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L’UE présente de nouvelles règles bancaires mais néglige le partage des charges [FR]

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Publié 22 septembre 2009
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La Commission européenne présentera mercredi (23 septembre) de nouvelles propositions législatives sur la supervision financière, notamment la création de trois nouveaux organismes européens dédiés à la surveillance du secteur bancaire. La proposition, qui reste aujourd’hui surtout technique, ne vas pas jusqu’à trancher des questions politiques sensibles, comme par exemple le nom de celui qui règlera la note en cas de faillites bancaires transfrontalières.

Bruxelles va présenter un paquet de mesures destinées à renforcer la stabilité financière dans l’UE, à assurer que les mêmes règles techniques de base sont appliquées et respectées de manière cohérente, et pour identifier les risques systémiques à un stade avancé via l’établissement d’un nouveau Conseil européen du risque systémique (ESRB), selon un projet qu’EurActiv a pu se procurer.

La proposition essayera aussi de fournir à l’UE un cadre juridique permettant aux institutions européennes de collaborer efficacement dans les situations d’urgence et dans la résolution des désaccords entre autorités de surveillance. 

La proposition de la Commission assigne cette tâche à un nouveau Système européen des contrôleurs financiers (ESFS) composé de trois nouvelles autorités de surveillance dans les secteurs bancaire, des titres boursiers et de l’assurance ainsi que des pensions professionnelles. 

Cependant, la question polémique, celle qui consiste à savoir qui payera la note en cas de chute d’une institution transfrontalière - le « partage des charges » - n’a pas été résolue. Le partage des charges est le plus important point de discorde dans cette discussion, a commenté un responsable européen proche du dossier, expliquant que le sujet ne figurerait pas dans le premier paquet, qui est d’abord censé résoudre des questions techniques plutôt que politiques.

Le partage des charges est une question politique épineuse, qui a déjà fait son apparition dans le contexte du sauvetage des banques transfrontalières comme Fortis et ING pendant la crise financière actuelle.

En effet, personne ne sait avec certitude qui payera les prochains pots cassés. La Commission pourrait essayer d’aborder la question avec une nouvelle proposition à publier en octobre, mais le sujet est encore au cœur des négociations. 

En juin, le Conseil européen a confié à l’exécutif de l’UE un mandat pour aborder la question, et proposer des mesures concrètes sur la manière dont le Système européen des contrôleurs financiers pourrait coordonner les contrôleurs dans des situations de crise, peut-on lire dans les conclusions du sommet. 

Néanmoins, le Conseil a aussi souligné que les propositions devraient respecter pleinement les responsabilités des autorités nationales dans la préservation de la stabilité financière et dans la gestion de crise en relation avec les conséquences fiscales potentielles, et devraient pleinement respecter les responsabilités des banques centrales, en particulier en ce qui concerne la disposition d’assistance d’urgence en liquidités.

Contexte : 

La crise financière a créé le besoin d’une meilleure surveillance au niveau européen des institutions financières, qui sont principalement contrôlées par les autorités nationales même si l’industrie est de plus en plus engagée dans des activités transfrontalières.

 Selon les chiffres de la Commission européenne, il y a plus de 8 000 banques en Europe, mais les deux tiers du total de leurs avoirs sont détenus par quelque 40 institutions multinationales. Un groupe ad hoc de haut niveau sur la surveillance financière a été établi par l’exécutif européen en octobre dernier pour émettre des propositions sur la supervision financière. Le panel, présidé par Jacques de Larosière, anciennement directeur général du Fonds monétaire international, a présenté son rapport en février 2009. 

En mai 2009, la Commission a pleinement avalisé le rapport Larosière, et a proposé un projet de plan destiné à renforcer les pouvoirs de la Banque centrale européenne en matière de supervision à grande échelle pour prévenir les risques systémiques, et pour améliorer la coopération nationale sur la supervision à petite échelle des groupes financiers transfrontaliers (EurActiv 28/05/09).

Au Conseil européen de juin 2009, les dirigeants de l’UE se sont mis d’accord sur les principaux problèmes concernant la surveillance financière et ont donné à la Commission européenne un mandat pour proposer une solution au partage des charges (EurActiv 19/06/09).

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