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L’UE gagne la bataille contre les Etats membres sur le contrôle de la dette

Publié 15 septembre 2011 - Mis à jour 16 septembre 2011
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Les membres du Parlement européen se réjouissent aujourd’hui (15 septembre) d’annoncer de nouvelles règles qui, pour la première fois, attribueront davantage de pouvoir à Bruxelles qu’aux Etats membres en termes de contrôle de la dette dans les pays de la zone euro en difficulté.

Cet accord, annoncé jeudi (15 septembre), met un terme à un débat houleux qui visait à déterminer qui aurait le dernier mot sur les budgets nationaux, alors que la crise de la zone euro souligne la nécessité d'une plus grande implication de l'UE dans le contrôle des déficits des différents Etats.

« Hier, la présidence, le Parlement européen et la Commission européenne ont mené des discussions fructueuses sur les questions en suspens concernant les six actes législatifs sur la gouvernance économique dans l'UE. Par conséquent, l'ensemble des propositions de compromis est maintenant sur pied », a déclaré dans un communiqué un porte-parole de la présidence tournante de l'UE, actuellement aux mains de la Pologne.

En concluant un accord sur ces six actes législatifs concernant la gouvernance économique, l'UE espère mettre fin à ce « copinage politique » qui a entaché la crédibilité du pacte de stabilité et de croissance censé limiter la dette publique et les déficits.

En 2002, l'Allemagne et la France se sont opposées à la Commission européenne en décidant de fermer les yeux sur les recommandations de l’organe législatif s'agissant de rétablir les dettes en dessous du plafond de 3 % du PIB.

Depuis la réforme du pacte de stabilité et de croissance en 2010, le Parlement européen a fait pression pour empêcher les pays d'ignorer les recommandations de la Commission sur la réduction de leurs dettes, connues sous le nom de « procédures de déficit excessif ».

« Dernier avertissement »

Jeudi, les eurodéputés annonceront une nouvelle mesure intitulée « dernier avertissement », qui prévoit qu'un pays qui aurait déjà eu la possibilité de prendre des mesures pour réduire ses dettes ne puisse faire fi des conseils de Bruxelles qu'en obtenant le soutien d'autres pays.

Pour donner une chance aux pays de modifier leur budget, ce dernier avertissement sera assorti d'un délai d'un mois avant que d'autres pressions soient exercées sur le pays en question par Bruxelles.

En outre, si la Commission émet un tel avertissement, ce dernier ne peut passer outre que si une majorité de pays de la zone euro soutient le pays concerné, ce qui signifie que neuf pays sur dix-sept devraient afficher leur soutien à la décision du pays d'ignorer les conseils de l'exécutif européen.

La législation prévoit une phase préventive, qui comprend le « dernier avertissement », et une phase corrective, qui implique des amendes qui seront versées sur un compte de dépôt portant intérêts.

Les eurodéputés sont également parvenus à ce que toutes les parties conviennent d'une amende dans le cas de statistiques faussées, comme l’avait fait la Grèce en manipulant ses chiffres pour éviter un examen des comptes.

Même si les trois parties ont beaucoup avancé sur ce dossier en mettant fin à ces négociations épineuses, l'accord conclu hier soir est provisoire et les eurodéputés devront voter le paquet de mesures lors de leur session plénière de la dernière semaine de septembre.

Claire Davenport – traduit de l’anglais par Amandine Gillet

Réactions : 

L'accord a été vivement critiqué par le groupe des Verts/ALE au Parlement européen qui plaide pour une approche plus centralisée du contrôle de la dette.

« Cet accord est déjà présenté comme une réelle avancée, mais ce n'est pas le cas », a déploré le porte-parole des Verts pour les affaires économiques, Philippe Lamberts. « Malgré des ambitions nobles, ces six mesures ne fourniront pas une base suffisante pour un système robuste et durable de gouvernance économique en Europe. La situation actuelle montre que des initiatives plus audacieuses sont nécessaires pour relever les défis auxquels nous sommes confrontés et implique une union budgétaire, sociale et politique plus profonde. Cela nécessitera une autre majorité au Parlement européen et au sein des Etats membres ».

Guy Verhofstadt, le leader du groupe libéral ALDE au Parlement européen, a salué la fin des négociations : « Nous ne pouvons pas revenir en arrière et éviter la crise actuellement, mais nous avons finalement pu nous armer des mesures adéquates pour éviter de futures crises ».

« Mon groupe a toujours insisté sur le fait que sans plus d’automatisation des sanctions dans le cadre du volet préventif du pacte de stabilité et de croissance, nous n'aurions pas pu fournir des mesures crédibles visant à garantir une économie durable sur le long terme ».

M. Verhofstadt a déclaré que les améliorations apportées par ces mesures incluaient :

  • Plus de discipline grâce à un système de vote inversé dans le volet préventif du PSC en rendant les décisions sur les sanctions plus « automatiques » ;
  • Un meilleur contrôle des déséquilibres macroéconomiques ;
  • Une pression exercée par les pairs via des audiences au Parlement avec les ministres nationaux des finances et le Conseil, y compris son président, M. Van Rompuy ;
  • Plus de cohérence grâce à un lien plus étroit entre les différents instruments économiques européens, comme le semestre européen et la stratégie européenne pour la croissance et l'emploi.
Prochaines étapes : 
  • 26 sept. : les eurodéputés voteront sur les six mesures.

COMMENTS

  • Tranquillement mais surement, les démocraties reculent et la dictature de Bruxelles avance.

    By :
    Anonymous
    - Posted on :
    17/09/2011
Contexte : 

Les six mesures de réformes économiques ont pour objectif de renforcer le pacte de stabilité et de croissance de l'UE afin d'éviter les problèmes budgétaires qui font actuellement plonger la zone euro.

Quatre de ces propositions visent un renforcement de la surveillance budgétaire et les deux autres se concentrent sur le contrôle et la surveillance des déséquilibres macro-économiques au sein de l'UE.

Ces propositions restaient toutefois dans l'impasse, étant donné que la France refusait de céder davantage de pouvoir à la Commission européenne. Dans le même temps, le Parlement européen souhaite que les pays endettés aient plus de difficultés à ignorer les conseils de la Commission.

La querelle porte sur le vote à la majorité qualifiée inversée, que la France refuse d'accepter, de peur de perdre le contrôle de sa souveraineté budgétaire. Le Parlement insiste cependant sur le fait que l'histoire – autrement dit la crise de la dette – va se répéter si les pays continuent de n'en faire qu'à leur tête.

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