son avis un moment historique authentique. 

M. Barroso a déclaré que l’Europe transmettra un message commun clair et fort au sommet de Washington. Il a affirmé avoir hâte de travailler avec le président Sarkozy puis avec la présidence tchèque pour tirer parti des décisions prises. A son avis, le sommet de Washington devra non seulement traiter de principes généraux, mais aussi déboucher sur des décisions concrètes. « Le sommet de Washington doit être l'occasion d'intégrer cette réforme du système financier international dans l'ensemble plus vaste des défis du XXIe siècle que nous restons déterminés à  relever : la sécurité alimentaire, la lutte contre la pauvreté et le changement climatique, et la promotion du libre échange au travers de l'achèvement rapide du cycle de Doha », a-t-il indiqué.

Le Premier ministre britannique Gordon Brown  a parlé d’un « moment décisif » pour l’économie mondiale. Selon lui, les décisions qui sont prises maintenant auront une incidence sur le monde pendant une décennie à venir, voire plus. Les citoyens se rendent compte désormais qu’il faut une solution internationale à cette crise internationale, a-t-il indiqué aux journalistes réunis à Bruxelles. 

La chancelière allemande Angela Merkel  a plaidé pour plus de transparence dans les marchés financiers internationaux. Nous avons besoin d’institutions plus fortes qui puissent agir à l’échelle mondiale, a-t-elle ajouté. Il ne peut plus y avoir de marchés ou d’instruments non réglementés, a-t-elle déclaré en référence aux agences de notation de crédit 

Prochaines étapes:

  • 15 nov. 2008 : sommet du G20 à Washington 
  • 11-12 déc. 2008 : sommet de l’UE à Bruxelles

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