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Un ministre chypriote réfute les accusations de blanchiment d’argent dans son pays

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Publié 14 janvier 2013

Le ministre chypriote des finances a insisté sur le fait que les banques du pays ne constituaient pas une plateforme pour le blanchiment d’argent et que ses homologues de la zone euro devraient rapidement prendre une décision sur le plan de sauvetage de l’île criblée de dettes. La déclaration du ministre survient alors que le Bundestag allemand est de moins en moins enclin à renflouer Chypre.

Chypre a demandé une aide financière en juin dernier après que ses banques ont enregistré des pertes importantes lors de l’approbation de l'UE d’une réduction de la dette grecque. Certains pays membres de la zone euro ont toutefois exprimé leur malaise quant au renflouement d'un pays qui doit améliorer sa transparence financière, selon eux.

« Personne n'a prouvé jusqu'à présent que nous portons atteinte aux règles ou même que nous soutenons le blanchiment d'argent », a expliqué le ministre des finances Vassos Shiarly au magazine Der Spiegel dans un entretien publié dimanche (13 janvier).

« Nous voyons notre avenir comme un centre financier sérieux. Voilà pourquoi nous souhaitons être en avance sur nos partenaires européens en matière de réglementation des marchés financiers à l'avenir », a-t-il indiqué à l'hebdomadaire.

M. Shiarly a expliqué que le blanchiment d'argent existait partout, notamment en Allemagne, mais que Chypre le combattait résolument.

En novembre 2012, Der Spiegel a mentionné un rapport d'un service allemand de renseignements indiquant que « des oligarques russes, des hommes d'affaires et des mafieux » bénéficieraient le plus d'un renflouement et que Chypre était une « porte ouverte pour le blanchiment d'argent dans l'UE ». Selon ce rapport, des oligarques russes ont déposé environ 20 milliards d'euros à Chypre.

Alors que la chancelière allemande, Angela Merkel, a demandé vendredi à Chypre de s’engager davantage dans ses propres obligations et réformes, elle a également précisé que les États membres de l'UE devaient faire preuve de solidarité, en apportant apparemment un appui conditionnel au renflouement de l'île.

Le ministre allemand des finances, Wolfgang Schäuble, a déclaré plus tard vendredi que, si le gouvernement chypriote ne prouve pas qu'il respecte les règles de lutte contre le blanchiment d'argent, « nous ne voulons pas entrer dans la course pour celui qui agira le premier ».

Un fonds de sauvetage éventuel de 17 milliards d'euros, l'équivalent de la production économique du pays, a renforcé les craintes au sein des partenaires européens quant à la dette chypriote et la capacité de remboursement de l'île sans concessions supplémentaires des prêteurs.

Le Bundestag ratifiera-t-il le renflouement?

Plusieurs députés du Parlement allemand, qui devraient approuver tout renflouement, ont déjà exprimé leurs inquiétudes quant au sauvetage de Chypre, un paradis fiscal populaire pour les riches Russes.

Chypre a indiqué qu'elle respectait pleinement les règles internationales contre le blanchiment d'argent. Elle a ajouté que le traité qui permet d'éviter la double imposition avec Moscou et son faible taux d'impôts lui conféraient un avantage compétitif.

M. Shiarly a rejeté toute demande de hausse des impôts sur les sociétés, au coeur des débats lorsque Chypre a rejoint l'UE et qui ne posait pas problème.

Jörg Asmussen, un membre du conseil de la Banque centrale européenne, a déclaré à Der Spiegel que Chypre devrait fournir plus d’efforts avant qu'une aide financière puisse suivre.

« J'ai l'impression qu'une amélioration de la transparence du secteur financier sera décisive pour les États membres afin de convenir d'un programme », a-t-il indiqué.

Les résultats d'un examen des actifs du secteur bancaire chypriote sont attendus pour le 18 janvier. Les ministres des finances de la zone euro discuteront de la demande d'aide de Chypre lors d'une réunion habituelle à Bruxelles le 21 janvier. Aucune décision n'est attendue de cette réunion.

M. Shiarly a déclaré que le parlement de l'état insulaire avait approuvé toutes les conditions fixées par les prêteurs internationaux pour un renflouement.

« Étant donné la situation incertaine, une décision rapide de l'Eurogroupe est nécessaire afin de stabiliser la confiance des marchés », a-t-il ajouté.

Réactions : 

Lors du congrès du Parti populaire européen (centre-droit) à Chypre le 11 janvier, la chancelière allemande, Angela Merkel, a appelé l’île à entreprendre des réformes, selon l'AFP. Elle n'a pas donné plus de détails.

Mme Merkel a aussi pleinement soutenu Nikos Anastasiades, le dirigeant du parti chypriote de centre-droit DISY et ministre du gouvernement actuel. Elle a ajouté qu'elle était confiante quant à sa victoire lors de l'élection présidentielle.

Le ministre russe des finances, Anton Siluanov, a déclaré le 11 janvier que son pays était prêt à assouplir les conditions selon lesquelles Chypre doit rembourser un prêt de 2,5 milliards d'euros que l'île a reçu de la Russie en 2011, selon l'AFP.

Il n'a pas fait d'allusion aux discussions sur des prêts éventuels à l'avenir.

Prochaines étapes : 
  • 17 févr. : élection présidentielle à Chypre, second tour possible le 24 février

EurActiv.com avec Reuters - Article traduit de l'anglais
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Vassos Chiarly
Contexte : 

Chypre a rejoint l'UE en 2004 et la zone euro en 2008. Ce pays était à la tête de la présidence du Conseil de l'Union européenne du deuxième semestre de 2012.

Toute l'île de Chypre fait officiellement partie du territoire de l'UE, mais le pays est divisé. La Turquie, un candidat à l'adhésion à l'UE, ne reconnaît pas la République de Chypre et occupe la partie nord de l'île depuis 1974.

L'intervention de la Turquie constituait une réponse à un coup d'État perpétré le 15 juillet 1974 par la junte militaire grecque et à un pas vers l'unification de l'île avec la Grèce. Le 20 juillet, l'armée turque constituée de 30 000 soldats a envahi l'île. Trois jours plus tard, un accord de cessez-le-feu a été signé. Depuis lors, les Turcs se sont emparés de 37 % de la superficie de l'île et 180 000 Chypriotes grecs ont été expulsés de leur habitation dans le nord du pays.

Chypre est très exposée à la crise grecque et doit sauver son système bancaire. 

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