M. Gabriel, dont le Parti social-démocrate (SPD) a bloqué un accord entre les deux gouvernements pour percevoir des taxes sur les actifs allemands détenus sur des comptes bancaires suisses, a déclaré au Deutschlandfunk dimanche (12 août) que les pratiques bancaires suisses en Allemagne pouvaient être qualifiées de crimes organisés.
« C'est un crime grave », a-t-il affirmé. « On parle de crime organisé par les banques suisses [opérant] en Allemagne. »
M. Gabriel, dont le parti prévoit de prendre pour cible les banques en 2013 lors de sa campagne contre la chancelière, Angela Merkel, a ajouté que la peine encourue pour les fraudes fiscales à grande échelle en Allemagne devrait aller jusqu'à 10 ans de prison.
L'Association suisse des banquiers a rejeté ces accusations, selon son porte-parole, Thomas Sutter.
« Ces accusations ne sont pas fondées sur des faits », a-t-il déclaré. « Si certains décideurs politiques sociaux-démocrates sont prêts à porter ce type d'accusations, ils doivent les étayer avec des faits. »
La Suisse et l'Allemagne ont conclu un accord fiscal en avril, mais sa ratification est en péril suite aux récents achats par l'Allemagne de données bancaires suisses.
Le SPD promet d'opposer son veto
Le SPD a promis d'opposer son veto à l'accord sous sa forme actuelle à la chambre haute du parlement, le Bundesrat. Un porte-parole du gouvernement suisse a annoncé que l'accord ne serait toutefois pas renégocié.
M. Gabriel s'est dit déçu que le gouvernement allemand n'ait pas nommé un procureur spécial pour lutter contre la fraude fiscale et ne se soit pas montré aussi ferme lors des négociations avec la Suisse que les Etats-Unis.
« Pourquoi n'en avons-nous pas le courage ? » « Pourquoi ne chargeons-nous pas le procureur fédéral de ce dossier ? Je suis certain que cela mettrait rapidement fin au problème. »
Un porte-parole du gouvernement a fait savoir que Mme Merkel soutenait l'accord entre la Suisse et l'Allemagne visant à enrayer la fraude fiscale.
« La chancelière allemande et le gouvernement pensent que cet accord fiscal est la solution adéquate pour résoudre de manière satisfaisante ce problème complexe entre les deux pays, tant pour les dossiers passés que futurs », a déclaré Steffen Seibert aujourd'hui (13 août).
Le gouvernement de Mme Merkel a annoncé que cet accord permettrait à Berlin de récupérer de grandes sommes d'argent une fois en vigueur. Les Allemands détiennent environ 150 milliards d'euros sur des comptes suisses. Le gouvernement a toutefois besoin du soutien du SPD à la chambre haute.
Le secret bancaire est crucial pour le secteur suisse de la gestion de patrimoines offshore estimé à 1600 milliards d’euros et le pays refuse d'accepter un échange automatique des informations.
Les Suisses se sont dits outrés suite à l'achat par des procureurs allemands de données issues d'informateurs présumés et ont même délivré des mandants d'arrêt contre trois inspecteurs allemands du fisc accusés d'avoir acheté ces données.





